Les Pussy Riot seront-elles "citoyennes d'honneur" de Paris ?

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Publié le 09/02/2013 à 16H33
Les Pussy Riot, le 17 février 2012 à Moscou.

Les Pussy Riot, le 17 février 2012 à Moscou.

© Sergey Ponomarev/AP/SIPA

Le Conseil de Paris doit voter lundi et mardi (11 et 12 février) pour ou contre la proposition d'Europe Ecologie les Verts (EELV) de faire des trois membres les plus connues des Pussy Riot des citoyennes d'honneur de la Ville de Paris.

Pour le député EELV Denis Baupin, qui défendra la proposition, "les actions féministes et démocrates menées par les Pussy  Riot  en Russie doivent être encouragées et défendues par notre ville car elles sont conformes à nos choix politiques". Une pétition d'EELV a été lancée en ce sens.

Le Conseil de Paris avait déjà adopté en septembre à l'unanimité, sur proposition des écologistes, un voeu de soutien au groupe punk féministe, dont deux membres sont toujours en détention à la suite de leur "prière punk" anti-Poutine de quelques secondes chantée en février dernier dans la cathédrale du Christ Saint-Sauveur de Moscou.

Deux jeunes femmes toujours en camps de travail
Pour rappel, Nadejda Tolokonnikova, Ekaterina Samoutsevitch et Maria Alekhina ont été ont été condamnées, le 17 août 2012 après presque six mois de détention provisoire, à deux ans d'emprisonnement en camp de travail pour "hooliganisme" et "incitation à la haine religieuse".

Si Ekaterina Samoutsevitch a été libérée en appel en octobre, les deux autres, Maria Alekhina et Nadejda Tolokonnikova, purgent deux ans dans des conditions difficiles. Nadejda et Maria sont détenues dans des camps en Mordovie et dans l'Oural, deux régions très éloignées de Moscou, et de nombreux observateurs ont dénoncé leurs conditions de détention et les entraves manifestes à leur liberté d'expression.

EELV dénonce "les basses oeuvres" de Poutine
Au début de l'année, alors que l'affaire de l'exil fiscal de Depardieu en Russie battait son plein, EELV avait comparé l'attitude du président russe vis-à-vis de l'acteur français et vis-à-vis des Pussy Riot.

"Les basses oeuvres de Vladimir Poutine dépassent désormais les mesures autoritaires menées à l'encontre de son propre peuple : en accordant la nationalité russe à Gérard Depardieu, (il) s'en prend indirectement à la solidarité française et renouvelle son attachement décomplexé à l'argent", avaient dénoncé les écologistes.

"Il honore aussi l'acteur français après son soutien déplorable au président tchétchène Ramzan Kadyrov ou sa proximité affichée avec la fille du dictateur ouzbek Islam Karimov", avaient-ils souligné.

Parmi les citoyens d'honneur de la Ville de Paris figurent la lauréate iranienne du prix Nobel de la paix Shirin Ebadi, la Franco-Colombienne Ingrid  Betancourt ou la Birmane Aung San Suu Kyi.
Un clip de soutien international pour les Pussy Riot, initié par la chanteuse Peaches.