Le chanteur des Eagles of Death Metal met en cause les vigiles du Bataclan

Par @Culturebox
Mis à jour le 11/03/2016 à 11H45, publié le 11/03/2016 à 11H38
Jesse Hugues, le chanteur des Eagles of Death Metal, à Bruxelles, le 25 février 2016

Jesse Hugues, le chanteur des Eagles of Death Metal, à Bruxelles, le 25 février 2016

© Jonas Roosens / Belga / AFP

Jesse Hughes, le chanteur des Eagles of Death Metal, le groupe qui se produisait au Bataclan au moment des sanglants attentats de Paris le 13 novembre, estime que l'attaque a été préparée de l'intérieur de la salle de concert, exprimant des soupçons à l'encontre des vigiles. Des accusations immédiatement qualifiées d'"insensées" et "diffamatoires" par la salle de spectacles.

Jesse Hughes, le chanteur et guitariste des Eagles of Death Metal, a  déclaré qu'il s'était très vite senti mal à l'aise quand il était arrivé au  Bataclan le 13 novembre et qu'un vigile en coulisses l'avait évité du regard.
              
"Il  ne me plaisait pas du tout. Et je suis allé voir le promoteur pour lui demander 'qui c'est ce type? Je veux quelqu'un d'autre'", a raconté Jesse Hughes dans une interview diffusée mercredi soir sur la chaîne américaine Fox Business.
              
"Il m'a alors répondu que 'certains vigiles ne sont pas encore là'. Et j'ai découvert finalement que six vigiles ne s'étaient jamais présentés", a  poursuivi Jesse Hughes.
              
"Ca semble évident qu'ils (les vigiles) avaient une raison de ne pas venir", a-t-il dit.

Le Bataclan défend le professionnalisme de ses équipes

Le Bataclan a réagi en estimant que "les déclarations insensées de M. Jesse Hughes sont à mettre sur le compte du lourd traumatisme subi".
             
 "Une instruction judiciaire est en cours", a ajouté l'équipe de la salle dans un communiqué.  "Nous souhaitons laisser la justice travailler sereinement".
              
"Tous les témoignages recueillis à ce jour démontrent le professionnalisme et le courage des équipes de sécurité", a-t-elle poursuivi, en soulignant que "des centaines de personnes ont vraisemblablement été sauvées grâce à leur intervention".

Pour le chanteur, des spectateurs ont eu un comportement "atypique"

Alors que les rockeurs jouaient sur scène, des assaillants ont ouvert le  feu, tuant 90 personnes. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière parmi celles qui ont endeuillé  Paris ce jour-là. Revendiquées par le groupe jihadiste Etat islamique, elles ont fait au total 130 morts et 350 blessés.
               
Jesse Hughes a raconté qu'un des assaillants avait permis à trois fans de s'enfuir, y voyant une autre preuve que les tueurs connaissaient bien la salle parisienne.
              
Le chanteur a évoqué une hypothèse similaire dans un entretien au magazine Vanity Fair, affirmant que "les terroristes étaient déjà dans le Bataclan avant le concert" et qu'il regrettait de ne pas avoir "suivi (son) instinct" quand le preneur de son a repéré deux personnes dans la salle avant le concert qui avaient un comportement et un accoutrement atypiques pour des fans de rock.

Un défenseur des armes à feu

Hughes est connu pour ses prises de position droitières, atypiques dans le monde du rock, défendant par exemple le port d'armes aux Etats-Unis.
              
Sur Fox Business, il a expliqué qu'il ne défendait pas forcément la détention d'armes mais souhaitait que les fans aient les moyens de se défendre.
              
"Je ne veux tirer sur personne, je détesterais faire ça", a-t-il déclaré, visiblement ému. "Mais je ne veux pas laisser des mauvais types tuer les miens et je ne veux pas être un minable."