20.000 jours sur Terre avec Nick Cave : la bande annonce

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 30/09/2014 à 22H09, publié le 04/09/2014 à 17H00
Nick Cave à son bureau dans "20.000 jours sur Terre".

Nick Cave à son bureau dans "20.000 jours sur Terre".

© Drafthouse Films

Des mois que l'on attend le documentaire consacré au rocker australien Nick Cave. "20.000 Jours sur Terre" a désormais une bande annonce de plus d'une minute et une date de sortie en France, le 17 décembre 2014. C'est déjà Noël.

20.000 Jours sur Terre, c'est à peu près le nombre de jours que Nick Cave, 56 ans, a passé à vivre sur cette planète depuis sa naissance. Le documentaire le suit donc supposément sur les 24h de son vingt-millième jour sur Terre. Mais contrairement aux films documentaires sur les musiciens, qui tentent généralement de percer l'homme derrière l'artiste, celui-ci n'a pas pour but de lever le masque de Nick Cave.

Les réalisateurs,  Iain Forsyth et Jane Pollard, collaborateurs de longue date du chanteur, connus pour leur approche avant-gardiste, ont plutôt cherché à creuser et donner à voir le processus créatif de cet auteur et compositeur, qui est aussi poète, écrivain, scénariste et même acteur.
"Je me sens cannibale"

Son inspiration et comment elle lui vient est donc au coeur du film, dont il est d'ailleurs le narrateur. "Je me lève, j'écris, je regarde la télé... je me sens cannibale. Je peux même cannibaliser ma vie conjugale", avoue-t-il dans le documentaire. "Plus j'écris, plus mon monde s'élabore, se construit", dit-il aussi, rapporte le journal canadien La Presse. On comprend que sa vie et ses petits détails intimes nourrissent son oeuvre et que celle-ci irrigue sa vie en retour, dans un aller-retour essentiel à son équilibre. 

Dans ces images tournées durant la création de son dernier album, le superbe "Push The Sky Away" (2013) enregistré avec The Bad Seeds, on le voit chez lui, à son bureau, écrire sur sa vieille machine à écrire vintage, mais aussi sur scène et en studio, dans sa voiture (notamment avec Kylie Minogue) et chez son psy, qui lui sert de miroir dans le film.

"La mémoire est ce que nous sommes"

A ce dernier, cet athée confie ses rapports compliqués "à l'idée de Dieu" et aux drogues - "J'étais un junkie" qui courait à l'église puis aussitôt après chez le dealer, dit-il en substance -, ainsi que sa peur de perdre la mémoire.

"La mémoire est ce que nous sommes. Dans une chanson, je crée un monde à travers la narration. Souvenirs précieux, bonheurs et traumatismes réminiscents... les chansons reprennent ces souvenirs et les font entrer dans une sorte de mythologie."

De même, la mémoire intime de chacun finit par se mêler à l'imagination. "Qui connaît sa propre histoire?", demande Nick Cave. "Ce n'est que confusion, écho, clameur. Notre histoire ne prend forme que lorsque nous la répétons encore et encore. À nous-mêmes ou aux autres. Les fantomes du passé doivent parfois ressurgir car ils étaient cachés depuis trop longtemps et réclament de l'attention. C'est à ce moment que se rencontrent la réalité et l'imagination. C'est là qu'existent la joie, les larmes, l'amour. C'est là où nous vivons».

"Enfant, je n'étais pas heureux en me regardant dans le miroir", se souvient-il aussi. "J'avais désespérément besoin de me transformer en quelqu'un d'autre. Il faut donc voir ce concept de la rock star avec distance, il faut tracer une ligne car tout ça est une invention.»

Le documentaire "20.000 Jours sur Terre" est annoncé en salles pour le 17 décembre en France.