Dix beaux livres festifs

Par @Culturebox Journaliste, responsable de la rubrique Cinéma de Culturebox
Mis à jour le 25/12/2016 à 09H25, publié le 24/12/2016 à 09H07
Kay Nielsen : A l'est de la Lune, à l'ouest du soleil (détail)

Kay Nielsen : A l'est de la Lune, à l'ouest du soleil (détail)

© Taschen

Contes, Beaux-arts, cinéma… autant de sujets qui s’offrent à de beaux livres. Depuis le XIXe siècle, c'est le cadeau star des fêtes de fin d’année. Le livre demeure aujourd’hui le présent le plus offert en cette période. Les éditeurs le savent bien qui rivalisent en riches ouvrages. Cette sélection privilégie les qualités éditoriales et d’illustration, en favorisant leur originalité.

A l’est du soleil et à l’ouest de la lune

Kay Nielsen figure parmi les plus grands illustrateurs de contes. Artiste danois du début du XIXe siècle, son style aérien et élégant, aux matières précieuses, d’or, d’argent et minérales,  puise sa source dans l’Art Nouveau, dans la lignée de Gustave Klimt ou Aubrey Beardsley.  "A l’est du soleil et à l’ouest de la lune" rassemble quinze contes nordiques et constitue sans doute son ouvrage le plus célèbre.
Kay Nielsen : "A l'est de la Lune, à l'ouest du soleil" (1re de couverture)

Kay Nielsen : "A l'est de la Lune, à l'ouest du soleil" (1re de couverture)

© Taschen
Réédité par Taschen dans un format qui valorise tout l’art de Nielsen, l’ouvrage est complété par de passionnants textes sur Nielsen, le livre de contes, et l’illustration début de siècle, où l’on apprend, par exemple, que l’édition des contes danois participa grandement à la sauvegarde de la langue danoise, menacée par le suédois, ou que Kay Nielsen fut appelé par Walt Disney pour participer à "Fantasia " (1946), mais aussi qu’il finit injustement sa vie, oublié de tous. Un livre précieux comme une gemme.

A l’est du soleil et à l’ouest de la lune
Kay Nielsen 
Editions Taschen
29,99 €

Star Wars, la saga vue par les plus grands artistes

Alors que "Rogue One – A Star Wars Story" caracole en tête du box-office de fin d’année au cinéma, ce bel ouvrage à l’italienne revisite la saga par l’illustration, avec des artistes de toutes nationalités tels qu’Amano, David Ho, Rendal Wilson, Ivan Berryman, Philippe Druillet, Enki Bilal, Will Wilson, Nelson Boren, William Stout, ou Aoï Nishimata…
"Star Wars - La saga vue par les plus grands artistes" (1re de couverture)

"Star Wars - La saga vue par les plus grands artistes" (1re de couverture)

© Ugininn et Muninn
Des artistes inspirés qui reflètent la réception internationale de la saga de science-fiction initiée par George Lucas. Si elle renvoie aux grands mythes occidentaux, tels que les romans arthuriens, les mythologies grecques et scandinaves, elle doit aussi beaucoup au western, aux traces laissées par les deux guerres mondiales et à la personnalité de leur créateur. Tous ces artistes évoquent des scènes, des personnages, des décors des films, et souvent les prolongent, les extrapolent, établissant parfois un commentaire, ou suscitent un regard amusé, complice avec le spectateur.

Star Wars, la saga vue par les plus grands artistes
Editions Huginn et Muninn
34;95 €

La Famille Addams – A l’origine du mythe

L’on oublie trop souvent que "La Famille Addams", avant d’être une série TV des années 60 exportée au cinéma dans les années 90, est la création d’un dessinateur cartooniste américain. Il publia dans le "New Yorker", dès 1933, puis ailleurs jusqu’à sa mort en 1988, ses vignettes relatant les affres d’une famille pas comme les autres, que l’on qualifierait aujourd’hui de "gothique". Elle est tellement proche de leur créateur, qu’il lui donna son propre nom, Addams, de Charles Samuel Addams, dit Chas Addams.
"La Famille Addams - à l'origine du mythe" (1re de couverture)

"La Famille Addams - à l'origine du mythe" (1re de couverture)

© Huginn et Muninn
Morticia, la mère, Gomez, le père, leur fille Mercredi et fils Pugsley, l’oncle Fétide, le majordome Lurch, la chose, leur animal domestique… composent l’image inversée de la famille américaine idéale en en prenant l’exact contrepied, Chas Addams s’inspire largement des films d’épouvante qui tinrent le haut du pavé dans les salles de cinéma américaines des années 30. Son trait unique, dynamique et précis, joue à merveille de la composition et du détail au service d’un humour noir, iconoclaste et ironique sur les valeurs américaines, tout en prônant haut et fort le droit à la différence. Réédité dans un beau livre relié sous une couverture à la touche, comme il se doit, gothique, "La Famille Addams", c’est Halloween à Noël.

La Famille Addams – A l’origine du mythe
Editions Huginn et Muninn
29,95 €

Philippe Druillet

Philippe Druillet a révolutionné l’univers de la bande-dessinée au début des années 70 avec son style baroque et en explosant la mise en page classique composée de petites cases indépendantes les unes des autres, par un éclatement de la planche graphique. Travaillant toujours en grand format, Druillet dépasse les limites de son support de prédilection dans des albums de science-fiction et de Fantasy, où évolue son personnage alter-ego Lone Sloane, ou en s’inspirant d’"Elric le Nécromancien" de Michael Moorcock, beaucoup de Lovecraft, ou en adaptant "Salambo" de Gustave Flaubert dans un univers de SF.
"Philippe Druillet" : 1er de couverture

"Philippe Druillet" : 1er de couverture

© MEL Publisher/Philippe Druillet
Pour fêter ses cinquante ans de carrière, MEL Publisher édite cette magnifique monographie où s’expose toutes les facettes de son Œuvre qui, de la bande-dessinée, est passée à l’affiche ("La Guerre du feu", "Le Nom de la rose"…), le dessin animé ("Bleu, l’enfant de la Terre", "Xcalibur"), le design (meubles, appliques, sculptures, verrerie, bijoux…), le décor pour "Les Rois maudits" de Josée Dayan à la télévision, ou l’opéra (Le "Ring" de Wagner) et la musique (le clip "Excalibur" de William Sheller, "Carmina Burana" de Carl Orff, le Requiem de Verdi)… Druillet est à la fête pour les fêtes.

Philippe Druillet
MEL Publisher
49 €

Quelques minutes après minuit

Quelques semaines avant la sortie (le 4 janvier) de son adaptation au cinéma par le jeune et talentueux réalisateur espagnol José Antonio Bayona ("L’Orphelinat"), le roman pour la jeunesse (et les autres), de Patrick Ness, et best-seller mondial, "Quelques heures après minuit", est en librairie. L’histoire de Connor, un petit garçon de 10 ans, perturbé par la mort annoncée de sa mère atteinte d’un cancer et qui va passer le cap de cette terrible épreuve grâce à un arbre magique qui se déplace et parle, en lui racontant six histoires, six contes qui vont l’aider à accepter l'inacceptable.
"Quelques minutes après minuit" (1re de couverture)

"Quelques minutes après minuit" (1re de couverture)

© Gallimard Jeunesse
Cette belle édition reliée de "Quelques heures après minuit" renoue avec la tradition des beaux livres de Prix d’antan, grâce aux illustrations de Jim Kay qui enluminent les chapitres et les pages de ce conte initiatique, au sujet grave, mais prenant, à des lustres de ce que pourrait laisser présager son sujet difficile. Une véritable aventure fantastique, aux personnages attachants, où les histoires s’imbriquent les unes dans les autres, comme autant de poupées russes. Le roman est complété par un dossier sur ses origines et son adaptation au cinéma, avec interviews du réalisateur, des acteurs (dont Sigourney Weaver) et beaucoup d'illustrations. Plein d’humanité,  "Quelques heures après minuit" tient sa promesse de plus d’une belle heure de lecture.

Quelques heures après minuit
Patrick Ness
Gallimard Jeunesse
25 €

La Machine cinéma, de Méliès à la 3D

Catalogue d’exposition de la magnifique exposition de la Cinémathèque, "La Machine cinéma, de Méliès à la 3D" explore les évolutions techniques du cinéma depuis ses origines à la réalité virtuelle qui sera peut-être le cinéma de demain. Notre guide n’est autre que le commissaire de l’exposition et directeur du Musée du cinéma de la Cinémathèque, Laurent Mannoni.
"la Machine cinéma' : 1re de couverture (détail)

"la Machine cinéma' : 1re de couverture (détail)

© Cinémathèque - Lienart
Fourni d’une iconographie exceptionnelle issue des collections de la Cinémathèque, riche de milliers d’appareil, depuis la caméra de Méliès (avec laquelle il inventa les premiers trucages du cinéma), jusqu’aux caméras et projecteurs numériques, en passant par l’appareillage sonore, l’invention de la couleur, "La Machine cinéma" retrace 120 ans d’une histoire rarement traitée, à la fois scientifique, technique et artistique,; C'est  l'objet pour la première fois au monde d’une exposition, à voir absolument jusqu’au 29 janvier 2017 à la Cinémathèque française, à Paris..

La Machine cinéma, de Méliès à la 3D
Laurent Mannoni
Cinémathèque - Lineart
35 € 

Les beaux livres déjà traités dans Culturebox   

Les Archives Walt Disney
Après les archives Kubrick, Bergman, Chaplin, ou James Bond, Taschen publie dans sa collection XXL, celles de Walt Disney. Un premier tome qui couvre les dessins animés de la période 1921-68, soit depuis ses débuts, jusqu’au "Livre de la jungle", le dernier film auquel il participa avant sa mort le 15 décembre 1966, il y a tout juste 50 ans.
Disney Film Archives : 1re de couverture

Disney Film Archives : 1re de couverture

© Taschen
Un livre géant (41,1 x 30 cm, 620 pages, 7kg), véritable somme à l’iconographie exceptionnelle, supervisé par un spécialiste du magicien de l'animation.
 
Le Cantique des oiseaux
Poème mystique persan du XIIe siècle de Farid al-Din Attar, dit Attar, fondateur  du soufisme, branche musulmane d’un Islam tolérant et artistique, "Le Cantique des oiseaux" bénéficie d’une nouvelle traduction de Leili Anvar, maître de conférences à l’Institut national des langues et civilisations orientales, spécialiste de la littérature mystique et de l’écriture féminine.
"Le Cantique des oiseaux" 1re de couverture

"Le Cantique des oiseaux" 1re de couverture

© Diane de Selliers Editeur
Texte initiatique prônant l’annihilation de l’ego pour fusionner avec le divin, non par le dogme, mais la connaissance, ce magnifique ouvrage des éditions Diane de Selliers, est agrémenté de nombreux commentaires qui facilitent l’accessibilité du texte, et de Deux-cent-sept merveilleuses miniatures de l’Islam d’Orient, du XIV au XVIIe siècle.  

Le Cinéma de Starfix – Souvenirs du futur
"Le Cinéma de Starfix", sous-titré "Souvenirs du futur", aux éditions Hors Collection, revient sur l’épopée de "Starfix" (1983-1990), revue novatrice, fondatrice d’une nouvelle critique, révolutionnaire dans son visuel, et addictive pour ses lecteurs. S’y révélaient des cinéastes qui ont, depuis, fait le cinéma, mais négligés à l’époque, comme Dario Argento, Sam Raimi, John Carpenter, Brian De Palma, ou Paul Verhoven.
"Le Cinéma de Starifx" : 1re de couverture

"Le Cinéma de Starifx" : 1re de couverture

© Hors Collection
Préfacé par le réalisateur américain William Friedkin, un "chouchou" de la rédaction, cette belle monographie est suivie d’une introduction de Mathieu Kassovitz, acteur et réalisateur qui relève à part entière d’une "génération Starfix", adepte d’un cinéma de genre décrié, et qui voyait là sa réhabilitation, avec un argumentaire socio-culturel solide, sans se prendre au sérieux. S’ensuivent les fac-similés d’articles publiés dans "Starfix" de 1983 à 1990, et le retour, au détour de quelques articles nouveaux, des journalistes-critiques de la revue qui jaugent et donnent leur sentiment sur la cinéphilie actuelle. Nostalgique, passionnant et beau.

Amazones de la Révolution
Ce catalogue de l’exposition "Amazones de la Révolution", au Musée Lambinet de Versailles jusqu’au 9 février 2017, aborde le sujet des femmes dans la Révolution française sous un jour inattendu. Celui de la violence, pratiquée ou dénoncée par les femmes durant la période, de 1789 à 1795, à travers tableaux, gravures, écrits, objets, de l’époque jusqu’à nos jours. Grandes figures du temps, mouvements de masse, fantasmes, mythologie participent d'un champ complexe qui se découvre et se lit comme un roman.
"Amazones de la Révolution" : 1re de couverture du catalogue d'exposition

"Amazones de la Révolution" : 1re de couverture du catalogue d'exposition

© Gourcuff - Gradinego Editeurs
Conçu et rédigé sous la direction de Martial Poison, professeur de l'Université Paris 8, et commissaire de l'exposition, "Amazone de la Révolution", richement illustré et passionnant de bout en bout, est autant un livre d’Histoire, qu'un livre d’histoires qui traite un sujet peu abordé, avec une exhaustivité remarquable.