Décès de Tommy Ramone, le dernier des Ramones

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/07/2014 à 16H48, publié le 12/07/2014 à 14H11
Tommy Ramone en 2005

Tommy Ramone en 2005

© Soeren Stache / DPA-Zentralbild / DPA / AFP

Le batteur et producteur Tommy Ramone, dernier survivant des membres du groupe culte "The Ramones", est mort vendredi à New York à l'âge de 65 ans. Pionnier du punk aux Etats-Unis, le groupe a inspiré la scène britannique où ce courant a vue le jour dans les années 1970.

"Nous sommes tristes d'annoncer la mort de Tommy (Erdelyi) Ramone, membre fondateur du groupe", précise le compte Twitter des Ramones.
 
Né à Budapest, Tommy Ramone, de son vrai nom Erdélyi Tamás, est mort d'un cancer, a rapporté le magazine Variety.
Les Ramones en 1977
Un rock rapide et à fond

Fondé en 1974, le groupe était représentatif de la scène underground new-yorkaise. Il pratiquait un nouveau genre de rock, rapide et à haut volume sonore.
 
Le groupe rencontre d'emblée un succès important avec ses trois premiers  albums : "Ramones" (1976), qui comprend leur premier tube single "Blitzkrieg  Bop", ainsi que "Leave Home" et "Rocket to Russia", sortis en 1977 et coproduits par Tommy Ramone.
 
Les Ramones ont fait leur entrée au "Rock and Roll Hall of Frame" (panthéon du rock) en 2002.
 
Le chanteur Joey Ramone est mort en 2001, le bassiste et chanteur Dee Dee Ramone, en 2002, et le guitariste Johnny Ramone, en 2004. Les quatre musiciens avaient tous adopté le même nom, bien qu'ils n'aient pas de lien de parenté.

Une tournée en Grande-Bretagne qui a marqué le mouvement punk
Selon les critiques, c'est en 1976, année de la sortie du premier album du groupe, réalisé en deux jours, que les quatre punks habillés de cuir et en jeans serrés, cheveux tombant sur les yeux, gagnent une influence déterminante. Leur tournée en Grande-Bretagne marquera notamment les Sex Pistols, les Clash, mais aussi Bruce Springsteen.

Dans son introduction au livre "Punk : The Brutal Truth", le critique rock britannique Paul du Noyer écrit que les Ramones "ont inspiré la scène anglaise, leur minimalisme musical reste l'essence du genre punk. Comme Motorhead, les Ramones sont devenus des icônes".

Leurs plus grands succès - "Now I Wanna Sniff Some Glue", "Sheena is a Punk Rocker", "I Wanna Be Sedated" - n'ont jamais dominé le Top 50, mais ont influencé plusieurs générations de rockers. Comme U2, qui a joué en concert certaines de leurs chansons.

Des inadaptés qui sont à la source d'un style
Tommy "était le seul musicien expérimenté" du groupe, précise Michka Assayas, auteur du "dictionnaire du rock". "C'étaient des cas sociaux, des inadaptés, des enfants de familles dysfonctionnelles comme on dirait aujourd'hui, livrés à eux-mêmes".

"Leurs chansons stupides duraient deux minutes, leurs concerts une demi-heure". "Ils ont créé un style à partir de cette misère, à l'époque où la musique était super sophistiquée. Ils sont à la source du mouvement punk".

Un documentaire de 2004, "Les Ramones, fin de siècle", sorti aux Etats-Unis, faisait un portrait peu flatteur des musiciens décrits comme paranoïaques et immatures. "On aurait dit des sales mômes dans une cour de récré, il fallait souvent que je calme le jeu", avait confié le guitariste Johnny à ses réalisateurs.

Toujours des icones, vingt ans après leur dissolution
En 2013, le Metropolitan Museum, l'un des musées les plus prestigieux de New York, montrera, à l'occasion de l'exposition "Punk : du chaos à la couture", une réplique de la salle de bains du célèbre night-club de Manhattan CBGB, quartier général du punk new-yorkais où le groupe s'installe à partir de 1975. Des graffitis des Ramones y proclament "Dead boys rule" (les garçons morts font la loi).

Des nostalgiques du punk ou des rock stars portent encore les tee-shirts noirs, ou même roses à leur gloire, près de vingt ans après la dissolution officielle du groupe en 1996, sur un dernier album, "Adios Amigos", après 22 ans d'existence et 21 albums.