Bertrand Cantat "heureux" de retrouver enfin son public

Par @Culturebox
Mis à jour le 12/04/2014 à 14H04, publié le 12/04/2014 à 10H55
Bertrand Cantat aux Eurokéennes de Belfort en 2012

Bertrand Cantat aux Eurokéennes de Belfort en 2012

© POL EMILE/SIPA

Douze ans après le dernier concert de Noir Désir, Bertrand Cantat, "heureux", a enfin retrouvé son public vendredi sur la scène de Clermont-Ferrand, pour la première date de sa tournée très attendue avec son groupe Détroit.

Il a fallu trois chansons pour détendre l'atmosphère dans la salle bondée (1.500 personnes) de La Coopérative de Mai de la capitale auvergnate. Bertrand Cantat était pourtant en terrain amical. Dès qu'il est monté sur scène, accompagné de son complice de Détroit Pascal Humbert et de trois autres musiciens, le chanteur a été accueilli par une longue salve d'applaudissements ponctuée de "On t'aime".
Mais Bertrand Cantat, cheveux ébouriffés et chemise noire entr'ouverte, n'a d'abord répondu que par des sourires et des gestes, accompagnés de merci étouffés.
Symboliquement, c'est sur Pascal Humbert qu'étaient braqués les projecteurs pour la première chanson de la soirée "Ma Muse", tirée d'"Horizons" leur album en commun sorti en novembre 2013. Les yeux clos, la tête tournée vers le ciel, immobile derrière sa guitare, il l'a chanté pour lui-même, comme s'il s'agissait encore d'une répétition face 
à une salle vide.
Malgré la ferveur du public heureux d'entendre un classique, il semblait encore dans sa bulle en entamant "Des visages, des figures", chanson-titre du dernier album de Noir Désir.

Ce n'est qu'à la fin du titre qu'il a enfin trouvé les mots. "Vous dire qu'on est très heureux d'être là aujourd'hui avec vous, c'est pas grand chose par rapport à ce que l'on vit vraiment. Merci tellement d'être là", a-t-il lancé, avant qu'un spectateur lui réponde du tac au tac : "Au boulot !".
Dans un éclat de rire,  Bertrand Cantat s'est enfin relâché, retrouvant les automatismes - parfois artificiels - de l'homme de scène qu'il était du temps de Noir Désir.
Detroit (Bertrand Cantat avec Pascal Humbert) : "Horizon" live au Trianon, à Paris (amateur)
"Un vrai régal !"
Tourbillonnant avec sa guitare, accompagnant les textes de gestes de la main, il joue de plus en plus avec sa voix, restée intacte alors qu'il vient de fêter ses 50 ans. Sur scène, le groupe a opté pour des arrangements saturés oscillant entre rock américain et français.
Un choix qui détonne dans le paysage musical actuel et qui gomme les nuances et les explorations musicales qui faisaient la réussite d'"Horizons", que le groupe a joué presque dans son intégralité, y compris le difficile "Ange de désolation".
Pour cette première date, Détroit s'est encore montré appliqué, tout comme le public, qui a écouté attentivement mais sagement.
Il a fallu attendre les deux rappels pour que le concert prenne vie. Après "Droit dans le soleil", premier extrait d'Horizons, le groupe s'est lancé dans un "best-of" de Noir Désir avec "Fin de siècle", puis "Tostaky", "Des armes", "Le vent l'emportera" et "Comme elle vient".
Enfin, le public a repris en choeur les paroles, pogotant pendant que le groupe retrouvait l'énergie de "Noir Dez". Puis après deux heures de spectacle, Bertrand Cantat a quitté la scène, le poing levé.
"C'était un vrai régal", s'est enthousiasmé Christian, la cinquantaine grisonnante à la sortie du concert. "C'est un très bon retour. 'Horizons' est un très bon album, mais ça fait plaisir d'entendre quelques succès de Noir Désir", a-t-il confié.
"C'était superbe, ça fait plaisir à voir, parce que c'est son premier projet depuis la séparation de Noir Désir et qu'on voit qu'avec Détroit c'est un nouveau souffle", a estimé Kévin, 21 ans venu avec deux amies.
"Même moi qui était trop jeune pour avoir vu Noir Désir sur scène, j'ai été pris par la nostalgie des anciens morceaux. On sentait une vraie synergie entre lui et le public", a-t-il ajouté.