Jacques Higelin : une autobiographie et un week-end à la Philharmonie

Par @Culturebox
Publié le 08/10/2015 à 15H54
Jacques Higelin sur scène en mars 2014.

Jacques Higelin sur scène en mars 2014.

© PhotoPQR/L'Alsace/Vincent Voegtlin/ MaxPPP

Actualité chargée pour Jacques Higelin, qui fête cette année ses cinquante ans de chanteur-enchanteur (ne lui parlez pas de carrière). D'abord, il publie ces jours-ci une autobiographie, "Je vis pas ma vie, je la rêve". Ensuite, il est l'objet d'un week-end spécial très copieux à la Philharmonie de Paris du 23 au 25 octobre. Enfin, il promet un album pour l'an prochain.

"Dire mon amour de la vie"

"Moi, je veux continuer à dire mon amour de la vie, c'est tout, même s'il y a des moments où je suis vraiment déprimé, révolté, par tout ce que je lis ou vois à la télévision", confie à l'AFP Jacques Higelin, qui fête ses 75 ans le 18 octobre. "Il y a vraiment des horreurs dans le monde, mais moi, je n'ai pas envie de véhiculer ça. Semer la terreur dans une âme d'enfant, c'est vraiment dégueulasse".

Estimant avoir "eu la chance de naître enchanté", Jacques Higelin fête cette année ses 50 ans de carrière. C'est en effet en 1965 qu'il a enregistré ses premiers disques, reprenant des chansons de Boris Vian à l'initiative du producteur Jacques Canetti. "Jacques Canetti m'avait déjà vu en audition quand j'avais 15 ans. J'étais allé le voir au Trois Baudets, mais il avait dit à ma mère qu'il ne prenait pas d'enfants. Il avait promis qu'il viendrait me voir dix ans plus tard. Et dix ans après, alors que je passais à la Vieille Grille, il est vraiment venu!", se souvient Jacques Higelin, regard malicieux sous ses cheveux gris.

La suite s'écrit avec ses propres textes. Le trio joyeux qu'il forme avec Brigitte Fontaine et Areski Belkacem à la fin des années 60, le virage rock au milieu des années 70 avec "BBH 75", "Alertez les bébés!" et le succès du double album "Champagne/Caviar" en font un chanteur inclassable et incontournable, un pied dans la poésie, un autre dans le rock.

Autobiographie Jacques Higelin couverture

Une autobiographie comme un "merci"

Sa "carrière", un mot qu'il déteste, Jacques Higelin la raconte dans un livre co-écrit avec la journaliste Valérie Lehoux de Télérama, "Je ne vis pas ma vie, je la rêve" (Fayard), en librairie lundi prochain.

Dans cette autobiographie qui lui ressemble, alerte et foisonnante, il passe vite sur les mauvais moments mais prend le temps de saluer ceux qui l'ont "fait": une directrice d'école qui le pousse à être artiste, le guitariste et ami Henri Crolla, son frère Paul ou Charles Trénet.

"J'ai la chance d'avoir le bonheur de chanter, il faudrait quand même pas que je me plaigne. Les règlements de comptes, je les garde pour moi, c'est un livre qui remercie les gens qui m'ont nourri", explique le chanteur qui, pour écrire cet ouvrage, est retourné sur les traces de son enfance, à Chelles en Seine-et-Marne.

C'est un Jacques Higelin sensible, fantasque et hors du temps qui apparaît dans ce livre, qui mêle confidences d'Higelin et anecdotes savoureuses sur l'homme et sur le making of de l'ouvrage par Valérie Lehoux. Un Higelin exigeant, capable de recommencer un concert de la première à la dernière chanson parce qu'il n'est pas content de sa prestation. "J'ai vu Izïa récemment, elle a fait la même chose, elle a refait une chanson en concert. Elle est généreuse, Izïa", dit le chanteur, admiratif des carrières respectives de sa fille, la rockeuse Izïa, comme de son fils, le pianiste Arthur H.

Un week-end à la Philharmonie

Pour fêter ses 50 ans de carrière, Higelin est à l'honneur pendant un week-end entier, du 23 au 25 octobre, à la nouvelle Philharmonie de Paris, sortie de terre près de chez lui, porte de Pantin.

Le vendredi c'est lecture de Lettres d'amour à Jacques : la comédienne et réalisatrice Sandrine Bonnaire, accompagnée de Rodolphe Burger, lit en musique les lettres d'amour écrites par le public et adressées au chanteur. Sur son site, où de nombreuses lettres sont visibles, on trouve par exemple celle de Maelle, qui commence ainsi : "Quand tout a l’air petit, mesquin autour, que tes amis se rabougrissent de chagrin ou d’ennui, qu’il n’y a pas d’amour, que tes chaussettes collent au sol, putain, souffles ! Y a Higelin ! Il est là pas loin, avec sa liberté à déchaîner des nonnes, à te faire rire même quand tu te dis que tu vas crever...". 

Le samedi c'est Higelin Symphonique : Jacques Higelin entouré de ses musiciens dont le fidèle Dominique Mahut aux percussions, donne un concert symphonique avec l'Orchestre National d'ïle-de-France sur des arrangements de Bruno Fontaine. On peu s'attendre à le voir piocher généreusement dans tout son riche répertoire.

Le dimanche c'est "Champagne!" avec un concert hommage de fans nommés Catherine Ringer, Jeanne Cherhal ou la Grande Sophie, ainsi que, l'après-midi la projection à 16h du documentaire "Ce que le temps a donné à l'homme" que lui a consacré Sandrine Bonnaire (également diffusé le 1er novembre sur Arte). "C'est un cadeau incroyable pour moi, qui n'apparais jamais dans aucune nomination ou dans les personnalités préférées dans les journaux", savoure celui qui n'a jamais été sacré aux Victoires de la musique.

Enfin, un nouvel album "plein d'énergie positive", enregistré cet été avec ses complices Mahut, Rodolphe Burger et Edith Fambuena, est annoncé pour le début 2016.