Licenciée pour être apparue dans un clip, la surveillante gagne aux prud'hommes

Par @Culturebox
Mis à jour le 29/10/2013 à 10H12, publié le 29/10/2013 à 10H07
Veronique Bonazzola, une ancienne assistante d'éducation du collège catholique de Notre-Dame de la Tramontane à Juan-Les-Pins, pose dans le bureau de son avocat le 14 mai 2012 à Nice

Veronique Bonazzola, une ancienne assistante d'éducation du collège catholique de Notre-Dame de la Tramontane à Juan-Les-Pins, pose dans le bureau de son avocat le 14 mai 2012 à Nice

© JEAN-CHRISTOPHE MAGNENET / AFP

L'assistante d'éducation d'un établissement catholique de Juan-les-Pins (Alpes-Maritimes), licenciée en 2012 pour avoir interprété une "cougar" dans un clip de rap, a obtenu réparation auprès des prud'hommes.

Cette femme de 50 ans, actuellement toujours au chômage, avait fait une apparition en petite tenue dans un clip du rappeur niçois Novia intitulé "Fontaine de jouvence" qui avait choqué la direction de l'établissement qui l'employait. "On n'était pourtant pas dans de la pornographie, c'était plutôt quelque chose de potache", a indiqué Me Pierre Chami, son avocat.
Novia : "Fontaine de jouvence"
"Quand l'affaire a éclaté, j'ai eu l'impression qu'ils (la direction, NDLR) allaient me brûler sur un bûcher dans la cour, ils trouvaient ça scandaleux. Mais la plupart des parents m'ont soutenue, et les élèves aussi", a indiqué à l'AFP Mme Véronique Bonazzola, qui était surveillante depuis plus de 20 ans dans cet établissement de 1.200 élèves.
"Ma cliente est satisfaite qu'on reconnaisse sa liberté d'expression. Cette affaire l'a meurtrie, a témoigné Me Chami. Elle sortait d'un cancer, alors ce travail à mi-temps au collège, c'était une fenêtre sur la jeunesse, ça lui donnait de la lumière." 
Le conseil des prud'hommes de Grasse a estimé, dans un jugement rendu le 29 août et dont l'AFP a obtenu copie, que son licenciement fin avril 2012 pour "faute grave" était "sans cause réelle ni sérieuse", son employeur - qui connaissait son activité à titre privé de comédienne - n'ayant jamais adressé "la moindre mise en garde (...) sur les risques éventuels d'une telle activité au regard de ses obligations professionnelles".
L'organisme de gestion de l'enseignement catholique de l'école-collège Notre-Dame de la Tramontane, mis en cause, n'a pas fait appel de ce jugement. Mme Bonazzola n'a pas souhaité que les sommes des réparations que l'établissement doit lui verser soient divulguées.