Joe Jackson, 16 nouvelles chansons pour un retour gagnant

Par @pygrenu Rédacteur en chef de Culturebox
Publié le 07/10/2015 à 15H44
Joe Jackson le 11 novembre 2012 à l'Olympia à Paris

Joe Jackson le 11 novembre 2012 à l'Olympia à Paris

© SADAKA EDMOND/SIPA

Quatre titres enregistrés à New York, quatre autres à Amsterdam, puis à Berlin, avant de conclure à la Nouvelle Orléans. Joe Jackson a réuni ses fidèles pour nous offrir une collection de seize titres magnifiques.

Voilà sept ans que l'artiste anglais n'avait pas sorti d'album "original". "The Duke" (2012) était un hommage à son idole Duke Ellington, et ses quatre autres disques édités entre 2009 et 2012 des live ou des sessions radio. Excellente nouvelle, Joe Jackson a retrouvé la recette de sa potion magique et "Fast Forward" contient de magnifiques pépites qui n'auraient pas dépareillé dans ses albums cultes "Night and Day", "Body and Soul", voire même, pour certains, dans le tout premier "Look Sharp".

Après s'être parfois égaré dans des aventures symphoniques de qualité inégale, il s'est concentré cette fois sur des mélodies efficaces qui, derrière leur apparente simplicité, cachent une grande sophistication. Ce nouvel album est en réalité l'addition de quatre EPs (le projet initial prévoyait d'ailleurs de les sortir isolément), enregistrés dans des lieux différents, avec des musiciens et des ambiances spécifiques.

A New York, Joe Jackson a retrouvé son piano et son équipier de toujours, le bassiste Graham Maby, ainsi que Bill Frisell (guitare), Regina Carter (violon) et Brian Blade (batterie). Le résultat de cette session est extra : les somptueux "Fast Forward" et "King of the City" tout en dégradés, "If it wasn't for You" plus rock, et une reprise tonique et colorée de "See No Evil" de Television.

Deuxième étape : Amsterdam, et les retrouvailles avec les camarades de Zuco 103 (les deux Stefan, Kruger et Schmid) et le Concertgebouw Orchestra. Le jeune Mitchell Sink, 14 ans, pose sa voix cristalline sur le très pur "Far away".  

A Berlin, Joe Jackson signe le pêchu "Junkie Diva", soutenu par les Américains Greg Cohen (basse) et Earl Harvin (batterie) et un étonnant "Good Bye Johnny", reprise d'une chanson "cabaret" allemande des années 30.

Son périple musical s'achève à la Nouvelle Orléans, avec quatre dernières chansons portées par une section cuivre (emmenée par le saxophoniste Donald Harrison) et trois des membres de Galactic, un groupe qui fusionne jazz, hip-hop et funk depuis le milieu des années 90. "Neon Rain", "Satellite", "Keep on Dreaming" et "Ode to joy", tous très réussis, se signalent par leur chaleur et leur ampleur.  

Dans les studios européens ou nord-américains, Joe Jackson est au mieux de sa forme, sa voix est intacte, à peine différente de celle du jeune homme adoubé par le mouvement punk à la fin des années 70. Musicien complet, toujours en quête de nouvelles expériences, il signe, à 61 ans, un magnifique retour gagnant.

Joe Jackson – "Fast Forward" (verycords)