Festival Rock en Seine

du 25 au 27 août 2017

Dans la lignée de Tinariwen, Imarhan modernise le blues touareg

Par @Culturebox
Publié le 25/08/2016 à 19H47
Imarhan a sorti son premier album éponyme en avril 2016.

Imarhan a sorti son premier album éponyme en avril 2016.

© Marie Planeille

Dix ans après avoir arpenté le Sahara pour jouer dans des mariages, Imarhan vient souffler ses mélodies nostalgiques en Europe. Originaire de Tamanrasset, au sud de l'Algérie, la comparaison avec Tinariwen est inévitable. Reprennant le flambeau de leurs aînés touaregs, Imarhan modernise le blues massouf avec des notes funk et jazz. Un univers poétique à découvrir dimanche 28 août à Rock en Seine.

Unis par le sang et l'amour du massouf, le blues du désert. Devenus la référence du genre, les grands frères Tinariwen ont ouvert la voie en Europe et aux Etats-Unis pour la musique touareg, sans oublier de prendre sous leurs ailes Imarhan. Si la comparaison est facile, elle est inévitable. Les deux groupes sont originaires de Tamanrasset, dans le sud de l'Algérie. Eyadou Ag Leche, bassiste de Tinariwen, est le cousin d'Iyad Moussa ben Abderrahmane, chanteur d'Imarhan. Après lui avoir offert sa première guitare, Eyadou Ag Leche lui apprend à maîtriser son instrument et lance sa carrière. Il emmène son cousin en tournée avec Tinariwen et décide de produire l'album éponyme d'Imarhan, sorti en avril. A plus de 4000 kilomètres de leur ville natale, le quintet touareg a posé guitares et amplis à Montreuil, aux portes de Paris, pour enregistrer leur premier album.

"Loin du vacarme de la ville"

Fondé en 2006, le groupe a rôdé ses compositions pendant dix ans en parcourant le Sahara pour jouer dans des mariages. Des kilomètres de désert parcourus, Imarhan en a gardé une source d'inspiration inépuisable. "Le silence du désert nous inspire beaucoup, c’est loin du vacarme de la ville, explique le chanteur dans une interview de Libération, publiée début mai. C’est tout le temps là qu’on compose, inspirés par tous les visages que l’on a croisés." Imarhan, qui signifie "ceux qui me tiennent à coeur" en tamasheq, porte bien son nom. Sur leur album, le groupe parle d'amour et de la vie quotidienne des touaregs. "Le vent a été mon compagnon depuis que je suis né / Et le vent a été à mes côtés depuis le jour où je t'ai quitté", chante Abderrahmane sur le magnifique titre d'ouverture, "Tarha Tadagh". 

Parler à la nouvelle génération 

Avec Imarhan, le blues du désert se conjugue au présent. "Nous sommes des touaregs mais nous vivons dans une ville. C'est une ville au milieu du désert, mais ça reste une ville. Nous avons grandi avec internet et nous sommes connectés au reste du monde, en écoutant tous les styles de musique", confie le chanteur dans une interview de Fact Mag, publiée fin avril. Au fil de leurs compositions, la rythmique funk de "Tahabort" côtoie les accents jazz de "Addounia Azdjazzaqat" et croise la route de l'électrique "Imarhan".

En modernisant les rythmes traditionnels, Imarhan veut écrire la musique touareg de demain. "Nous faisons de la musique pour la nouvelle génération. Et ça se voit avec nos habits. On ne porte pas de tenues traditionnelles. On porte les habits que l'on met tous les jours à Tamanrasset, assure Iyad Moussa ben Abderrahmane dans un entretien donné à The Quietus, en janvier. Et donc la musique et notre style représentent notre génération."
  
Imarhan est en concert à Rock en Seine. Dimanche 28 août - 15h15 - Scène Pression Live