Hanni El Khatib, de la Flèche d'Or à Rock en Seine

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/07/2014 à 15H37, publié le 17/08/2013 à 11H57
Hanni El Khatib

Hanni El Khatib

© Guy Lowndes

Il y a bientôt deux ans, son premier album rallumait la mèche rockab' avec toute la fougue et la morgue des prétendants. Le bad boy américain est revenu au début de l'été avec « Head in the dirt », un second album plus varié produit par un des deux Black Keys. Il sera à Rock en Seine le vendredi 23 août.

Moins d'urgence, plus de complexité
« Il a moins faim. Moins la niaque. Il ne mord plus. » C’est ce que nous avons pensé après les 5 premières minutes du concert de Hanni El Khatib en showcase à la Boule Noire le 26 février dernier. Terminé le son garage primitif et l’urgence que nous avions tant aimés sur le ravageur «Will the guns come out » et sur scène la première fois que nous l’avions vu à la Flèche d’Or.

Oublié le minimalisme sauvage à deux avec son copain Nicky à la batterie : le Californien d'origine philippine et palestinienne est désormais flanqué sur scène de deux musiciens à cheveux longs et perfecto de cuir (guitare, basse-claviers) en compagnie desquels il présente un rock plus abouti, plus complexe, plus mature. Et fait finalement moins de boucan à quatre aujourd’hui qu’à deux hier.

Y gagne-t-on ? Tout est ici affaire de point de vue. Si l’on aime le rock castagneur, bien teigneux, sexy et inflammable à la The Kills ou Jon Spencer, on risque de faire la moue. Si on l’aime au contraire bien peigné, référencé et technique, un peu Kings of Leon sur les bords, on ne peut qu’applaudir ce tournant. D’autant qu’Hanni el Khatib reste un guitariste explosif et une vraie bête de scène qui fait crier les filles.
Un album enregistré avec un Black Keys à Nashville
A la manœuvre derrière le virage opéré sur ce nouvel album, on trouve Dan Auerback, le guitariste des Black Keys, le groupe de rock (à deux) le plus adulé aux Etats-Unis ces deux dernières années, qu’Hanni a rencontré dans un bar parisien (!).  Un disque enregistré en trois semaines, de façon «simple et facile» à Nashville, une ville imprégnée de sonorités country où Hanni a particulièrement apprécié « le bluegrass ». Cela s’entend.

«J’avais besoin d’évoluer », analyse le rocker tatoué dans Tsugi Magazine. « Quand j’étais seul avec ma musique, il y avait beaucoup de choses que je ne pouvais pas faire. Là, tout était possible. Dan joue de la guitare avec moi sur le disque et je peux faire des solos. J’ai pu (…) laisser libre cours à mes envies. »

Hanni n’a pas qu’arrondi les angles, il a aussi complexifié et diversifié son propos musical. Et s'il exude moins sur scène aujourd’hui le plaisir spontané et la jouissance à faire du bruit constatés à ses débuts, c’est que les choses deviennent sérieuses. Fini de rigoler. « Head in the Dirt » , taillé pour les grandes arènes plus que pour les rades miteux, est le marchepied susceptible de le mener sur la première marche du podium. 

Hanni El Khatib "Head in the Dirt" (Innovative Leisure/ Because)
En concert le 23 août à Paris (Rock en Seine), le 24 août à Charleville-Mézières (Cabaret Vert). Hanni el Khatib sera de nouveau en tournée en novembre aux quatre coins de France (Bordeaux, Marseille, Clermont, Dijon, Lille, Caen, La Rochelle...)