John Cale fait revivre le Velvet Underground : un concert rare à la Philharmonie

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/04/2016 à 09H06, publié le 04/04/2016 à 09H05
Le groupe Velvet Underground en concert à Londres en 1993

Le groupe Velvet Underground en concert à Londres en 1993

© HERBIE KNOTT/REX/REX/SIPA

Tête pensante du Velvet Underground, John Cale a fait revivre le mythique groupe new-yorkais dimanche soir à la Philharmonie de Paris, le temps d'un concert rare et intense avec en guest-stars les Libertines, Lou Doillon et le rappeur Saul Williams. Ce concert était organisé en marge de l'exposition que la Philharmonie consacre au Velvet jusqu'au 21 août.

De "I'm Waiting for the man" à "Sister Ray", le multi-instrumentiste gallois de 74 ans a fait, comme sur les disques du quartet, alterner ballades et morceaux plus expérimentaux, pendant deux heures électriques. Rejouant le célèbre "album à la banane" de 1967 mais également des titres de "White Light/White Heat" (1968), 2e album tout aussi adulé par des générations de musiciens.

Entré sur scène avec une banane à la main, John Cale, pilier du groupe avec Lou Reed (mort en 2013) n'a pas boudé son plaisir en reprenant l'obsédante "Venus in Furs" à l'alto électrique ou "Sunday morning". Derrière lui, défilaient sur un écran géant images psychédéliques et photos de ses anciens camarades, de Nico ou de leur protecteur Andy Warhol, rappelant les projections qui rythmaient déjà les concerts du Velvet.

En costume noir, l'élégant musicien, qui a au long de sa carrière multiplié les collaborations, a laissé Pete Doherty et Carl Barât (Libertines) déployer toute leur énergie pour un fulgurant "European Son" de 10 minutes ou encore "Run run run". Les Américains d'Animal collective ont mis leur touche folk et rythmique à "There she goes again". La chanson "All tomorrow's parties", hier interprétée par Nico, avait été confiée à l'Américain Mark Lanegan mais "Femme fatale" réservée à Lou Doillon, à Etienne Daho est revenu le doux "I'll be your mirror".
Le 29 Janvier 1972, le groupe du Velvet Underground (Lou Reed, John Cale et Nico) s'est reformé à l'occasion d'un concert donné sur la scène du Bataclan de Paris
Aux Inrocks sorti mercredi, John Cale avait confié son "regret" que la  carrière du Velvet ait été si brève (5 ans): "nous aurions pu faire beaucoup plus ensemble. Mais c'était impossible, Lou ne voulait plus continuer." "Le but était de combiner le rock'n'roll et la musique d'avant-garde. Pour créer un nouveau genre. Nous partagions un goût du risque", raconte-t-il, même si "secrètement nous étions fans et un peu jaloux des Beatles". Les membres du groupe se sont ponctuellement retrouvés pour interpréter leurs titres, notamment en 1993.

Aujourd'hui, "Lou, Nico et Sterling (Morrison, le guitariste, ndlr) sont morts, et Moe (Tucker, la batteuse) ne prend pas l'avion. Je serai le seul membre original sur scène. Ca me laisse songeur. Mais je savais qu'un jour ou l'autre il me faudrait affronter ces fantômes, alors autant le faire avec élégance," a-t-il dit à l'hebdomadaire.

Devant une grande salle comble, Cale a dit "merci Paris!". "On vous aime, et n'oubliez pas, n'oubliez pas, ce que vous nous avez appris. Si vous avez un coeur noble, c'est pour toujours", a-t-il lancé.