Alt-J veut "mettre les gens au défi avec la musique"

Par @Culturebox
Mis à jour le 22/09/2014 à 21H42, publié le 22/09/2014 à 20H29
Alt-J en 2014 : de gauche à droite Thom Green, Joe Newman et Gus Unger-Hamilton.

Alt-J en 2014 : de gauche à droite Thom Green, Joe Newman et Gus Unger-Hamilton.

© DR

Deux ans après un premier album séduisant mixant pop, folk et électro, le groupe de Leeds revient avec un second album aussi défricheur mais plus difficile d'accès. Le côté planant et acoustique de "This is All Yours", sorti lundi, risque de déstabiliser ceux qui avaient d'abord été conquis par le versant pop aux rythmiques habiles de "An Awsome Wave".

Objectif : rester à l'avant-garde

Le rôle du groupe est définitivement de rester à l'"avant-garde", dit à l'AFP le claviériste du groupe, Gus Unger-Hamilton, joint au téléphone en Grande-Bretagne. "Je pense que nous aimons mettre les gens au défi avec la musique!"

Une envie d'exploration et d'expérimentation ostensible sur le grandiloquent "Hunger of the Pine" où se croisent un extrait de la chanteuse pop américaine Miley Cyrus et un poème d'Alfred de Musset, "L'espoir en Dieu". Ou encore sur le très réussi "Warm Foothills" où quatre artistes ont été invités à ajouter leur voix à celle du chanteur Joe Newman, chacun d'entre eux se succédant pour chanter les phrases à tour de rôle dans un étonnant patchwork 

Mais Alt-J, passé de quatre à trois avec le départ du bassiste Gwil Sainsbury en début d'année, s'est aussi mis pour ce second album en mode acoustique et planant. Un climat que l'on retrouve en particulier sur les trois titres évoquant la ville japonaise de Nara - érigée en symbole de la liberté parce que les cerfs s'y promènent en liberté - pour défendre le droit au mariage homosexuel.

Expérimental et audacieux ou juste mou et peu inspiré ? Les fans sont divisés. Le groupe dit avoir cherché à retrouver l'ambiance du premier album

Après le fulgurant succès de "An Awsome Wave", encensé par la critique et lauréat du prestigieux Mercury Prize il y a deux ans,  "le plus important a été d'essayer de retrouver l'ambiance que nous avions pour le premier album", explique pourtant Gus Unger-Hamilton.

"Nous voulions vraiment éviter qu'on nous mette dans un studio en nous disant, et maintenant allez-y ! Nous voulions un endroit simple et inspirant, et nous avons trouvé un appartement agréable à Hackney (quartier de l'est de Londres), nous y avons passé du temps, juste pour y être ensemble et aussi faire de la musique", se souvient le musicien. 

La veine du premier album se retrouve en effet dans certains titres convaincants, tel le tribal "Every Other Freckle" ou le plus rock "Left Hand free". Mais s'il est intéressant et recèle de très beaux éclats, y compris grâce à la voix magique de Joe Newman, le disque comporte surtout trop de titres dispensables, placés maladroitement en son coeur (Garden of England, Choice Kingdom, Pusher, Bloodflood ptII etc...). Il se clôt heureusement sur le merveilleux "Lovely Day" en bonus track, et là tout est pardonné.

Un concert (complet) est prévu à Paris le 29 septembre et le groupe anglais reviendra dans la capitale le 4 février au Zénith.