"Scarifications", le rap d'Abd Al Malik conjugué à l'électro de Laurent Garnier

Par @Culturebox
Publié le 06/11/2015 à 15H35
Abd Al Malik et Laurent Garnier étaient sur scène ensemble en 2007 au Montreux Jazz Festival.

Abd Al Malik et Laurent Garnier étaient sur scène ensemble en 2007 au Montreux Jazz Festival.

© MARTIAL TREZZINI/AP/SIPA

Abd Al Malik prend goût à l'électro : après avoir déjà confié l'an dernier la bande-son de son premier film à Laurent Garnier, le rappeur strasbourgeois a de nouveau travaillé avec le "pape de la techno" pour son nouvel album, "Scarifications", qui paraît ce vendredi 6 novembre.

"Une même culture"

Rappeurs et producteurs électro, "on utilise les mêmes machines, cela a commencé sur les mêmes platines, c'est la même culture", explique à l'AFP Abd Al Malik, de son vrai nom Régis Fayette-Mikano, 40 ans. "A chaque fois que l'industrie s'en mêle, on sort les étiquettes et on essaie de catégoriser les  musiques, mais en réalité tout ça ne forme qu'un seul courant", ajoute le rappeur, qui est aussi slameur, écrivain et réalisateur.

Les deux hommes se connaissent depuis "une dizaine d'années" et ont déjà eu l'occasion de jouer ensemble un titre lors du festival jazz de Montreux (Suisse) en 2007. Leur premier projet en commun, en trio avec le rappeur Bilal, frère d'Abd Al Malik, a été la bande originale du film du rappeur, "Qu'Allah bénisse la France", sorti l'an dernier.

Malgré l'incertitude, la foi dans l'utopie

Une aventure qu'ils ont décidé de prolonger avec ce nouvel album d'Abd Al Malik, qui prend une tonalité assez sombre sous la houlette de Laurent Garnier, 49 ans, considéré comme l'un des pionniers de l'électro en France. Ce disque reflète en partie "la grande période d'incertitude que nous vivons, où beaucoup de nos compatriotes ou des gens à travers le monde cherchent des solutions à leurs problèmes dans les différents extrémismes", reconnaît Abd Al Malik.

"Mais nous autres, artistes, on est là pour dire qu'il faut continuer à avoir foi dans l'utopie et dans l'art", ajoute le rappeur, qui fait fréquemment référence dans ses textes à sa jeunesse strasbourgeoise dans la cité du Neuhof et rend hommage à l'antiracisme des "redskins".

Hommages


Abd Al Malik dédie aussi un titre au chanteur disparu Daniel Darc et un autre à Juliette Gréco, "son idéal artistique". "Juliette, c'est le chantre de la singularité, elle nous a appris qu'on devait être soi jusqu'au bout. C'est ma marraine dans le métier", ajoute le rappeur. Il a d'ailleurs pour projet, pour son deuxième long-métrage, de raconter la relation amoureuse entre Juliette Gréco et le musicien Miles Davis dans les années 50 à Paris. Un projet présenté au printemps dernier à Cannes qui est toujours en gestation.