Le Printemps de Bourges ouvre la saison des festivals avec Patti Smith

Par @Culturebox
Mis à jour le 21/04/2013 à 13H49, publié le 21/04/2013 à 09H39
Patti Smith à Los Angeles le 12/10/12

Patti Smith à Los Angeles le 12/10/12

© Chris Pizzello/AP/SIPA

Le Printemps de Bourges, qui accueillera en point d'orgue un concert événement de Patti Smith, donne de mardi à dimanche le coup d'envoi d'une saison incertaine pour les festivals.

Pour sa 37e édition, le festival pionnier des musiques actuelles s'offre une nouvelle structure couverte de 6.000 places, le W, qui va remplacer le chapiteau du Phénix, souvent critiqué pour des problèmes de visibilité et de son. "La structure du Phénix nous empêchait de mettre la scène au fond, tout comme les gradins", ce qui entraînait une perte de place, explique le directeur du Printemps, Daniel Colling. "La nouvelle structure permet d'installer une scène plus en hauteur, ce qui rendra les spectacles plus visibles pour le public", a-t-il assuré. Quant à la qualité du son, elle "n'était pas lié au Phénix, mais au preneur de son" des artistes, estime-t-il. 
Pour son inauguration, le W accueillera mardi Féfé et -M-, puis les plus gros spectacles du festival: Mika, C2C, Benjamin Biolay, Public Enemy ou encore Sexion d'Assaut en concert de clôture dimanche. La "cerise sur le gâteau" du Printemps se dégustera dans un cadre beaucoup plus intime: la cathédrale gothique de Bourges, qui accueillera mercredi la grande prêtresse du rock américain Patti Smith.   Accompagnée de Tony Shanahan, son directeur musical, bassiste et pianiste, elle va lire des poèmes, des extraits de ses livres ou d'oeuvres qu'elle aime, et donner des versions acoustiques de quelques unes de ses plus grandes chansons. "Elle a été assez facile à convaincre parce que le projet qu'on lui proposait l'a séduite. Elle vient en dehors de toute tournée et s'est déjà renseignée sur la cathédrale pour y adapter son spectacle", s'est félicité Daniel Colling.  "Il a fallu qu'on ait l'autorisation des autorités ecclésiastiques ce qui n'a pas été tout simple avec une chanteuse américaine, mythique, poète certes, mais pouvant être contestataire aussi. Nous les avons convaincu en leur assurant que nous allions respecter le lieu", a-t-il glissé. Celle qui chantait en 1975 "Jesus died for somebody's sins, but not mine" ("Jésus est mort pour les péchés de quelqu'un, mais pas les miens"), a d'ailleurs récemment rencontré le pape François. 
Woodkid au Grand Rex de Paris le 25/9/12

Woodkid au Grand Rex de Paris le 25/9/12

© JOLY LEWIS/SIPA
Parmi les quelque 180 artistes qui se produiront sur les onze scènes -- payantes ou gratuites -- du festival figurent aussi le prodige électro-pop Woodkid, Lou Doillon, Alex Beaupain, La Femme, la révélation britannique Savages,  Marie-Pierre Arthur, Jamie Cullum ou encore Alpha Blondy. Côté jeunes pousses, la scène tremplin du festival, les Découvertes, change de nom pour devenir les Inouïs. Elle devrait cette année particulièrement focaliser l'attention, avec notamment la prestation de la révélation du slam Fauve. 
Après deux années de recul de la fréquentation, celle-ci devrait être en hausse en 2013 selon le directeur, mais la comparaison d'une année sur l'autre est rendue difficile par la fluctuation du nombre de spectacles. Le festival doit parvenir cette année à une fréquentation payante de 55.000  personnes pour permettre de boucler un budget d'environ 5,1 millions d'euros. "On est a peu près sûrs d'y parvenir, mais d'une manière un peu inégale. On aura des spectacles au W qui seront moins remplis et d'autres archi-bourrés" avec trois soirées sur six déjà presque complètes, a indiqué M. Colling. "Aujourd'hui, ce n'est pas simple entre la crise, la morosité et le mauvais temps", a-t-il souligné. L'année dernière déjà, ces facteurs auxquels s'était ajouté un agenda politique chargé, avaient pesé sur les festivals, dont plusieurs avaient accusé des baisses de fréquentation.