Le retour surprise du rappeur Nemir avec une love song enjouée

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 19/09/2017 à 18H56, publié le 15/09/2017 à 19H47
Nemir sur scène au festival Jardin du Michel en 2013.

Nemir sur scène au festival Jardin du Michel en 2013.

© Photo PQR L'Est Républicain / MaxPPP

Cinq ans qu'on attendait le retour du rappeur prodige de Perpignan ! Celui de "Ailleurs" avec Deen Durbigo et de l'inusable "Wake Up" avec Alpha Wann. Nemir revient sans prévenir avec un nouveau titre, "Des Heures", une chanson d'amour au refrain accrocheur accompagnée d'un clip à voir ci-dessous.

Le retour du phrasé singulier qu'on a tant aimé

"Ailleurs", le premier EP de Nemir paru en 2012 a marqué les esprits. Cet essai initial plaçait la barre très haut, avec un style neuf et singulier mi rappé mi chanté, irrésistible. Ce EP coup de maître enchaînait hit sur hit, dont l'inusable "Wake Up" avec Alpha Wann et "Ailleurs" avec Deen Durbigo.

Mais alors que ses chansons faisaient leur chemin sur les ondes nationales, que les grandes scènes se multipliaient et que Stromae l'embarquait en première partie de sa tournée, Nemir semblait éviter les sunlights, freinant des quatre fers devant la possibilité d'un emballement médiatique.

Depuis, silence radio. Nemir le perfectionniste doutait, Nemir le discret se terrait. Alors qu'on le pensait perdu pour la science, son retour est un évènement. A l'heure où le meilleur du rap en français émule plus que jamais le style rappé-chanté qu'il a initié, de Lomepal à Romeo Elvis, il affirme sur ce nouveau morceau son phrasé unique, inimitable, à la fois ultra technique et souple, swing. Chez lui, c'est la musicalité des mots qui compte avant tout.

Un album sur les rails ?

Sur une guitare flamenca, dont l'utilisation fait écho à celle des Pharcyde lorsqu'ils empruntaient un sample de Stan Getz sur "Runnin", Nemir s'adresse à sa chérie, sa meilleure ennemie, de son timbre délicieusement éraillé. Le titre dont la production est signée de son fidèle complice Enzo, est enjoué, délicat, dansant.

Nemir a même poussé le soin (le vice ?) jusqu'à le scinder en deux parties distinctes, ce qui donne deux versions d'un même morceau pour le prix d'un. Un album serait sur les rails, on attend donc la suite avec impatience. En attendant, ce cadeau de fin de semaine tombé du ciel sera apprécié à sa juste valeur. Nemir reviens !