Prince est mort d'une overdose d'analgésiques opiacés : l'autopsie confirme

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/06/2016 à 10H59, publié le 03/06/2016 à 09H13
Prince en concert le 11 février 1985 à Paris

Prince en concert le 11 février 1985 à Paris

© Pascal George / AFP

Prince est bien mort des suites d'une overdose d'un médicament antidouleur opiacé, le Fentanyl, a indiqué jeudi l'institut médicolégal, confirmant l'hypothèse qui avait été privilégiée pour expliquer le décès brutal du chanteur star américain.

La communication est intervenue alors que la presse américaine venait de révéler cette confirmation, citant une source proche de l'enquête. Dans un premier temps, l'institut médicolégal du nord des Etats-Unis avait assuré que les conclusions de l'autopsie de Prince ne seraient pas publiées jeudi.
 
Le Fentanyl est un médicament antidouleur considéré comme 50 à 100 fois plus puissant que la morphine, selon les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC). Il est le plus souvent utilisé pour des douleurs chroniques, en général dans les cas où les autres traitements antidouleur ne fonctionnent pas ou plus.
 
Fin mai, le Minneapolis Star Tribune avait indiqué que le chanteur suivait  un traitement de sevrage prescrit par un médecin du Minnesota, entamé lors des semaines précédant son décès.

Un spécialiste des addictions avait été contacté par l'entourage du chanteur

Un spécialiste californien des addictions, le docteur californien Howard Kornfeld, a, par ailleurs, révélé avoir été contacté par l'entourage de Prince la veille du décès, pour solliciter ses services. Dans l'impossibilité de se rendre immédiatement à Chanhassen, où se trouve Paisley Park, la résidence du musicien, il avait dépêché son fils sur place.
 
Ce dernier est arrivé sur place le 21 avril au matin et a découvert, avec des membres de l'entourage du chanteur, Prince mort dans un ascenseur de la résidence.
 
Les raisons qui ont poussé Prince  à commencer à prendre des antidouleurs ne sont pas encore établies, mais font l'objet de nombreuses rumeurs. Certains sites à sensation ont évoqué une longue maladie, qui aurait poussé le chanteur vers des médicaments antidouleurs puissants.

"Il avait mal en permanence", selon une proche

La chanteuse et batteuse Sheila E., vieille complice de Prince qui fut son  mentor, a estimé, devant la chaîne américaine CBS, qu'une accumulation de concerts l'avait atteint physiquement. "Il avait mal en permanence, mais c'était un 'performer'", a-t-elle dit, rappelant que Prince avait pour habitude de sauter du haut des parties  surélevées de la scène, alors qu'il portait systématiquement des chaussures à talon.
 
Selon plusieurs médias, ce musicien extravagant, souvent démonstratif sur scène, souffrait notamment de la hanche. Pourtant, ses dernières apparitions publiques n'avaient suscité aucune inquiétude sur sa santé.
 
Mais six jours avant sa mort, Prince avait été pris de malaise dans son avion privé et transporté à l'hôpital après un atterrissage d'urgence sur un petit aéroport de l'Illinois.

Les médicaments opiacés responsable d'une vague d'overdoses

Les opiacés, médicaments antidouleur qui contiennent un dérivé de l'opium, sont responsables d'une vague d'overdoses qui frappe les Etats-Unis depuis plusieurs années. En 2014, 14.000 personnes sont mortes d'une overdose impliquant ces médicaments, selon les CDC. La hausse des overdoses serait due "pour l'essentiel", au Fentanyl de contrebande, élaboré dans des laboratoires clandestins, selon les centres de contrôle, qui citent des rapports de police.
 
Et selon une étude réalisée en 2014 par l'agence fédérale des addictions (SAMHSA), 4,3 millions d'Américains âgés d'au moins douze ans consommaient des médicaments antidouleur sans indication médicale.
 
Un mois et demi après sa mort, l'engouement pour la musique de Prince s'est un peu étiolé, mais l'album "Purple Rain" reste en douzième position des ventes aux Etats-Unis, selon Billboard. Mi-mai, pas moins de 19 albums de l'artiste figuraient dans le classement des 200 meilleures ventes aux Etats-Unis, un record.