Rétrospective Yoko Ono l'an prochain au Mac de Lyon

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/07/2015 à 11H02, publié le 20/07/2015 à 18H51
Yoko Ono in En Trance, 1997Half A Wind Show, Louisiana Museum of Modern Art, 2013

Yoko Ono in En Trance, 1997
Half A Wind Show, Louisiana Museum of Modern Art, 2013

© Photo:Bjarke Ørsted

Yoko Ono, "l'artiste inconnue la plus célèbre du monde" comme la qualifiait son époux John Lennon, aura droit à 82 ans à sa première rétrospective française de mars à juillet 2016 au MAC Lyon, a annoncé le musée lundi.

Une pionnière de l'art conceptuel

"Tout le monde la connaît, mais personne ne sait ce qu'elle fait", s'amusait lui-même l'ancien Beatles, qu'elle avait rencontré à l'occasion d'une de ses premières expositions à Londres en novembre 1966. Yoko Ono est certes avant tout connue pour avoir été sa femme.

Mais le monde de l'art multiplie les hommages ces dernières années, pour dire que Yoko Ono est aussi une artiste majeure, pionnière dans le développement de l'art conceptuel sous toutes ses formes.

Ainsi après une rétrospective à Francfort en 2013, une autre au Guggenheim de Bilbao en 2014 ou l'éminent musée d'art moderne (MoMA) de New York qui lui consacre sa première exposition entièrement dédiée depuis mai, ce sera au tour du MAC Lyon de lui ouvrir ses portes en 2016.

Des oeuvres à "pratiquer, voir et entendre"

L'exposition, baptisée "Yoko Ono: lumière", réunira sur 3.000 m2 du 9 mars au 10 juillet 2016 des oeuvres à "pratiquer, voir et entendre" composées par l'artiste expérimentale entre 1952 et 2016. Ses 64 ans de création couvrent différents champs :  film, son, architecture, environnement...

Ayant grandi au Japon et aux États-Unis, Yoko Ono entre en scène dans les milieux avant-gardistes new-yorkais à la fin des années cinquante. Très influencée par son mentor, le compositeur et plasticien John Cage, elle rejoint le mouvement d'art contemporain qu'il a inspiré, Fluxus, qui vise à abolir les barrières de la création artistique et de la vie.

Dès ses débuts, elle s'ingénie à déconstruire l'art tel qu'on le conçoit à l'époque dans les musées, à interpeller, à militer pour la paix et pour l'égalité des sexes, souvent par le biais de performances. Ainsi en 1965, dans "Cut Piece" (ci-dessous) présenté au Carnegie Hall de New York, elle invite le public à la dénuder sur scène en découpant ses vêtements aux ciseaux.

Museum of Modern [F]art

Comme le raconte le MOMA dans la présentation de son exposition, Yoko fit ses débuts officiels dans ce prestigieux musée américain en 1971. A l'époque, elle avait communiqué sur son "One Woman Show" baptisé Museum of Modern [F]art (ce qui donne Musée de Pet moderne). "Cependant, lorsque les visiteurs arrivèrent au musée, il n'y avait plus trace de son travail. Selon un panneau à l'entrée, Ono avait libéré des mouches sur le sol du musée, et le public était invité à les retrouver alors qu'elles se dispersaient à travers la ville."

Elle conçoit aussi de nouvelles manières d'écouter et de produire du son - une de ses oeuvres de 1952 est intitulée "The Soundless Music" (La musique sans son) - et donne des concerts expérimentaux. Chanteuse d'avant-garde à la voix "hors limite", collaboratrice de John Cage, Ornette Coleman et La Monte Young, elle a influencé des artistes actuels audacieux comme Bjork et trouvé en John Lennon un partenaire de choix.


"Yoko Ono : Lumière"
Du 9 mars au 10 juillet 2016
Musée d'Art Contemporain de Lyon