Une Pussy Riot dénonce l'esclavage en prison et entame une grève de la faim

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 30/09/2013 à 17H16, publié le 23/09/2013 à 15H49
Nadejda Tolokonnikova des Pussy Riot, en avril 2013.

Nadejda Tolokonnikova des Pussy Riot, en avril 2013.

© STR/AP/SIPA

Nadejda Tolokonnikova, l'une des Pussy Riot incarcérée en Russie, a décidé d'entamer une grève de la faim lundi afin de dénoncer ses inhumaines conditions de détention. Dans une longue lettre ouverte, l'artiste et activiste punk compare le calvaire des détenues à de l'esclavagisme.

Travail forcé 16 à 17 heures par jour
Entamer une grève de la faim est "une méthode extrême, mais je suis convaincue que c'est le seul moyen de sortir de ma condition actuelle", écrit-Nadejda Tolokonnikova en préambule de sa missive, visible dans son intégralité traduite en anglais sur le site du Guardian.

Détaillant ses terribles conditions de détention, elle affirme notamment qu'elle et ses co-détenues sont contraintes de travailler 16 à 17 heures par jour quotidiennement (elle travaille dans une brigade de couturières) de 7h30 le matin à minuit et demi. "Au mieux, il nous reste 4 heures pour dormir la nuit" et nous travaillons "quasiment tous les dimanches", explique-t-elle, avec "un jour de repos toutes les quatre à six semaines". 

"Je ne resterai pas silencieuse, résignée à regarder mes co-détenues tomber sous la pression de conditions de détention comparables à l'esclavage", ecrit-elle, réclamant "le respect des droits de l'Homme par l'administration" et demandant à "être traitée en être humain et non pas en esclave".

UPDATE 30 septembre : Nadejda Tolokonnikova a été hospitalisée au 7e jour de sa grève de la faim, dimanche, a indiqué son mari Pyotr Verzilov. Les conditions de cette hospitalisation ne sont pas claires, ses avocats ayant été empêchés de la voir depuis jeudi 26 septembre.

Rappel des faits
L'an dernier, Nadejda Tolokonnikova, Maria Alekhina et Ekaterina Samoutsevitch, âgées de 22 à 30 ans, ont été condamnées à deux ans de camp pour une "prière punk" anti-Poutine dans la cathédrale du Christ Sauveur de Moscou. Les peines avaient été confirmées en appel pour les deux premières, jugées coupables de "vandalisme motivé par la haine religieuse", alors qu'Ekaterina Samoutsevitch avait été libérée. 

En mai 2013, Maria Alekhina avait fait une grève de la faim de 11 jours pour protester contre l'interdiction qui lui avait été faite d'assister à l'audience concernant sa propre demande de remise en liberté conditionnelle. Elle est incarcérée comme Nadejda Tolokonnikova dans un dangereux camp de travail.