On y était : MGMT à l'Olympia

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Publié le 10/10/2013 à 19H36
Andrew Van Wyngarden de MGMT en avril 2012 à Mexico.

Andrew Van Wyngarden de MGMT en avril 2012 à Mexico.

© Angel Delgado / AFP

MGMT seront-ils toujours d'éternels incompris ? Mardi 8 octobre, en assistant à leur concert à l'Olympia, on pouvait sérieusement le craindre. De leur nouvel album sorti mi-septembre, ce "MGMT" au charme vaporeux pas évident à apprivoiser, les New-yorkais n'auront osé jouer que cinq chansons seulement.

Rétro-pédalage
Ils attaquent la tête dans le rétro avec "Time to Pretend", l'un des hits de leur premier album Oracular Spectacular, et on ne se doute alors de rien. On pense que ce retour au passé est sans doute une façon de renifler le public et d'expédier les tubes avant de se lancer dans les titres de leur nouvel album, ce troisième disque expérimental et peu médiatisé sorti mi-septembre qu'ils ont baptisé "MGMT".

Mais non. Après "Introspection" (reprise des sixties qui figure dans leur dernier album), "Flash Delirium", extrait de "Congratulations", leur second album injustement dédaigné, ils refont marche arrière sur les débuts avec "Oracular" puis "Of Moons, Birds & Monsters".

En fait, c'est sur "Oracular" que ça nous a soudain pété à la figure: entourés de leurs quatre acolytes, Andrew Van Wyngarden et Ben Goldwasser jouent décidément sans joie. Comme s'ils étaient contraints d'offrir en pâture ces vieux morceaux joués mille fois et qu'ils ne peuvent plus encadrer pour contenter le public. Comme si c'était la seule façon de payer les factures et de pouvoir continuer à faire ce qu'ils aiment.
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A quand le décollage ?
Oui, ce soir ils jouent sans fougue, sans entrain. Ca ne décolle pas. La poignée de fans un peu motivés du premier rang nous donne raison : Ils semblent rincés après 30 secondes de chaque grand morceau. Le rythme est ramollo, poussif, baltringue. On en chialerait de dépit.

Seul "Your Life is a Lie", dont le titre à lui seul en dit long, extrait du dernier album, enchaîné au hit "Kids", réveille un peu la torpeur générale au coeur du show. De même que l'apparition au-dessus de leurs têtes d'une soucoupe volante clignotante télécommandée au rappel.

Où est passée la magie de ce groupe si prometteur ? Qu'est-il arrivé à Andrew, le bel éphèbe blond aux tenues hippies tout en foulards légers et tuniques transparentes qui mettait la fièvre au Bataclan il y a quatre ou cinq ans ? Il ressemble ce soir à un fonctionnaire du rock au look sage (chemise en jean's sur T-shirt) et son oeil, dissimulé par une touffe de boucles, ne brille plus.

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MGMT reste un grand groupe
Pourtant, MGMT n'est pas le groupe d'un seul album, ce "Oracular Spectacular" dont le hit planétaire "Kids" leur a valu le genre de notoriété monstrueuse dont ils ne voulaient surtout pas.

Malgré la déception de cette prestation qui aura duré à peine une heure trente, les new-yorkais rappellent paradoxalement ce soir qu'ils sont un grand groupe sur la durée. Car la playlist, piochée dans leurs trois albums (sept chansons du premier, quatre du second et cinq du dernier, si nos comptes sont bons), est absolument impeccable.

De "Week-end Wars" (Oracular Spectacular, 2007) à "Alien Days" (MGMT, 2013), en passant par "I Found a Whistle" (Congratulations, 2010), impossible de ne pas voir à l'oeuvre cette même merveilleuse science du songwriting, ce psychédélisme savamment dosé et cette grâce faite de mélodies siphonnées toujours pleines de surprises.

Les dernières compositions sont-elles trop tordues et invertébrées pour être transposées sur scène ? C'est bien possible. Cette hypothèse nous console. Car on aime toujours beaucoup MGMT. On espère juste n'avoir jamais à les revoir en si petite forme.