Daniel Darc, l'ancien chanteur de Taxi Girl, est mort

Par @Culturebox
Mis à jour le 01/03/2013 à 14H55, publié le 28/02/2013 à 20H04
Daniel Darc

Daniel Darc

© CITIZENSIDE / DENIS PREZAT / AFP

Daniel Darc, ancien chanteur du groupe Taxi Girl, a été retrouvé mort chez lui dans le XIe arrondissement, par son producteur. Selon une source proche de l'enquête, sa mort serait liée à une absorption d'alcool et de médicaments. Il avait 53 ans.

Né le 20 mai 1959 à Paris, très influencé par le mouvement punk, Daniel Darc a commencé sa carrière sur scène comme chanteur de Taxi Girl de 1978 à 1986. Le groupe a notamment connu un succès fulgurant avec le single "Cherchez le garçon".

La formation, où officiait aussi Mirwais, futur collaborateur de Madonna, s' était  imposé comme un des fers de lance de la new-wave à la française, apportant une esthétique trouble au rock hexagonal. Lorsque Taxi Girl s'est séparé en 1986, Daniel Darc a poursuivi une carrière solo.
Daniel Darc "Cherchez le garçon" Live
"Sans les drogues, je serai mort depuis longtemps"
Longtemps considéré comme un pestiféré par l'industrie du disque, Daniel Darc avait signé en 2004 un retour foudroyant avec "CrèveCoeur", l'un des meilleurs albums de cette année-là (quelque 60.000 ventes), ce qui lui avait valu à 45 ans une Victoire de la musique de l'album révélation de l'année. 

Daniel Darc avait fait du rock un mode de vie. Parfois jusqu'à l'extrême: ainsi en 1979, à ses débuts, il n'avait pas hésité pas à se trancher les veines sur scène.
Visage racé, silhouette voûtée et bras entièrement recouverts de tatouages, il a emprunté des chemins tortueux, entre "galères" et abus de drogue et d'alcool qui ont abîmé sa santé. "Sans le punk et l'écriture, je serais forcément mort ou en prison, parce que rien d'autre ne m'intéresse. Il n'y a qu'avec ça que j'arrive à me débarrasser un peu de tout ce qui me fait chier", avait-il confié à l'AFP en 2005 . Au sujet de la drogue, il disait aussi "sans les drogues, je serais mort depuis longtemps, j'aurais pas pu supporter tout ce qui se passe".

"J'aime pas jouer les vieux cons mais je viens d'un moment où le rock était  dangereux. J'aime ce danger-là", disait aussi cet amoureux du rock américain, fan de toujours d'Elvis Presley et de Johnny Cash.
Pour tenter de rompre avec ses années d'excès, le chanteur d'origine juive s'était converti au protestantisme. Sa ferveur, qu'il évoquait souvent pendant ses concerts ou en interviews, imprégnait ses derniers disques "Amours suprêmes" (2007) et "La taille de mon âme" (2011).

Si ces deux albums n'avaient pas connu le succès de "Crève Coeur", ils  avaient été salués par la critique. Daniel  Darc y déployait une écriture  poétique et torturée, empreinte de ses obsessions existentielles et chantée d'une voix fragile et traînante.
Son dernier album, "La Taille de mon âme", était sorti en 2011.

Réactions du monde de la musique
"De l'artiste, nous retiendront l'ouvre, le plaisir qu'il avait à être sur  scène, les tourments et l'exigence qui hantaient sa création. De l'homme, nous  retiendrons la gentillesse, l'intelligence, l'humour, l'humilité et l'extrême sensibilité qui le caractérisaient", écrit sa maison de disques Sony dans un  communiqué.

Daniel Darc a "flirté longtemps avec la mort, triché avec la vie, vivant chaque instant avec l'intensité des êtres qui ne comptent rien. Permanent de  tous les excès, il laisse le souvenir d'un homme sensible, cultivé et spontané,  d'un être en dehors des cases", estime la Sacem.

Pascal Nègre, PDG d'Universal France, a été l'un des premiers à lui rendre hommage jeudi soir sur le réseau social Twitter. "Artiste lunaire, écorché vif, il passa sa vie à essayer de dompter ses démons. Un rock des 80 se meurt. Cherchez le garçon RIP Daniel  Darc ", a-t-il écrit.

La chanteuse Alizée, pour laquelle il avait écrit deux titres sur l'album "Psychédélices", l'a remercié, citant les paroles de "Jamais plus" "Hier nevermore Mais hier à tort Aujourd'hui vois-tu c'est jamais plus".
"J'irai au paradis"