Blondie revient au rock de ses débuts avec l'enjoué "Pollinator"

Par @Culturebox
Publié le 07/05/2017 à 11H58
Debbie Harry de Blondie en décembre 2016 à New York.

Debbie Harry de Blondie en décembre 2016 à New York.

© Nicolas Hunt / Getty Images / AFP

Egérie de l'ère "new wave" au tournant des années 70 et 80, Debbie Harry était à la tête du groupe Blondie. Une formation pop punk aux idées larges, n'hésitant pas à insérer des touches de disco, de dub et même de rap à son chaudron rock. Mais Debbie Harry fut aussi une grande passeuse pour le mouvement hip hop naissant. A 71 ans, l'icône est de retour avec l'album "Pollinator".

Une égérie punk passeuse pour le hip hop 

"On a toujours fait en sorte de s'amuser", assure Debbie Harry, icône du groupe Blondie qui sort "Pollinator", son onzième album marqué par un retour aux sources pop punk de ses débuts et nourri par de nombreuses collaborations. Punk ou disco, Blondie n'a jamais voulu choisir. Seul le mythique club rock du CBGB avait la préférence de ses membres sur le plus dansant, mais non moins mythique, Studio 54, lors de leurs soirées new-yorkaises à la fin des années 1970. Et pour cause: le groupe y côtoyait sur la minuscule scène underground du Bowery les Ramones, Talking Heads ou encore Patti Smith.

Mais Debbie Harry, qui se lia d'amitié très tôt avec Fab Five Freddy, un pivot du mouvement hip hop naissant, fut aussi le premier groupe "rock" à intégrer du rap dans une de ses chansons, "Rapture", tube international qui contribua à faire connaître la culture hip hop. Dans le clip de cette chanson sorti en 1981, en rotation lourde à l'époque sur la première chaîne musicale MTV,  on peut voir Fab Five Freddy bombe de peinture en main, mais aussi le graffeur pionnier Lee Quinones ainsi que le peintre Jean-Michel Basquiat aux platines. La chanteuse aux cheveux péroxydés, qui cite Grand Master Flash dans ses paroles, figurait également dans le premier film sur le hip hop, "Wild Style", en 1983 (voir la bande annonce).

Retour aux sources avec "Pollinator"

Quarante deux ans après ses débuts, Blondie, groupe américain aux 40 millions d'albums vendus a souhaité avec "Pollinator" revenir aux sources, "à un rock plus basique", explique le guitariste compositeur Chris Stein. "Mais tout en conservant cette volonté de nous amuser", complète la chanteuse au timbre aigu Debbie Harry.

"Depuis notre premier album Blondie, ce thème est resté un fil rouge dans notre discographie, jusque dans les notes de notre musique", dit celle qui conserve à 71 ans la blondeur peroxydée qui donna au groupe son nom et ne s'est jamais cachée d'avoir eu recours à la chirurgie esthétique "pour rester dans le circuit".


Beaucoup d'invités de la jeune garde comme Sia et Charlie XCX

"Fun", efficace premier single issu de l'album, est la manifestation de cet état d'esprit et rappelle, sans toutefois atteindre le même niveau d'excellence, l'époque dorée où Blondie alignait des tubes comme "Heart of Glass", "Atomic", "Call Me", "One Way or Another".

Si Debbie Harry a toujours été la voix et l'image du groupe, Chris Stein, qui fut longtemps son compagnon, en est l'âme musicale. Et pour la première fois, ils ont accepté d'ouvrir les portes de leur studio à de jeunes artistes aux horizons différents, mais qui ont en commun d'avoir été influencés par leurs aînés.

"On a apprécié ces contributions. C'est assez excitant de susciter une telle envie, c'est là que nous avons réalisé que nous avons été une inspiration pour eux", assure Harry à propos de Dave Sittek, tête pensante du groupe TV on the Radio, de la chanteuse australienne Sia, de Nick Valensi, guitariste des Strokes ou de la Britannique Charlie XCX.


Cette jeune garde était encadrée par deux collaborateurs de renom plus expérimentés: Johnny Marr, ex-guitariste des Smiths, groupe britannique majeur des années 1980, et l'Américaine Joan Jett, interprète de l'indémodable "I Love Rock'n Roll" en 1982. Les deux quinquagénaires ont connu Blondie du temps de sa splendeur, celle où Debbie Harry incarna une certaine idée de la féminité rock, sauvage, sulfureuse et cool à la fois.

"Pas l'oeil dans le rétroviseur"

"Je suis parfois nostalgique de cette période. Mais pas tous les jours non plus. Je n'ai pas l'oeil vissé sur le rétroviseur", affirme l'intéressée. Avant d'être reprise par Chris Stein: "Oui mais si tu pouvais tout revivre une seconde fois ?". "Je le ferais!", rit-elle.


Avec un ton un peu plus sérieux, Debbie Harry ajoute qu'"en cette époque troublée, inquiétante, qui est la nôtre, l'innocence de cette période passée prend encore plus de valeur". "C'est pour ça que notre chanson, "Fun", prend tout son sens aujourd'hui", enchaîne Chris Stein.

Blondie sera en concert à Paris le 28 juin à l'Olympia
L'album "Pollinator" de Blondie (BMG) est sorti vendredi 5 mai