Fauve sort un 2e album lundi, indépendant avant tout

Par @Culturebox
Mis à jour le 10/02/2015 à 17H39, publié le 10/02/2015 à 16H00
Fauve en concert au Bataclan à Paris, en 2014 

Fauve en concert au Bataclan à Paris, en 2014 

© CITIZENSIDE/ANTHONY DEPERRAZ / citizenside.com

Depuis deux ans, Fauve parle comme personne aux 20-30 ans et remplit les salles sans passer à la télévision. Mais la fierté du collectif parisien, alors que sort lundi prochain son deuxième album "Vieux Frères - Partie 2", c'est son Indépendance, loin des maisons de disques.

Assumer tous ses choix

"Plus les choses avancent, plus on se rend compte que la forme a autant d'importance que le fond", expliquent à l'AFP deux musiciens de ce groupe mêlant scansion rap et musique pop-rock, refusant d'être identifiés nommément. 

"On ne dit pas que les maisons de disques, c'est de la merde, mais on se rend compte que le propos de Fauve  pourrait être galvaudé par de mauvaises décisions liées à la forme. Là, il n'y a pas un choix qu'on ne peut assumer", ajoutent-ils alors que paraît lundi leur deuxième album, "Vieux frères - Partie 2", un an après la "Partie 1" écoulée à 140.000 exemplaires.

"Bermudes", extrait de "Vieux Frères - Partie 2"
Farouchement indépendants

Fauve a émergé il y a moins de deux ans via les réseaux sociaux. Avec une poignée de chansons évoquant le malaise de jeunes gens de 20-30 ans et des concerts pris d'assaut, ces Parisiens ont suscité l'engouement. 

Malgré la cour assidue des maisons de disques, Fauve a choisi l'indépendance en créant sa propre structure (Fauve Corp) pour gérer la quasi-totalité du destin du groupe: management, production des disques, réalisation des vidéos (plébiscitées sur internet), communication (avec un fanzine), tarifs des concerts...

Seules la logistique technique et administrative des concerts et la distribution des disques sont aujourd'hui déléguées, respectivement au tourneur Asterios et à la major Warner Music.

"Au début, quand nous avons fait notre EP (mini-album "Blizzard", paru en mai 2013), c'est nous qui faisions la distribution. On recevait les cartons qu'on allait porter aux entrepôts de la Fnac. Mais au bout d'un moment, on s'est rendu compte qu'on le faisait mal et on a pris un distributeur", disent-ils.

"A Warner, on leur a dit: traitez-nous comme un label", ajoutent-ils, la major assurant déjà la distribution de disques pour des labels indépendants. "On ne va pas se leurrer, il y a plein de choses qu'on ne fait pas bien, moins bien qu'une maison de disques. Mais ce n'est pas grave, parce que c'est ce qu'on voulait, et c'est ce qui nous apporte le plus de fierté", disent ces musiciens de 25 à 30 ans qui ont abandonné leurs emplois respectifs "il y a un an".

"Les Hautes Lumières", dernier extrait de l'album "Vieux Frères - Partie 2"
"Ce n'est sûrement pas la meilleure chose pour gagner le plus d'argent, mais c'est sûrement la meilleure chose pour avoir un projet cohérent", assurent-ils, précisant que, au-delà des six musiciens sur scène, le "collectif" fonctionne avec une vingtaine de personnes.

"Certains groupes veulent juste qu'on leur laisse la paix pour écrire leurs chansons et s'en foutent du reste. Mais tout le reste, ça alimente aussi le projet. C'est difficile d'être cohérent quand d'autres personnes peuvent prendre des décisions qui vont à l'encontre de ce que t'as voulu exprimer", estiment les musiciens.

Non aux Victoires de la Musique

Cette démarche leur permet par exemple de continuer à refuser les photos de face ou les émissions à la télévision, ou même de refuser de postuler cette année aux Victoires de la musique, dont la cérémonie a lieu vendredi. Cela leur permet aussi, assurent-ils, de produire des disques moins chers.

"Notre économie coûte beaucoup en sueur, mais elle est légère", disent-ils.Fauve assure faire en sorte que ses disques puissent être vendus à 13 euros prix public contre 15 habituellement pour un CD standard, même si ce sont bien les magasins qui finalement décideront du prix affiché dans les rayons.

Idem pour les concerts dont les tarifs sont gérés par le groupe qui, par exemple, permettra à ses fans de venir les applaudir à l'Olympia le 13 mars pour 26 euros, prix plutôt accessible pour la prestigieuse salle parisienne. Avant leur tournée en régions, on pourra aussi les voir dans 9 salles différentes de la capitale durant tout le mois de mars. Toutes affichent d'ores et déjà complet. 

Fauve est en concert à Paris en mars, toutes les dates sont sold-out : le 10 mars au Nouveau Casino, le 11 mars à la Gaîté Lyrique, le 12 mars au Bataclan, le 13 mars à l'Olympia, 17 mars au Casino de Paris, 18 mars au Trianon, le 19 mars au Trabendo, le 20 mars à la Flèche d'Or et le 21 mars à la Maroquinerie.

Puis en tournée dans toute la France : le 25 mars à Caen, le 26 à Rennes, le 27 à Bordeaux, le 2 avril à Lyon, le 3 avril à Genève, le 7 avril à Montpellier, le 8 avril à Nice, le 9 avril à Toulouse, le 10 avril à Genoble, le 23 avril à Lille, le 24 avril à Nanes, le 22 mai à Amnéville, le 23 mai à Sztrasbourg

Fauve "Vieux Frères - Partie 2" sort lundi 16 février 2015