Festival Les Inrocks 2015 : bienvenue dans le futur du rock

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 09/11/2015 à 23H26, publié le 06/11/2015 à 16H02
Avec le chanteur des Fat White Family, il faut s'attendre à tout. (ici à Londres en août 2015)

Avec le chanteur des Fat White Family, il faut s'attendre à tout. (ici à Londres en août 2015)

© Valerio Berdini/REX Shu/SIPA

Le festival des Inrocks promet de nous mettre une fois encore la tête à l'envers cette année avec une affiche qui joue les montagnes russes entre grosses décharges d'électricité rock et belles voix caressantes à découvrir, sans oublier l'inclassable grain de folie Odezenne ainsi que deux nuits dancefloor à la Machine. Rendez-vous à Paris, Tourcoing, Lyon, Nantes et Toulouse du 11 au 17 novembre.

Annulations et autres contretemps

Pour sa 28e édition, le festival des Inrocks a un peu joué de malchance. D'abord, c'est le concert d'ouverture de Christophe au Casino de Paris qui doit être annulé. Le "beau bizarre" devait présenter son nouvel album, mais il n'est pas prêt, travail à l'ancienne oblige.

Ensuite c'est Tobias Jesso Jr, le jeune prodige canadien crédité sur le nouvel album d'Adele, qui fait un faux bond à la Björk (même alibi officiel : "une erreur de planning"). Enfin, ce sont les prometteurs Irlandais de Girl Band, très attendus par le programmateur, qui déclarent forfait sur toute leur tournée pour soucis de santé. Et pour couronner le tout, la tête d'affiche du vendredi qui sort son album avec retard.

Preuve que monter un festival, même bien établi comme les Inrocks, reste acrobatique et périlleux. Mais le magazine défricheur a de la ressource : il reste largement de quoi se faire plaisir et entrevoir le futur dans ce magnifique capharnaüm en dents de scie.

Les sauvageons du rock

On peut d'abord compter sur une tripotée de groupes rock castagneurs tels que les siphonnés Fat White Family, des Londoniens teigneux à la réputation sulfureuse, têtes d'affiche vendredi, pour mettre l'ambiance (et de la bière sur les murs).

Egalement du genre inflammables : les espoirs français Last Train déjà vus à l'œuvre à Rock en Seine, mais aussi les "chiens fous américains" The Districts, décrits par l'organisateur Jean-Daniel Beauvallet comme "des Strokes joyeux qui n'ont peur de rien".

D'exquises nouvelles voix

Mercredi, toujours dans un registre rock mais mâtiné de soul, on ira mesurer la puissance de la voix de Brittany, la maîtresse femme des Sudistes Alabama Shakes, et celle du chanteur de leurs ombrageux et imprévisibles compatriotes d'Algiers.

Cette édition sera l'occasion de découvrir un plein carton de jeunes et belles chanteuses comme Heather Golden du duo new yorkais Beau, la prometteuse Flo Morrissey et Lapsley, en laquelle on a du mal à ne pas voir une nouvelle Adele en un poil plus aventureux. Autre voix d'ange, mais cette fois masculine, à ne pas louper : celle de l'Ecossais C. Duncan, dont les harmonies divines font écho à celles des Beach Boys.

Deux promesses made in France pour 2016

Deux formations atypiques, deux gros paris sur l'avenir d'expression française, sont à surveiller de près : d'une part Flavien Berger, dont les paysages électro-pop romantico-glacés pourraient bien emporter le cœur des filles samedi et se répandre comme une traînée de poudre en 2016.

D'autre part les scansions plus nues et crues des inclassables trublions Bordelais d'Odezenne (jeudi). Le rédacteur en chef musique des Inrocks, dont c'est le gros coup de cœur (ils sont en couverture du magazine cette semaine) voit en eux "Les Houellebecq du dancefloor".

En mode clubbing

Le clubbing justement, devient un incontournable du festival des Inrocks, tout comme la date Londonienne inaugurée l'an passé avec succès. Après avoir transpiré à La Cigale et à la Boule Noire, les festivaliers pourront prolonger la fièvre vendredi et samedi en remontant le boulevard de quelques mètres. Rendez-vous sur le dance-floor du Moulin Rouge durant toute la nuit avec "du pur clubbing mais avec ce twist à la Inrocks", précise JD Beauvallet. Un "twist" que représente parfaitement le Norvégien Lindstrom, aussi à l'aise en mode clubbing qu'en pop à écouter à domicile.

> Festival des Inrocks du 11 au 17 novembre à Paris (Cigale, Casino de Paris, Boule Noire, La Machine) et en tournée à Tourcoing, Lyon, Nantes et Toulouse.
> Toute la programmation sur le site des Inrocks

> De très nombreux concerts du festival sont à suivre en direct Live sur Culturebox