Suicide de l'épouse de Cantat : une avocate mène campagne pour qu'il soit poursuivi

Par @Culturebox
Publié le 10/08/2013 à 11H35
Bertrand Cantat aux Eurockéeennes de Belfort en 2012

Bertrand Cantat aux Eurockéeennes de Belfort en 2012

© POL EMILE/SIPA

Me Yaël Mellul, avocate parisienne spécialisée dans les violences conjugales, souhaite voir poursuivre en justice Bertrand Cantat, pour le suicide de son épouse en janvier 2010, estimant que sa mort est liée à des violences psychologiques exercées par le musicien sur sa femme.

Me Mellul a dit à l'AFP qu'elle agit "en tant que militante" dans cette affaire. Elle ne représente en effet à ce stade aucune partie, ni une association de défense des droits des femmes, ni les parents de Krisztina Rady, qui avaient pourtant donné une interview à Paris Match en novembre dernier évoquant les violences du chanteur contre leur fille. L'avocate compte, a-t-elle dit à l'AFP, venir prochainement à Bordeaux, où Mme Rady s'est suicidée au domicile conjugal le 3 janvier 2010, "afin d'alerter le procureur de la République en lui donnant des éléments qui lui permettraient de se saisir du dossier".

Bertrand Cantat, qui était, au moment du suicide, sorti de prison depuis deux ans après le meurtre de l'actrice Marie Trintignant en 2003, avait alors été mis hors de cause par la justice. Mme Mellul s'appuie notamment sur le livre de Stéphane Bouchet et Frédéric Vézard "L'amour à mort" (L'Archipel) sorti en juin et dans lequel est publiée la retranscription d'un message téléphonique de Mme Rady à ses parents, en juillet 2009. Elle semble abattue, présente M. Cantat comme violent, voire "fou", et dit qu'elle "songe à s'enfuir". "A l'examen très attentif de ce message, on voit que pour elle la seule issue c'est le suicide", affirme Me Mellul.

Reconnaissance du "suicide forcé"

Pour poursuivre l'artiste, dans ces conditions, il faudrait lui appliquer l'article 222-7 du Code pénal, qui réprime "les violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner", et reconnaître ainsi, comme le souhaite Me Mellul, le "suicide forcé" par des violences psychologiques. "Ce serait inédit", admet l'avocate, qui a déjà un dossier en cours sur ce thème à Lorient (Morbihan). Elle juge "étrange" qu'on "puisse condamner pour harcèlement dans le cadre du travail, mais pas dans la sphère privée", et dit "avoir hâte de voir de quelle manière le parquet de Bordeaux va aborder cette problématique". L'avocat de Bertrand Cantat, Me Aurélien Hamelle, a dit à l'AFP que Me Mellul "n'est mandatée par personne, n'a aucune légitimité et aucune connaissance de l'affaire ou des personnes impliquées autrement que par ce qu'elle a pu lire dans la presse".

Bertrand Cantat, dix ans après le meurtre de Marie Trintignant, lors d'une dispute dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003 à Vilnius, prépare son retour à la musique avec un album solo annoncé pour novembre, faisant suite à de multiples collaborations.