A Rabat, Placebo soutient la cause homosexuelle au Maroc

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/06/2015 à 15H38, publié le 03/06/2015 à 15H28
Stefan Olsdal de Placebo au festival Mawazine à Rabat, arbore un 489 barré, en référence à l'article qui condamne l'homosexualité au Maroc.

Stefan Olsdal de Placebo au festival Mawazine à Rabat, arbore un 489 barré, en référence à l'article qui condamne l'homosexualité au Maroc.

© Sife el Amine / Mawazine Festival / AFP

Sur scène à Rabat, le groupe britannique Placebo s'est élevé mardi soir contre la criminalisation de l'homosexualité au Maroc, un de ses membres arborant lors d'un concert à Rabat une guitare arc-en-ciel et un 489 barré, en référence à l'article du code pénal qui condamne les relations entre personnes du même sexe.

Placebo s'est produit devant plusieurs dizaines de milliers de spectateurs lors du festival musical Mawazine, qui se déroule jusqu'à samedi dans la capitale marocaine.
              
Durant le concert, son bassiste et guitariste, Stefan Olsdal, a fait sensation en arborant une guitare arc-en-ciel puis en apparaissant, au moment  du rappel, avec le chiffre "489" barré sur la poitrine, ont rapporté plusieurs médias électroniques.
              
Au Maroc, l'article 489 du code pénal stipule que l'homosexualité est passible d'une peine de trois ans d'emprisonnement.

"Débarrasson-nous de l'article 489"    

Cet engagement a été très commenté sur les réseaux sociaux, et le guitariste a lui-même évoqué son action sur sa page Facebook: "l'article 489 condamne l'homosexualité au Maroc. Débarrassons-nous de lui ! Tout mon amour et mon soutien à ceux qui doivent se battre pour leur droit à aimer", a  notamment écrit Stefan Olsdal.
              
Quelques heures plus tôt, deux militantes françaises des Femen avaient elles aussi soulevé la question de la pénalisation de l'homosexualité, en posant brièvement seins nus et en s'embrassant devant un des principaux monuments de la ville.
              
"In gay we trust", pouvait-on lire sur le corps des deux Femen.
              
Arrêtées à l'aéroport de Rabat après ce geste, elles ont été expulsées vers la France, avec "interdiction d'accéder au territoire" marocain.
              
Les autorités marocaines ont dénoncé un "acte de provocation", "sur un lieu de culte", et "une offense inacceptable pour l'ensemble de la société marocaine".
              
Le mouvement Femen fait passer ses messages féministes notamment au moyen de jeunes femmes qui perturbent des manifestations publiques et exhibent leurs seins nus.