Festival Rock en Seine

du 25 au 27 août 2017

6 bonnes raisons de suivre La Femme

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 21/08/2013 à 14H50, publié le 21/08/2013 à 11H06
Le groupe La Femme sur scène.

Le groupe La Femme sur scène.

© JF Julian

Qui est cette Femme mystérieuse qui hante les festivals et met le feu à toutes les scènes depuis 2 ans ? Plus qu'un groupe, La Femme est un collectif à géométrie variable fondé à Biarritz par deux amis d'enfance et basé désormais à Paris. Leur premier album auto-produit, "Psycho Tropical Berlin", sorti ce printemps, est un petit bijou de "strange wave" à découvrir à Rock en Seine samedi 24 août.

1 - La Femme est née surfeuse
La Femme a été fondée par Marlon (chant, claviers) et Sasha (guitare), noyau dur du collectif, qui ont usé leurs méninges dans le même collège de Biarritz. Une ville de la côte basque connue pour ses vagues où l'on naît une planche de surf à la main. Alors qu'ils ont déjà une démo en poche, une amie, Pandora Decoster, artiste et surfeuse, les incruste dans la programmation des championnats du monde à Biarritz. Ils n'ont pas 20 ans (22 ans de moyenne d'âge aujourd'hui) et doivent jouer devant 5000 personnes. Ce sera leur baptême du feu et leur baptême tout court. Dieu a créé La Femme. Début 2011, le collectif sort "Sur la Planche", premier single ravageur et entêtant de surf-pop synthétique dont le refrain dit : "Sur la planche, sur le sable, je recherche des sensations". La vague est lancée.
 
2 - La Femme est plurielle
Cherchez La Femme, vous trouverez surtout des hommes. Il y a bien deux chanteuses principales aujourd'hui dans le groupe biarrot, dont Clémence, mais les musiciens sont tous des garçons. Autour de ce noyau dur, quelques figures féminines (maquilleuse, artistes) complètent ce collectif ouvert et pluridisiplinaire (musiciens mais aussi vidéastes et couteaux suisses). Pas plus féministes que ça donc. Mais Marlon et Sasha disent avoir "tout sacrifié" pour La Femme, assurant bosser "jour et nuit" pour lui donner corps. Le surf leur ayant sans doute inoculé un fort esprit d'indépendance, ils n'ont voulu laisser à personne d'autre qu'eux le soin de s'occuper de leur créature de rêve. Ils ont donc monté leur propre maison d'édition, les Disques Pointus, et signé un contrat de licence avec une major (Universal).

3. La Femme a accouché d'un premier album réjouissant
Publié en avril 2013, "Psycho Tropical Berlin" est un disque de surf pop synthétique sous forte influence vintage qui fait souffler un vent de fraîcheur inédit sur le rock d'ici. Un disque mêlant les guitares surf rock aux rythmes électroniques, qui ne cache aucune de ses influences mais les synthétise avec brio. Celles-ci vont du Velvet Underground à Kraftwerk en passant par le rockabilly, le psychobilly, les Yéyés, Dutronc, Gainsbourg (et les arrangements de Vannier), Jacno et Marie et les Garçons. On pense beaucoup aux deux derniers d'emblée et aux fameux "jeunes gens modernes" des années 80, avant d'apprécier au fil des écoutes la variété et la complexité des approches et des climats qui s'inspirent aussi du cinéma. La Femme, elle, propose une myriade de doux noms pour définir son style musical : "Strange wave", "Witch wave", "Surf punk" ou "Debile new wave". Faites votre choix.
4 - La Femme cause en français
C'est assez rare chez les groupes de rock d'ici pour le souligner : La Femme chante en français. Ce n'est pas un choix forcené car pour eux, la langue a peu d'importance : ils considèrent (à raison) la voix comme un instrument. Mais puisque ses mots ont un sens, de quoi cause la donzelle ? De choses abstraites ou quotidiennes ("Anti-taxi" qui répète comme un mantra "Prends le bus, prends le bus"), d'anticipation (Time to Wake Up 2023 : "Une nouvelle ère a commencé/Dans ton corps une puce électronique/Volontaire obligatoire..."), de spleen (Saisis la corde) et de femmes maléfiques "aux ongles tentaculaires" (La Femme) et autres "nuit noire d'Halloween" et "crépuscule soporifis" (Hypsoline). Des paroles cryptées, ironiques ou piquantes,  toujours détachées et un poil snobs, dont le phrasé compte plus que le fond. "On adore plaquer des paroles sombres et violentes sur des musiques peace et happy" résume Marlon.
6 bonnes raisons de suivre La Femme 6 bonnes raisons de suivre La Femme
5 - La Femme a du style
Cette nana là ne laisse rien au hasard et ménage ses effets côté tenues. Elle a toujours du chien. Sur scène, les zèbres stylés de La Femme arboraient à leurs débuts des chevelures blondes à la limite du blanc, en hommage au Village des Damnés de John Carpenter. A la Cigale, on les a vus tous vêtus de blanc. Puis plus tard encore avec des  colorations capillaires diverses et variées, et enfin arborant sur des photos de presse des looks rétro franchouille à la "Inglorious Bastards" de Tarantino. Le collectif soigne aussi beaucoup ses clips, faits maison. Regardez en particulier 'Hypsoline" (ci-dessous) et "It's Time to Wake Up (2023)" (ci-dessus), condensé de leurs fantasmes et de leurs références cinématographiques.
6 - La Femme met le feu sur scène
Ils ont peut-être 22 ans de moyenne d'âge mais déjà 250 concerts au compteur. Car avant de déferler sur la France, et d'écumer les festivals d'ici, La Femme est passée par la case Amérique d'où elle nous est revenue en boomerang. Entre "Sur la Planche" et le premier album, le collectif a en effet réussi, en misant sur sa bonne mine exotique de frenchies, à organiser une tournée d'une trentaine de dates aux Etats-Unis. Une tournée underground façon vaches maigres, avec haltes improvisées sur canapés crasseux à Los Angeles ou Philadelphie, de ces épopées qui forgent la jeunesse et le storytelling mythique d'un groupe. Autant dire que La Femme, qui a sévit dans tous les contextes, de petites salles en bars louches, caves et même bateaux, sait électriser un public. Aux Vieilles Charrues, Sasha a littéralement surfé (en surf et maillot) sur le public, cette incroyable photo l'atteste. La vague La Femme n'est pas prête de retomber.

La Femme est au Festival Rock en Seine samedi 24 août 2013 (17h55 scène de la Cascade)