Revoir Bigflo & Oli, révélation hip-hop des Vieilles Charrues

Par @Culturebox
Mis à jour le 20/07/2015 à 13H44, publié le 19/07/2015 à 16H00
Oli et BigFlo, samedi 18 juillet 2015 aux festival des Vieilles Charrues (Carhaix).

Oli et BigFlo, samedi 18 juillet 2015 aux festival des Vieilles Charrues (Carhaix).

© Fred Tanneau / AFP

Deux jeunes rappeurs toulousains "taillés comme des allumettes" ont mis le feu samedi aux Vieilles Charrues. BigFlo & Oli ont déployé leurs rimes intelligentes, positives et pleines d'humour, et démontré, en ping-pong, une impressionnante science du flow. Maîtrisant déjà la scène comme de vrais pros, les deux frères ont surtout prouvé qu'ils méritaient d'entrer direct dans "La cour des grands".

Le concert est disponible ci-dessous dans son intégralité :

Bigflo & Oli aux Vieilles Charrues

Une entrée en scène bien amenée

Aux Vieilles Charrues samedi, BigFlo & Oli ont habilement préparé leur entrée : sur la scène, un Dj (en T-shirt Johnny) en surplomb et un violoncelliste font grimper le suspense durant plusieurs minutes devant une foule compacte. "Bienvenue. Préparez vous pour une expérience unique (...) Nous partons pour le grand voyage", annonce une voix féminine tandis que les plaintes rock du violoncelle mêlées aux scratches embarquent l'auditeur dans un tourbillon sonore épique. "Destination : la cour des grands".

"C'est l'histoire de deux frères, qui écrivent dans leur chambre, qui sont tombés dans l'rap par hasard et qui tentent leur chance", raconte à son arrivée, BigFlo, 22 ans, d'abord dos au public qui l'acclame. "Viens avec nous, mets toi dans l'coup, viens rallumer la flamme, pour nous c'est plus que du rap, c'est toute notre vie", ajoute-t-il, silhouette menue et longiligne en simple jean's, T-shirt Pokemon et casquette.

"On en a marre de ces types qui ne disent rien devant le mic, qui nous prennent de haut (...), ils font du rap comme ils font du sport", poursuit-il, reprenant "La cour des grands", premier titre de leur album éponyme. "Nous on n'a pas une vie de voyous, pas une tête de durs, donc on ne fera pas rêver les petits bourges en manque d'aventures", clame-t-il encore, avant l'entrée en scène de son frère Oli, lui aussi vêtu d'un jean et d'un tee-shirt blanc.

"C'est pas du rap violent"

"Dans mon cocon familial, loin des paillettes de la capitale (...) venez, on rappe la vraie vie et tout c'qui nous ressemble", clame à son tour ce dernier avant d'entamer un impressionnant phrasé cavaleur. "A deux on est plus forts". "La Bretagne toutes les mains en l'air". Les dizaines de milliers de jeunes spectateurs massés devant la troisième scène du plus grand festival de rock français ne se font pas prier, eux qui connaissent visiblement les paroles par coeur, levant les mains et se balançant en rythme.

"C'est pas du rap violent", explique en criant Sophie, 20 ans, venue ave ses amis de Nantes et disant regretter la "violence du rap français". "Personnellement, je n'aimais pas le rap avant BigFlo& Oli et Orelsan", autre jeune rappeur français, reconnaît la jeune femme. "Leurs paroles sont très recherchées et ils racontent ce que nous même on fait, on se sent proche d'eux", ajoute-t-elle.

Les deux frères ont fait le conservatoire

Florian et Olivio Ordonnez, dans la vie, sont adeptes du "rap positif", ont-ils expliqué avant leur concert lors d'une conférence de presse sur le site du festival breton."Le rap s'est un peu enfermé sur lui-même, il y a pas mal de clichés qui tournent autour de lui", a regretté Oli, 19 ans, avant d'ajouter: "Nous, on essaie de faire notre rap assez positif, sans se forcer et sans rentrer dans le cliché".

Les deux frères, fans du groupe IAM, mais aussi du Toulousain Claude Nougaro, ont commencé très jeunes à faire du rap, en même temps qu'ils fréquentaient le conservatoire de musique, où Oli a appris à jouer de la trompette et BigFlo de la batterie et du piano.

"On n'a pas de complexes, on n'a pas de frontières, tant qu'on kiffe, on rappe", a expliqué Oli. "Depuis tout petits on écrit, j'ai commencé à six ans, j'écrivais des conneries, des poèmes, des sketches", a-t-il poursuivi, disant aimer raconter "des vraies histoires".

Ridiculiser le rap bling bling

"On n'est pas crédibles dans la violence et le gang style rap, ne serait-ce que par notre physique", a souligné BigFlo , en réponse à une question sur l'absence de paroles violentes dans leurs chansons, dans l'une desquelles il se décrit comme étant "taillé comme une allumette". "Tout le monde fait la même chose, nous on veut montrer qu'il n'y a pas que ça et que même si on ne parle pas de Kalach (Kalachnikov NDLR), on peut quand même rapper".

Sur scène, ces deux entertainers nés ont même ridiculisé la concurrence bling bling - "je vois les gens au fond qui se disent je connaissais pas BigFlo et machin là, mais ils sont mignons, ils ont le sourire, ça change des rappeurs... Mais (remettant sa casquette) vous ne savez pas que nous aussi on a des kalash, chez nous aussi on a des ratatat ! Hey balance un son lourd ! Ouais ouais ouais, 80XB, 18C, euh..., 97 YBX, aiiighhht, la famille, si si", s'amuse BigFlo avant d'attaquer la parodie "Gangsta",  "J'arrive en Lamborghini, jantes chromées....". Epais comme une allumette mais même pas peur des grosses chaînes en or.