La pièce imaginée par David Bowie débute mercredi à Broadway : tout ce qu'il faut savoir

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 18/11/2015 à 18H16, publié le 18/11/2015 à 09H53
David Bowie dans "L'homme qui venait d'ailleurs" de Nicolas Roeg en 1976.

David Bowie dans "L'homme qui venait d'ailleurs" de Nicolas Roeg en 1976.

© Ronald Grant / Mary Evans / Sipa

Les admirateurs de David Bowie retiennent leur souffle : la première de "Lazarus", le spectacle qu'il a conçu pour Broadway, est prévue mercredi soir au New York Theatre Workshop. Bowie ne joue pas dans cette pièce atypique conçue plus ou moins comme une suite à "L'homme qui venait d'ailleurs". Mais il en a imaginé l'histoire et a composé plusieurs chansons pour le show.

La pièce la plus attendue de la saison à Brodway

L'implication de Bowie a fait son œuvre : à New York, cette pièce est la plus attendue de la saison. Et les billets se sont bien sûr arrachés : en 36 ans d'existence, le New York Theatre Workshop n'avait jamais vendu autant de places en si peu de temps.

Rappelez vous. En 1976, David Bowie tenait le rôle titre dans le film de Nicolas Roeg "L'homme qui venait d'ailleurs". Un rôle d'extra-terrestre à la chevelure orange qui convenait si bien au personnage qu'il continue à coller à la peau de la plus mystérieuse des stars du rock. 40 ans plus tard, David Bowie revient sur cette histoire en l'adaptant à la scène, pour Broadway.

Cela faisait semble-t-il des années que le Thin White Duke caressait cette idée.  Lui qui fit du mime et joua durant trois mois John Merrick (le rôle titre) dans la pièce "Elephant Man" à Broadway en 1980, ne sera pas sur scène dans "Lazarus". Il a composé en revanche de nouvelles chansons pour ce spectacle, différentes de celles que contiendra son prochain album en janvier. "De nouveaux arrangements" d'anciens morceaux à lui sont également au menu du show.

David Bowie dans la pièce "Elephant Man" en 1980, dans laquelle il incarnait le rôle titre, celui de John Merrick

Une sorte de suite à "L'homme qui venait d'ailleurs"

Selon le New York Times, seul journal à avoir réussi à glaner quelques informations auprès du metteur en scène, "Lazarus" a été conçu comme une sorte de suite à "L'homme qui venait d'ailleurs", le roman de Walter Tevis de 1963 qui avait inspiré Nicolas Roeg pour son film.

"Lazarus" se focalise sur l'extra-terrestre Thomas Newton alors qu'il reste sur Terre. Un homme incapable de mourir, hanté par un amour passé et qui noie son chagrin dans le gin, résume le metteur en scène belge Ivo van Hove dans une interview au New York Times. "On suit Newton sur quelques jours durant laquelle l'arrivée d'une autre âme perdue va peut-être le libérer", ajoute-t-il. Il n'en dira pas plus sur la pièce.

La bande annonce du film "L'homme qui venait d'ailleurs" dans lequel Bowie incarne un extra-terrestre, Thomas Newton
La bande annonce du film "L'homme qui venait d'ailleurs" de Nicolas Roeg

Un dramaturge irlandais a écrit la pièce avec Bowie

On saura juste que ce grand fan de Bowie, venu spécialement à New York pour le voir jouer sur scène "Elephant Man" en 1980, se souvient de la façon "moderne et très personnelle" de jouer du Thin White Duke. Et qu'il s'est très bien entendu avec lui pour travailler.

C'est le dramaturge irlandais Enda Walsch qui a fait la connexion entre les deux hommes. Plus tôt cette année, Mr Walsh avait écrit la pièce en compagnie de Bowie, après avoir écouté la musique et les paroles écrites par le musicien pour ce spectacle. Dans le New York Times, Enda Walsh décrit le personnage de "Lazarus" comme "isolé, seul, brisé et instable". Et la pièce comme "un mélange de romance et de violence qui démange".

Gin, bols de céréales et négligé bleu

Le black-out a été quasi-total sur la pièce. Seul un journaliste du New York Times a été autorisé à assister à une heure de répétitions. Un peu perplexe, il rapporte l'image d'un Newton traînant en pyjama, "lapant des bols" de céréales, regardant la télé et buvant du gin. Puis chantant ce qui serait un inédit de Bowie avant de tenter une asphyxie auto-érotique avec un "négligé" bleu.

Mr Walsh confirme : "Il s'agit d'une pièce pleine de fractures; l'information arrive tard. Vous ignorez ce que vous regardez durant les premières 40 minutes." Et la fin est "triste et choquante". Une pièce qui semble aussi enigmatique que Bowie et dont les critiques auront sans doute du mal à faire le tour. 

"Lazarus" au New York Theatre Workshop
Du 18 novembre 2015 au 17 janvier 2016
79 East Eth St (Between Bowery & 2nd avenue)
New York, NY 10003