Thom Yorke de Radiohead répond fermement aux appels au boycott d'Israël de Roger Waters et d'autres personnalités

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 06/06/2017 à 20H11, publié le 02/06/2017 à 19H58
Thom Yorke de Radiohead en avril 2017 au festival Coachella.

Thom Yorke de Radiohead en avril 2017 au festival Coachella.

© Kevin Winter /AFP

Thom Yorke n'apprécie pas qu'on lui dise ce qu'il a à faire. Cela a la don de le faire sortir de sa réserve. Il ne supporte pas la campagne qui fait actuellement pression sur Radiohead pour que le groupe renonce à jouer en Israël. Il estime que ces appels au boycott de l'Etat hébreu sont non seulement condescendants vis à vis de Radiohead mais aussi "un extraordinaire gaspillage d'énergie".

Pour Thom Yorke, cette campagne "encourage la discorde"

Radiohead a prévu de jouer le 19 juillet à Tel Aviv. Un concert qui promet d'être le plus controversé de leur carrière. Plusieurs personnalités et artistes, dont l'ancien Pink Floyd Roger Waters, fervent défenseur de la cause palestinienne, les exhortent à y renoncer pour protester contre les violations des droits et des lois internationales par Israël. Le militant anti-apartheid et prix Nobel de la paix Desmond Tutu, la romancière Alice Walker et le musicien de Sonic Youth Thurston More, ont écrit une lettre ouverte en ce sens au groupe d'Oxford.

"Je ne suis pas d'accord avec ce boycott culturel, comme JK. Rowling, Noam Chomsky et beaucoup d'autres", a répondu Thom Yorke. Pour lui, cette campagne sème les divisions qui favorisent les dirigeants de droite tels que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, le président américain Donald Trump et la Première ministre britannique Theresa May. 

"Tout cela encourage la discorde. Vous ne rassemblez pas les gens. Vous n'encouragez pas le dialogue ou la compréhension mutuelle", estime-t-il dans un entretien à Rolling Stone

Il dénonce cette "condescendance absolue" pour Radiohead

Le chanteur de Radiohead juge surtout "extrêmement pénible" que ces personnalités, parmi lesquelles des artistes qu'il admire, les interpellent en public au lieu de s'adresser aux membres du groupe personnellement.

"C'est extrêmement irrespectueux de leur part de supposer que nous sommes mal informés ou tellement crétins que nous ne puissions prendre ce genre de décision tout seuls. Je trouve cela d'une condescendance absolue. C'est choquant et je ne comprends pas pourquoi jouer un concert de rock ou donner une lecture dans une université est un problème" (pour eux). 

Il souligne en outre que le guitariste de Radiohead Jonny Greenwood est particulièrement bien informé de la situation, lui dont la femme est juive Israélienne et "fière de ses origines arabes", la famille de son père étant originaire d'Irak et sa mère d'Egypte (comme elle l'a tweeté le 2 juin). "C'est une tel gaspillage d'énergie", s'énerve-t-il encore, "une énergie qui pourrait être employée d'une façon plus positive."

Il ne dit pas merci à Roger Waters

Thom Yorke s'en prend aussi plus précisément à Roger Waters, dont le nouvel album solo sorti vendredi a été produit par Nigel Godrich, considéré comme le sixième membre de Radiohead. "Imaginez comme cela a affecté ma relation avec Nigel", souligne-t-il. "Merci, Roger."

Contacté par Rolling Stone, Nigel Godrich a indiqué qu'il était lui-même opposé aux boycotts culturels qui ne servent à rien si ce n'est à pénaliser les fans, en général plutôt opposés à leur propres gouvernements. Le producteur a aussi minimisé ce "désaccord entre Thom et Roger", qui selon lui ne se sont jamais rencontrés.