Jay Z bloqué dans son offre de rachat d'un service de streaming

Par @Culturebox
Mis à jour le 04/03/2015 à 15H39, publié le 04/03/2015 à 15H24
Jay Z le 22 février 2015 à une fête Vanity Fair en marge des Oscars, à Beverly Hills (Etats-Unis).

Jay Z le 22 février 2015 à une fête Vanity Fair en marge des Oscars, à Beverly Hills (Etats-Unis).

© Evan Agostini/AP/SIPA

C'est niet : les actionnaires minoritaires de Wimp, service de streaming musical concurrent de Spotify, s'opposent à l'offre de Jay Z. Le rappeur américain avait fait fin janvier une OPA (offre publique d'achat) sur l'entreprise norvégienne.

Les petits actionnaires attendent la réaction de Jay Z

Alors que Jay Z (de son vrai nom Shawn Carter) souhaitait prendre au moins 90% de Wimp, des détenteurs de plus de 10% du capital ont rejeté son offre, a indiqué mercredi l'Association des actionnaires suédois, qui a dit attendre sa réaction.

"L'auteur de l'offre n'a pas réagi, ni en retirant l'offre, ni en proposant un prix plus élevé, ni en abaissant la participation visée", a-t-elle expliqué dans un communiqué. "La raison de sa passivité reste nimbée de mystère", indique le président de l'association, Carl Rosén.

Fin janvier, via sa société Project Panther Bidco, l'artiste, qui est aussi un puissant businessman, avait fait une offre de 464 millions de couronnes suédoises (56 millions de dollars) sur la maison mère de Wimp, le Suédois Aspiro.

Une attitude stratégique ?

La direction de Wimp et son actionnaire majoritaire, Schibsted (qui détient 75,9%), soutenaient l'offre, ce qui permettait potentiellement à Jay Z d'ignorer l'opposition des actionnaires minoritaires.

Mais Jay Z était plus ambitieux car d'après les règles en vigueur à la Bourse de Stockholm, dépasser 90% permet à un l'auteur d'une OPA d'annuler les actions restantes, et donc de prendre 100% du capital in fine.

Wimp, qui offre de l'écoute de musique en ligne dans cinq pays (les trois pays scandinaves, l'Allemagne et la Pologne), revendiquait 512.000 abonnés payants fin septembre, ce qui est très loin des plus de 15 millions du Suédois Spotify.

Jay Z, qui rappe notamment "I'm not a bussinessman, I'm a business, man", est un investisseur autant qu'un rappeur. Il a par exemple acheté l'an dernier le champagne Armand de Brignac, pour un montant non divulgué. Le magazine américain Forbes évalue sa fortune à 520 millions de dollars.