Douze ans de Rock en Seine : 5 souvenirs de François Missonnier

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 26/08/2015 à 17H35, publié le 26/08/2015 à 15H52
François Missonnier, fondateur du festival Rock en Seine.

François Missonnier, fondateur du festival Rock en Seine.

© Rock en Seine

Fondateur de Rock en Seine (mais aussi de Europavox), François Missonnier est un organisateur aguerri qui connaît bien les émotions en dents de scie de ce genre d'évènements, de l'euphorie aux sueurs froides. A quelques heures de la 12e édition de Rock en Seine, cet admirateur de The Clash nous livre quelques uns de ses souvenirs de hauts et de bas.

Le souvenir le plus drôle ?
François Missonnier : C'est un souvenir à la fois drôle et ultra jouissif au plan musical. En 2009, nous annonçons dans la programmation un groupe baptisé Les Petits Pois sur la Scène de la Cascade (la seconde en terme de taille à Rock en Seine NDLR). Il s'agissait en réalité de Them Crooked Vultures, un super groupe qui a existé le temps d'un album et de quelques concerts avec Dave Grohl (Foo Fighters) à la batterie, Josh Homme (Queens of the Stone Age) au chant et à la guitare, et John Paul Jones (Led Zeppelin) à la basse. C'était une blague du début à la fin. Les Petits Pois était un groupe mystère, personne dans le public ne savait de qui il s'agissait. Là-dessus les trois lascars déboulent sur scène et donnent une heure de show phénoménal. A l'époque, l'album n'était pas encore sorti. Or le groupe a trouvé cette idée de Petit Pois très drôle. Après le concert ils sont venus nous voir pour nous demander "seriez-vous d'accord pour qu'on se rebaptise Les Petits Pois plutôt que Them Crooked Vultures ?" Finalement leur management a refusé. Dommage.
Them Crooked Vultures "Bandoliers" à Rock en Seine le 30 août 2009

La plus grosse galère ?
Facile : les annulations de dernière minute des concerts de Amy Winehouse et d'Oasis deux ans de suite. Pour moi, les deux concerts se suivaient, à un an d'intervalle, puisqu'il s'agissait de la dernière soirée de 2008 et de la première soirée de 2009. J'ai sondé mes copains organisateurs : deux annulations consécutives de cette ampleur à moins de deux heures de monter sur scène c'est un cas de figure unique dans l'histoire des festivals. En terme de galère, ça a été bien grâtiné même si la seconde fois on commençait à être rôdé. Pour autant, je ne tiens pas à ce que Rock en Seine devienne spécialiste de la question (rires).
Comment gère-t-on ce genre de souci ?
Dans ce cas là il faut gérer très vite avec nos équipes à la fois l'artistique – nous avons remplacé Oasis aussitôt par Madness qui était encore sur le site – mais aussi l'information du public et des médias avec conférence de presse. Il y a aussi l'aspect assurances, etc. Le monde s'arrête, le temps se condense.
Quelle image gardez vous du clash d'Oasis en coulisses ?
Je n'ai pas vu la guitare voler. Mais j'étais présent. Je n'ai pas une image précise, plutôt un maelstrom d'images et de sensations, une tempête sous un crâne avec 35.000 personnes qui attendent.

Programmer les Libertines (samedi 29 août en clôture) c'est un risque ?
Non, pas vraiment. Pour moi leur retour est l'évènement de cette édition. Je les ai vus en concert en novembre dernier mais de là à penser qu'ils sortiraient un album, attendu juste après le festival le 4 septembre, je ne l'aurais pas parié. Aujourd'hui je n'ai pas d'inquiétude, on suit ce qu'ils font sur scène en Angleterre, à Glastonbury ils ont donné un concert surprise très remarqué, c'est super, hyper rock et la magie sera au rendez-vous.
The Libertines "Don't Look back into the sun" à Glastonbury (26 juin 2015)

La plus grosse surprise ?
Rock en Seine ce n'est pas que des concerts. Depuis 2004 nous proposons des expositions de photos et de graphisme. La plus grande et belle surprise a été la première exposition du genre, consacrée à Claude Gassian, immense photographe qui a travaillé la matière du rock. Il craignait que ses photos n'intéressent personne dans un festival mais ça a été l'inverse. Les festivaliers s'en sont aussitôt emparés, heureux de se retrouver comme dans une bulle entre deux concerts.

La plus belle rencontre ?
Ah, Mick Jones (ex-The Clash) ! Il est venu avec son groupe Big Audio Dynamite en 2011. A un moment je l'ai croisé et suis allé le saluer. Je lui ai dit que j"étais content qu'il soit là et il m'a répondu avec une grande gentillesse, assurant qu'il trouvait le festival magnifique. Ce fut une brève rencontre mais elle m'a marqué.

Le groupe que vous rêvez d'avoir, le souvenir qui manque à votre tableau de chasse ?
Il y a Daft Punk qui aurait pu mais ça ne s'est pas fait. On ne sait jamais, il est encore permis de rêver. Les Strokes aussi, qui sont un des groupes auxquels je pensais en créant Rock en Seine, mais nous nous sommes toujours heurtés à des problèmes d'agendas. Et puis bien sûr il y a l'étoile dont on rêve mais qu'on ne touchera jamais : David Bowie. Je ne peux pas me plaindre, avant Rock en Seine, j'ai monté un festival qui s'appelait Rock à Paris et la première tête d'affiche a été Bowie. C'était en 1997 au Parc des Princes.

Question subsidiaire : à quelle divinité faites vous chaque année des offrandes pour conjurer la pluie ?
A Sainte Monique, pour faire en sorte que la pluie tombe avant et pas pendant Rock en Seine. En général ça fonctionne plutôt bien ! (rires)

Rock en Seine se déroule les 28, 29 et 30 août au domaine national de Saint Cloud
> Programmation et renseignements sur le site du festival