Les Ramones et les débuts du punk célébrés dans une exposition à New York

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Publié le 18/04/2016 à 15H41
The Ramones en 1976.  De gauche à droite: Dee Dee, Tommy, Joey et Johnny.

The Ramones en 1976.  De gauche à droite: Dee Dee, Tommy, Joey et Johnny.

© Kobal The Picture Desk / AFP

"Hey ! Ho ! Let's Go!" : le cri de ralliement des Ramones sert de titre à l'exposition que leur consacre le musée du Queens (New York) jusqu'au 31 juillet. Au travers de 350 objets, parmi lesquels les jean's troués dont ils ont lancé la mode, l'exposition ausculte la façon dont ces pionniers du punk rock ont influencé la musique et les arts, en particulier graphiques.

Le premier album des Ramones fête ses 40 ans

"Les Ramones sont tous originaires de Forest Hills (dans le quartier du Queens à New York) et les gamins grandis là deviennent soit musiciens, soit dégénérés, soit dentistes. Les Ramones sont un peu de tout ça." C’est avec ce communiqué de presse aussi honnête que caustique signé Tommy Ramone que le quatuor le plus rapide du rock fit son entrée en trombe dans l’industrie musicale en 1976. Ce résumé sert aujourd’hui d’introduction à l'exposition qui se tient à deux rues de là où a grandi le quatuor.

Sorti le 23 avril 1976, le premier album des Ramones qui contient une incroyable brassée d’inusables hymnes punk rock de moins de 2 mn30, dont "Blitzkrieg Bop", "Beat on the brat", "Judy is a punk" ou "Now I wanna sniff some glue", fête pile ses 40 ans.

Un quatuor de blousons noirs au style sauvage

Ce disque servit d’ambassadeur à un quatuor de blousons noirs à jean’s troués, baskets et coupes de cheveux au bol. Joey, Johnny, Tommy et Dee Dee jouaient vite et fort de petites mélodies pop minimalistes, des déflagrations sur trois accords aux textes simplissimes, directs et sarcastiques évoquant la prostitution masculine, l’amour ou la drogue - par exemple "maintenant je veux sniffer de la colle, maintenant je veux avoir quelque chose à faire" sur "Now I wanna sniff some glue".

Un style sauvage inédit et rebelle loin de toute virtuosité qui a donné naissance au punk rock et a inspiré des légions de kids à monter des groupes, dont Bono de U2 pour qui rien ne fut plus jamais comme avant après les avoir écoutés.
Les affiches de concerts des Ramones au Queens Museum.

Les affiches de concerts des Ramones au Queens Museum.

© Thimothy A.Clary / AFP

Une exposition à double détente de New York à Los Angeles

Imaginée conjointement par le musée du Queens et le Grammy museum à Los Angeles, "Hey ! Ho ! Let’s Go : Ramones and the birth of Punk" a bénéficié des archives des proches du groupe dont les quatre membres originaux sont aujourd'hui disparus.

Il s’agit d’une exposition en deux parties. La première s’achèvera le 31 juillet et la seconde débutera le 16 septembre à Los Angeles. Celle du Queens Museum explore les racines new yorkaises des Ramones et leur influence à la fois sur la musique et sur les arts visuels et la mode. Celle du Grammy Museum y ajoutera un volet consacré à la contextualisation du groupe dans l’histoire de la musique et de la pop culture.

Un reportage de CCTV à l'exposition Ramones au Queens Museum

350 objets prêtés par les proches

Séquencée en quatre thématiques – lieux, évènements, chansons et artistes – l’exposition qui vient de débuter dans le Queens accueille le visiteur avec une grande carte en bande dessinée montrant les lieux de New York qui ont compté pour les Ramones – domiciles, clubs… - depuis Forest Hills jusqu’au CBGB’s, une salle de concerts située dans l’East village à Manhattan où ils débutèrent et qui fut l’épicentre des débuts du punk rock américain.

Des vidéos live, de très nombreuses photos, des guitares, des pochettes, des flyers, des manuscrits de chansons signées Joey et Johnny Ramone, font partie des 350 objets présentés, de même qu’un mur entier d’affiches de concerts, dont une au Bataclan à Paris (voir le mur d'affiches ci-dessus).

Le fameux logo des Ramones signé Arturo Vega.

Le fameux logo des Ramones signé Arturo Vega.

© Ramones estate

Le logo immortel signé Arturo Vega

A la façon de Warhol avec le Velvet Underground, les Ramones jouèrent de façon artistique avec l’idée de marque et d’auto-promotion. On le voit notamment avec les T-shirts frappés de leur fameux logo ailé imaginé par le directeur artistique Arturo Vega et qui n’a pas pris une ride. Les blousons perfecto des quatre zigotos sont exposés, de même que leurs fameux jean’s troués - qui venaient en partie du fait que Johnny Ramone travaillait dans le bâtiment. La mitaine cloutée de Joey et ses vieilles baskets (des quasi Converse de chez Adidas! photo ci-dessous) attendent également le visiteur.

Des œuvres d’artistes tels que Matt Groening (le père des Simpsons), Mark Kostabi, Curt Hoppe et Shepard Fairey (alias Obey) permettent enfin de constater combien le groupe a résonné dans l’histoire de la pop culture jusqu’à aujourd’hui. Ou comment quatre petits gars du Queens qui savaient à peine jouer et rêvaient d’être Abba et de vendre six millions d’albums pour se mettre à la retraite anticipée ont changé la face du rock et de la pop culture à jamais. Gabba Gabba Hey !
On dirait des Converse mais ce sont des Adidas portées par les Ramones.

On dirait des Converse mais ce sont des Adidas portées par les Ramones.

© Timothy A.Clary / AFP

"Hey ! Ho ! Let’s Go : Ramones and the birth of Punk"
Jusqu'au 31 juillet 2016 au Queens Museum