David Bowie, star posthume des Brit Awards

Par @Culturebox
Mis à jour le 23/02/2017 à 10H00, publié le 23/02/2017 à 09H28
Duncan Jones, le fils de David Bowie, a reçu des mains de Noel Gallagher (ex-Oasis) le trophée du meilleur album de l'année 2016 pour "Blackstar", le 22 février 2017 à l'O2 Arena de Londres.

Duncan Jones, le fils de David Bowie, a reçu des mains de Noel Gallagher (ex-Oasis) le trophée du meilleur album de l'année 2016 pour "Blackstar", le 22 février 2017 à l'O2 Arena de Londres.

© David Fischer / Rex / Shutterstock

Un an après sa mort, David Bowie a raflé à titre posthume les récompenses d'artiste et d'album britanniques de l'année mercredi soir à Londres, lors de la 37e édition des Brit Awards. Le groupe Radiohead, dont l'album "A Moon Shaped Pool" a marqué les esprits en 2016, est reparti les mains vides. Chris Martin a rendu hommage à George Michael dans un duo virtuel avec l'ex-star du groupe Wham!.

C'est la troisième fois, après 1984 et 2014, que David Bowie, icône de la pop, disparu le 10 janvier 2016, emporté par un cancer deux jours après son 69e anniversaire, est élu meilleur artiste, et ce moment a été célébré avec émotion. "Si David Bowie avait pu être ici ce soir, il ne serait probablement pas venu", a plaisanté l'acteur américain Michael C. Hall (Dexter), qui joue dans la comédie musicale Lazarus composée par Bowie et qui est venu chercher le trophée sur scène.

Duncan Jones, fils de Bowie, vient chercher son trophée de l'album de l'année

Bowie a ensuite doublé la mise dans la catégorie reine de l'album de l'année, avec "Blackstar", sorti deux jours avant sa mort. Là, c'est son propre fils, le réalisateur Duncan Jones, qui a reçu la récompense des mains de Noel Gallagher, du groupe Oasis, qui a lancé "The King" en tendant son micro vers le ciel.


"J'ai perdu mon père l'année dernière, et je suis aussi devenu un père. J'ai passé beaucoup de temps, après avoir surmonté le choc, à me demander ce que je voudrais que mon fils connaisse de son grand-père. (...) Il a toujours soutenu les gens un peu bizarres, un peu différents. Ce trophée est pour tous les dingos et pour les gens qui font les fous", a dit Duncan Jones. Blackstar, album testament, n'avait même pas été pré-sélectionné aux Grammy Awards il y a dix jours à Los Angeles, où Bowie a tout de même remporté cinq autres récompenses.

Duncan Jones a conclu sur Twitter son discours : "Il y a une petite chose que j'ai oubliée pendant mon discours. Va te faire foutre, cancer. Sur toute la planète."

Radiohead une nouvelle fois bredouille

Dans les autres catégories, Emeli Sande a remporté sa deuxième récompense de meilleure artiste britannique, après 2013. The 1975 a été désigné meilleur groupe britannique par le jury, et Radiohead, auteur d'un splendide album, "A Moon Shaped Pool", est donc reparti une nouvelle fois bredouille. "C'est irréel, on forme un groupe depuis qu'on a 13 ans et ce genre de choses n'arrive généralement jamais", a commenté le chanteur, Matty Healy. Le chanteur de blues et hip-hop Rag'N'Bone Man a créé la surprise en remportant la récompense de révélation britannique de l'année, au nez à la barbe notamment du rappeur Skepta. Celui-ci avait également été nommé dans la catégorie de meilleur artiste masculin. Mais il a seulement foulé la scène pour interpréter son tube vitaminé "Shutdown".

Sur les réseaux sociaux, certains y ont aussitôt vu une nouvelle preuve des supposés préjugés raciaux de la cérémonie. Les "Brits" avaient été très critiqués en 2016 pour leur manque d'audace et leur sélection "trop blanche" en l'absence d'artistes représentant les musiques urbaines et la diversité ethnique du pays. En près de 40 ans, seuls trois artistes noirs ont gagné la récompense de meilleur artiste britannique masculin, le dernier par Dizzee Rascal en 2010.

Les organisateurs ont voulu rectifier le tir cette année en nommant notamment quatre artistes de couleur aux côtés de David Bowie, resté inaccessible. Les récompenses internationales ont été distribuées au pas de charge, sans discours ni remerciements.

Beyoncé prend sa revanche sur les Grammys

Le rappeur canadien Drake, roi des ventes d'albums en 2016, a gagné le prix du meilleur artiste international, devançant notamment son compatriote Leonard Cohen, nommé comme Bowie à titre posthume.

Chez les femmes, Beyoncé a pris sa revanche sur les Grammys en étant préférée à sa soeur Solange, à Rihanna, à Sia et à la Française Christine and the Queens.

Les "Brits" ont par ailleurs rendu hommage, à travers un montage vidéo, à plusieurs grands disparus de 2016 dont Prince, Leonard Cohen, le groupe Viola Beach - emporté dans un terrible accident de voiture - et George Michael. "Le ciel s'est écroulé" lorsque George Michael est mort, a déclaré Andrew Ridgeley, venu saluer sur scène la mémoire de son ancien compère du groupe Wham! en compagnie du duo pop du siècle dernier Pepsie et Shirlie. Chris Martin du groupe Coldplay est venu chanter "A Different Corner" dans un duo virtuel avec le chanteur disparu.

Le palmarès

Meilleur artiste britannique : David Bowie
Meilleure artiste britannique : Emeli Sande
Meilleur groupe britannique : The 1975
Révélation : Rag 'N' Bone Man
Meilleur single britannique : Little Mix avec "Shout Out To My Ex"
Meilleur album britannique : David Bowie avec "Blackstar"
Meilleur artiste international : Drake
Meilleure artiste internationale : Beyoncé
Meilleur groupe international : A Tribe Called Quest
Meilleur clip d'artiste britannique : One Direction avec "History"