Charlie Winston en tournée : rencontre avec le parfait gentleman

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/12/2012 à 15H16, publié le 24/04/2012 à 16H30
Le charmant Charlie Winston en coulisse

Le charmant Charlie Winston en coulisse

© Céline Pauilhac

Une belle voix, un bel homme, une belle personnalité… Charlie Winston est bien plus beau que « Hobo » ! Il a d’ailleurs remisé son célèbre chapeau de vagabond et rendu leur liberté à ses cheveux savamment décoiffés… Mais il conserve son look de dandy chic si reconnaissable, avec ses petites cravates so British ! Le gentleman chanteur est actuellement en tournée en France. Culturebox l'a rencontré à Villeurbanne, près de Lyon, lors de son passage au Transbordeur.


Lundi 23 avril 2012, 21 heures 30. Charlie Winston débute son concert par la ballade « Hello Alone », titre extrait de son dernier album « Running Still »… mais il est loin d’être seul dans cette salle qui accueille près de 2 000 personnes. Un public d’adultes, beaucoup de trentenaires et quelques couples plus âgés qui s’enlacent et s’embrassent comme des adolescents. Il flotte un indéniable parfum de romantisme dans ce Transbordeur brillant de mille feux. « J’ai rarement vu autant d’éclairages sur scène ! » assure un habitué des lieux. Inondé de lumière, Charlie Winston rayonne.
 

 

Troisième morceau, l’ange cède la place à la bête de scène, troque sa guitare contre un piano et entame un « Summertime here or year » endiablé… « C’est très amusant de jouer ce morceau live », nous confiera-t-il. « C’est presque du rock progressif », ajoute le protégé de Peter Gabriel (ex-chanteur du groupe Genesis). La musique de Winston paraît inclassable, surprenant mélange de pop rock, folk, soul, hip hop, classique… Dans son morceau « Great conversation », il ose chanter sur des accords de Beethoven !
Artiste complet, mais aussi parfait gentleman, Charlie Winston a accepté de répondre à Culturebox en toute simplicité, dans sa loge. Révélant une personnalité attachante et généreuse...

A la fin de l’année 2011, vous êtes allé à la rencontre des élèves du collège Guy Moquet de Gennevilliers et du lycée Rosa Parks de Montgeron, en banlieue parisienne. Pourquoi ?

J’ai fait beaucoup de promo dans les hôtels, dans les loges, dit beaucoup de blabla d’interviews… J’ai voulu casser cette habitude et passer plus de temps avec des adolescents car c’est à leur âge que j’ai découvert ma vocation pour la musique. Idéalement, je voudrais me rendre plus souvent dans des établissements scolaires pour partager mon expérience…

 

Vous savez que Gennevilliers n’est pas une banlieue chic… En quoi vous êtes-vous senti proche de ces élèves ?

Je viens d’une école publique, je sais que c’est difficile d’étudier dans ce genre d’établissement, vous n’avez pas beaucoup d’opportunités… alors je souhaitais leur donner une chance de se projeter ! Je ne viens pas d'un milieu particulièrement aisé. J'ai grandi à Bungay, dans le Suffolk, où mes parents avaient un hôtel. Il y a eu des moments difficiles à cause de la crise dans les années 80. Nous avons perdu beaucoup d’argent dans cet hôtel. Mais mes parents ont toujours cru en moi, m’ont soutenu dans mon choix de devenir musicien.


Vous avez vendu plus de 600.000 exemplaires de votre précédent album « Like a Hobo », votre tournée 2012 compte de nombreuses dates françaises… Comment expliquez-vous que vous ayez tant de succès en France et pas au Royaume-Uni, votre pays d’origine ?

Je pense que mon style plaît aux Français, ma musique également car elle est d’influence plutôt latine, surtout l'album « Like a Hobo »… Et puis c’est aussi une question de mode… Je ne suis pas à la mode en Angleterre, c’est pour ça que j’en suis parti, parce que j'aurais toujours été en train de courir après la mode, et ce n'est pas dans ma personnalité. Et puis peut-être aussi que c’est flatteur pour un Anglais de faire carrière en France...

Charlie Winston

Charlie Winston

© Andrew Gura


Vous avez en France cette image de “dandy chic”. Est-ce que vous l’assumez ?

Je ne m’en soucie pas vraiment, je ne pense plus vraiment être « dandy chic » à présent, je l’étais avec le chapeau de « hobo » (vagabond). J’ai arrêté de le porter à cause de ça. C’était devenu un uniforme, comme une tenue de travail, un déguisement… je ne veux pas être un clown !


Vous avez chanté récemment « This Wheel’s on Fire » sur un album vendu au profit d’Amnesty International… Vous vous sentez concerné par la défense des droits de l’homme ?

Pour moi c’est une organisation très importante et je pense que tous les artistes devraient faire partie de ce mouvement. Malheureusement ce n’est pas souvent le cas, ces temps-ci, comme ça l’était dans les années 80 avec Live Aid par exemple (gigantesque concert à vocation humanitaire donné simultanément à Londres et Philadelphie le 13 juillet 1985)…
Ce genre d’événement n’est pas arrivé depuis longtemps car je pense que les gens sont devenus très cyniques.
Pourtant, c'est vraiment une belle opportunité de participer à ce genre d'album, avec d’autres musiciens.
 

Mais votre contribution à cet album, « Chimes of Freedom – The songs of Bob Dylan », semble être passée inaperçue ?

Je ne me soucie pas de ça… Je pense qu’aucune des chansons de l’album ne sera vraiment connue, n’est-ce pas ? Ce n’était pas un énorme disque mais une étape, et aussi une célébration de la carrière de Bob Dylan, que j'affectionne particulièrement. J’ai délibérément choisi une chanson qui n’était pas typique de Bob Dylan. Je voulais chanter un titre qu’on ne connaissait pas, dont on n’avait jamais entendu parler.

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Quelques dates de sa tournée 2012 :

- le 26 avril au Printemps de Bourges
- le 18 Mai au Palais des Spectacles de Saint Etienne
- le 7 juin à l’Olympia à Paris
- le 1er juillet aux Eurockéennes de Belfort
- le 13 juillet aux Francofolies de la Rochelle
- le 29 juillet aux Nuits de Fourvière à Lyon