Kery James, Ärsenik et Youssoupha font salle comble et réclament justice pour Adama Traoré

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/02/2017 à 17H08, publié le 03/02/2017 à 16H34
Kery James sur scène en mai 2015 à Villeneuve Saint Georges.

Kery James sur scène en mai 2015 à Villeneuve Saint Georges.

© Arnaud Journois / Photo PQR Le Parisien / MaxPPP

Kery James, Youssoupha, Médine, Ärsenik, Mac Tyer, Sofiane, Dosseh et Tito Prince ont partagé le micro jeudi soir à la Cigale pour réclamer justice pour Adama Traoré. La famille de ce jeune homme de 24 ans mort dans des circonstances troubles durant son interpellation en juillet dans le Val-d'Oise, reste mobilisée, six mois après les faits.

"Il faut que ça s'arrête"

"C'est partout pareil, il faut que ça s'arrête", a dit Lino du groupe Ärsenik, originaire de Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), ville où deux jeunes étaient morts dans la collision de leur mini-moto avec une voiture de police en 2007.
 
Le groupe a partagé le micro pendant près de trois heures avec d'autres figures du rap français comme Youssoupha, Médine ou Mac Tyer, devant une salle de la Cigale comble. Black M, arborant un T-Shirt "Justice pour Adama", est aussi monté sur scène pour son hit "Je suis chez moi".

Kery James, très acclamé, a interprété plusieurs de ses classiques, dont "Banlieusards" et "Racailles" (dont les rimes font écho à l'actualité - "Racailles !/On devrait vous nettoyer au Kärcher/ Le jour où le peuple se réveille vous allez prendre cher/ Racailles!/ On a le sentiment qu'aller voter c'est choisir par lequel d'entre vous on veut se faire entuber").

Le rappeur a ensuite fait lever les poings er reprendre en choeur par la foule les paroles de "Musique nègre", une chanson dans laquelle il fait allusion à l'affaire Adama (A trop respirer le rejet/J’ai le poumon perforé/J’pourrais, j’pourrais, mourir d’infection comme un Traoré”).

Les 1.200 spectateurs ont été "sensibilisés à une cause: celle de la violence policière", a dit le rappeur Dosseh qui a fait chanter le public, poings levés, "Justice pour Adama". 

"Fiers de notre combat" 

Six mois après sa mort à 24 ans, Adama Traoré est devenu un "symbole", a souligné Kévin, 27 ans, venu de l'Essonne pour "soutenir la mobilisation incroyable" de la famille Traoré.
 
"Ce soir nous pouvons être fiers de notre combat", a dit sur scène Assa Traoré, l'une des soeurs du jeune homme. "Nous sommes des hommes et des femmes debout qui doivent savoir se défendre", a-t-elle ajouté, annonçant la création d'une association qui "permettra à tous d'avoir accès au droit et à la justice".

Le produit de la vente des billets de ce concert sera reversé à la famille d'Adama Traoré.

La cause du décès toujours pas établie

Fin décembre, trois juges d'instruction ont été désignés à Paris, après le dépaysement de l'enquête, pour poursuivre les investigations sur les conditions de la mort du jeune homme de 24 ans.

La cause du décès d'Adama Traoré n'a pu être établie avec certitude malgré deux autopsies qui ont mis en évidence un "syndrome asphyxique". L'affaire met notamment en lumière les dangers de la technique de plaquage ventral utilisée par les militaires. Une pratique interdite dans de nombreux pays, mais pas en France. 
 
La mort d'Adama Traoré en juillet avait entraîné plusieurs nuits de violences à Beaumont-sur-Oise, d'où il était originaire, et dans les communes voisines. Sa famille, déterminée à obtenir justice, dénonce une "bavure" des gendarmes, qui assurent de leur côté n'avoir porté aucun coup au jeune homme.