Trans Musicales de Rennes

du 30 novembre au 04 décembre 2016

Des découvertes par dizaines aux Trans Musicales

Par @Culturebox
Mis à jour le 02/12/2014 à 09H57, publié le 01/12/2014 à 18H44
Le groupe britannique "Thumpers" aux Trans Musicales de Rennes en décembre 2012

Le groupe britannique "Thumpers" aux Trans Musicales de Rennes en décembre 2012

© Thomas Bregardis / AFP

Rock sud-coréen ou turc, rétro pop africaine chantée par une Soudanaise vivant à New York ou folk israélo-yéménite, les nouvelles têtes de la musique mondiale ont rendez-vous à partir de mercredi à Rennes pour les Trans Musicales.

Le festival breton, qui se tient jusqu'à dimanche soir est réputé pour être un des plus aventureux : il a fait de l'inconnu et des découvertes musicales son terrain de prédilection.
 
Ce qui lui a permis, depuis 1979, de voir fleurir nombre de stars avant tout le monde, de Nirvana à Stromae en passant par Björk, Lenny Kravitz ou Etienne Daho.
 
L'an dernier, fait plutôt rare, Les Trans s'étaient offert une star en tête d'affiche en faisant revenir le Belge Stromae, déjà venu en 2010 à une époque où peu le connaissaient encore.
 
La 36e édition marque un retour aux fondamentaux avec une affiche 100%  découvertes pour tous les goûts : du rock plus ou moins électrifié, de l'électro, du jazz, du funk, etc.
"Spring or War" du groupe de rock turc The Ringo Jets
 
 Cent groupes et artistes de trente pays
 
Sur la centaine de groupes et artistes attendus, originaires d'une trentaine de pays, près de la moitié n'ont encore jamais joué en France, selon les organisateurs.
 
Parmi les attractions annoncées : un prodige américain de 18 ans mêlant pop et électro (Raury), un groupe de rock turc sonnant comme des Californiens (The  Ringo Jets), une formation sud-coréenne mêlant instruments traditionnels et grosses guitares (Jambinai), de la "rétro pop" africaine chantée par une Soudanaise installée à Brooklyn (Alasarah), des chansons folk par trois soeurs israéliennes d'origine yéménite (A-Wa), des bricolages funky signés par un combo vénézuélo-néerlandais (Fumaça Preta) - du rap en "franglais" venu du Québec (Dead Obies)...
 
"Leur point commun ? C'est que j'aime ce qu'ils font !", explique en toute simplicité l'incontournable programmateur des "Trans", Jean-Louis Brossard,  fier d'une cuvée 2014 "radicale".
A-Wa chante le folklore yéménite
 
Peut-être de futurs Bjork ou Stromae
 
De futurs Bjork ou Stromae se cachent-ils parmi ces nouvelles têtes ? "On ne peut jamais savoir, évidemment, mais l'important c'est vraiment les voir aujourd'hui. Un groupe, ça se voit au début, quand tous les membres ont l'énergie et l'envie d'en découdre, où il y a une forme de pari... Et pas quand ce sont des mecs blasés qui prennent 500.000 euros pour jouer", selon le  responsable.
 
A noter que certains arrivent déjà précédés d'une flatteuse réputation, comme l'Australienne Courtney Barnett, dont les chroniques pince-sans-rire à la sauce rock ont déjà séduit les Etats-Unis, ou la poétesse-rappeuse Kate Tempest, qui figurait parmi les nominés au prestigieux prix Mercury qui récompense chaque année le meilleur album en Grande-Bretagne.
 
La nouvelle scène française - et notamment rennaise - n'est évidemment pas oubliée avec la présence de Grand Blanc, groupe s'inspirant de Joy Division, ou de petits princes de l'électro, comme The Avener et Rone.
Jeanne Added, A War is Coming
 
Cinq soirs à L'Aire libre pour Jeanne Added
 
La place d'honneur revient cette année à la chanteuse française Jeanne Added, qui occupera la scène de L'Aire libre cinq soirs de suite, comme l'ont fait avant elle Stromae en 2010 ou Benjamin Clementine l'an dernier. Venue du  lyrique et du jazz, Jeanne Added présentera les premiers titres d'un premier  album en solo qu'elle doit sortir l'an prochain.
 
Même s'il revendique cette programmation pointue et éclectique, le festival rennais n'entend pas pour autant rester "confiné à la sphère des personnes déjà initiées", insiste sa co-directrice, Béatrice Macé, pour qui "la curiosité n'est pas l'apanage des branchés, mais bien de tout le monde".
 
Pour favoriser cette "accessibilité", le festival met ainsi en place des conférences permettant de défricher la programmation, cultive des tarifs plus  raisonnables et propose aussi des concerts aux enfants, avec les mêmes artistes  que ceux programmés pour les grands.