La mort de Daevid Allen, fondateur de Gong et Soft Machine

Par @annieyanbekian Journaliste, responsable de la rubrique Jazz-Musiques du Monde de Culturebox
Mis à jour le 13/03/2015 à 15H12, publié le 13/03/2015 à 14H06
Daevid Allen lors d'un concert de Gong au Mans le 18 octobre 2012

Daevid Allen lors d'un concert de Gong au Mans le 18 octobre 2012

© Olivier Blin / PhotoPQR / Le Maine Libre / MaxPPP

Le guitariste, chanteur, compositeur et poète australien Daevid Allen, fondateur de Gong et cofondateur de Soft Machine, célèbres groupes de rock progressif et de fusion, est mort vendredi des suites d'un cancer, ont annoncé des médias britanniques parmi lesquels "The Guardian". En février, il avait révélé que les médecins ne lui donnaient pas plus de six mois à vivre. Il avait 77 ans.

Au début du mois de février, Daevid Allen avait annoncé que le cancer pour lequel il avait été soigné antérieurement avait récidivé et atteint l'un de ses poumons. Le musicien expliquait alors qu'il n'avait plus envie de subir des "opérations chirurgicales sans fin" et adressait ses remerciements à ses amis, dans une déclaration publiée notamment par le journal britannique "The Guardian".

Né le 13 janvier 1938 à Melbourne, David Aellen s'installe en Angleterre en 1961 après un bref passage à Paris. En 1966, il cofonde The Soft Machine avec Robert Wyatt, Kevin Ayers et Mike Ratlege.
Soft Machine : "Moon in June", le 22 août 1969 au Bilzen Jazz Festival
En 1970, Daevid Allen lance en France un autre groupe, Gong, dans lequel on retrouve entre autres le flûtiste français Didier Malherbe, la chanteuse Gilli Smyth, Tim Blake aux synthétiseurs et Pip Pyle à la batterie.

Allen s'est installé en France à la suite d'un fâcheux problème administratif : après une tournée européenne, le musicien australien n'a pas eu l'autorisation de regagner le Royaume-Uni, son visa ayant expiré. À Paris, il prend part aux manifestations de Mai 68.
Gong : "I never glid before", à la télévision française en 1973
Après un premier disque intitulé "Magik Brother" (1970), puis le fameux "Camenbert électrique" (1971), Gong enchaîné d'autres albums restés célèbres comme "Flying Teapot" (1973), "Angel's Egg" (1973) et "You" (1974), qui constituent la fameuse trilogie Radio Gnome Invisible du groupe, qui relate les aventures facétieuses de Zero the Hero.

Daevid Allen quitte Gong en 1975 pour entamer une longue carrière solo ponctuée de retours épisodiques avec ses anciens acolytes du groupe franco-britannique qui se sont orientés, entre-temps, vers le jazz-rock. Gong se reforme par exemple pour un concert en mai 1977 à l'Hippodrome de Paris.

Dans les années 80, la carrière de Daevid Allen, rentré en Australie en 1981, sera moins prolixe (avant de redémarrer dans les années 90). L'artiste s'occupe de poésie et apprend le rebirth, une méthode de développement personnel née dans les années 60 aux USA.

Il revient au Royaume-Uni en 1988 et y fonde la Compagnie d'opéra invisible du Tibet (C.O.I.T.) avec un vieux complice de Gong, Didier Malherbe. La nouvelle formation sort l'album "Gong Maison" en 1989, scellant le retour du groupe. Dans les années 1990 et 2000, les anciens membres de Gong se retrouvent régulièrement sur scène. Un dernier album, "I see you", est sorti en novembre 2014.