Radiohead voulait sensibiliser à la crise migratoire avec "Burn the witch"

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 05/05/2016 à 21H58, publié le 05/05/2016 à 20H46
Le bûcher en forme d'humain en osier du clip "Burn the witch".

Le bûcher en forme d'humain en osier du clip "Burn the witch".

© saisie écran

Le dernier clip de Radiohead, celui de "Burn the witch" publié mardi, est troublant, voire inquiétant. Selon Virpi kettu, collaboratrice de la vidéo, préposée à l'animation aux côtés du réalisateur Chris Hoppewell, le groupe d'Oxford voulait attirer l'attention sur la paranoïa, la colère et l'islamophobie ambiantes.

"Réveiller un peu les gens"

Dans une interview au Billboard, Virpi Kettu pense que Radiohead aurait voulu attirer l'attention avec "Burn the witch" sur la crise des réfugiés en Europe. Le fait de "blâmer les gens différents...blâmer les musulmans et toute cette négativité" qui peuvent amener à penser des choses telles que "brûlez la sorcière".

De son point de vue, les cartes postales envoyées par Radiohead à ses fans le week-end dernier sur lesquelles était inscrit "Nous savons où vous vivez" étaient une allusion à l'insécurité et au rejet générés par les politiques anti-immigration.

Le contraste entre les petits personnages enfantins du clip animé et la gravité du scénario et du propos de la chanson était intentionnel. Thom Yorke et les siens "voulaient que la vidéo contraste avec ce qu'ils jouaient pour réveiller un peu les gens", dit-elle. L'idée était de rendre le clip de "Burn the witch" plus joyeux que le morceau et que l'album, qui pour ce qu'elle en sait est "très sombre".  

Un clip réalisé en urgence

Cette spécialiste de l'animation des studios Aardman (Wallace & Gromit) raconte n'avoir pas dormi pendant 15 jours pour réaliser cette vidéo en un temps record. Elle confirme également que le clip fait référence à la fois au film d'horreur "The Wicker Man" (Le Dieu d'osier) de Robin Hardy (1973) et à la série télévisée anglaise pour les enfants "Trumpton", démarrée dans les années soixante et contant le quotidien d'un petit village idyllique peuplé de personnages en stop-motion.

Dans le clip de "Burn the witch" des villageois jettent l'opprobe sur certains, s'agressent, et un homme manque de finir brûlé sur un bûcher en forme d'humain géant en osier, comme dans "The Wicker Man".

Il faut toutefois prendre l'interprétation de Virpi Kettu avec précaution : le Billboard a en effet ajouté un avertissement à son article, soulignant que l'opinion de l'animatrice "ne reflète pas forcément celle du groupe ni du réalisateur de la vidéo". Cependant, si Virpi Kettu n'a pas eu l'occasion de rencontrer les membres de Radiohead en personne durant ce travail, "le plus prenant physiquement et mentalement" qu'elle ait jamais eu à faire de sa vie, elle a beaucoup échangé avec eux. Et selon elle, le groupe était "très clair et direct sur ce qu'il voulait exprimer."