Joy Division: un projet de musée pour la maison de Ian Curtis

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 06/10/2015 à 09H54, publié le 05/10/2015 à 19H31
Ian Curtis en concert avec Joy Division à l'Electric Ballroom de Londres en 1979.

Ian Curtis en concert avec Joy Division à l'Electric Ballroom de Londres en 1979.

© Steve Richards / Rex Fe/REX/SIPA

En février dernier, après l'échec d'un groupe de fans de Joy Division pour racheter la maison du chanteur Ian Curtis, un mystérieux acquéreur était soudain sorti de l'ombre. Le bâtiment où Ian Curtis s'est donné la mort était déjà vendu (125.000 livres) mais Hadar Goldman avait surenchéri de 75.000 livres pour la gagner. Aujourd'hui, cet homme a un projet de musée et plus encore pour ce lieu.

Joy Division est l'équivalent d'un Rembrandt

Dans un entretien au Guardian, Hadar Goldman, entrepreneur et musicien, justifie son achat. Pour lui, "Joy Division est un Rembrandt moderne" et la maison en briques de Macclesfield (petite ville au sud de Manchester), où le dépressif Ian Curtis vivait et s'est pendu le 18 mai 1980 à lâge de 23 ans, possède "une énergie brute".

Fan du groupe de Manchester, il souhaite ouvrir dans ce lieu un musée Joy Division couplé à "un centre digital" de soutien aux musiciens et aux artistes du monde entier. 

Bernard Sumner pas convaincu par le projet

Si elle est de nature à réjouir les fans du groupe post-punk, l'idée ne fait pas l'unanimité chez les anciens membres de Joy Division.

Peter Hook soutient le projet alors que son rival Bernard Sumner est contre. Le guitariste dit craindre que la maison du 79 Barton street ne devienne "un monument au suicide". 

Hadar Goldman répond que "le temps passe. Il nous reste de la grande musique" et qu'il "n'y a rien de sinistre" là dedans. Il pense même à ouvrir au public la cuisine où Ian Curtis a mis fin à ses jours car "on crée de la demande en interdisant les choses". Or, selon lui, dans cette fameuse cuisine qu'il a visitée, on ne peut pas sentir ce qui s'est passé.

Dialoguer avec le futur

Actuellement, le nouveau propriétaire, qui avait 15 ans lorsque Joy Division a publié l'album "Unknown Pleasures" en 1979, explique être dans la phase la moins excitante: celle des négociations avec les autorités. Si la maison était encore dans son jus, il aurait souhaité conserver les lieux en l'état.

Faute de quoi, plutôt que de recréer le décor d'origine, il compte honorer l'instinct avant-gardiste de Ian Curtis en invitant de jeunes architectes de l'Université de Manchester à réfléchir à un réaménagement du bâtiment. "Entamons un dialogue avec demain plutôt qu'un voyage dans la mémoire", conclut-il. Rendez-vous lorsqu'une plaque sera apposée sur la maison, "d'ici six mois".