"You're Gonna Get Love" : Keren Ann sort un septième album "intemporel"

Par @Culturebox
Mis à jour le 25/03/2016 à 17H25, publié le 25/03/2016 à 17H09
Keren Ann aux Francofolies de La Rochelle le 13 juillet 2015

Keren Ann aux Francofolies de La Rochelle le 13 juillet 2015

© Xavier Léoty / AFP

Néerlandaise chantant en anglais, de retour à Paris après quelques années passées à New York, Keren Ann continue d'échapper aux modes et à l'air du temps dans un septième album délicat et "intemporel" sorti vendredi.

"Tu vas avoir de l'amour" ("You're Gonna Get Love"), clame la chanteuse dans ce disque où se déploient des récits évoquant l'inquiétude d'une mère pour ses enfants partis à la guerre ("Bring Back"), des amours perdues ("The Separated Twin"), la cavale d'un couple sur un air de blues ("My Man Is Wanted  But I Ain't Gonna Turn Him In") ou encore la rencontre qui n'aura jamais lieu entre son père décédé et sa fille née en juillet 2012 ("Where Did You Go ?").
 
"Les sujets qui m'intriguent et que j'essaie d'explorer sont toujours en rapport avec les relations humaines, la famille, la fraternité, l'amitié ou les relations amoureuses", explique Keren Ann, 42 ans, qui s'est fait connaître depuis 2000 en écrivant pour Henri Salvador et par ses propres chansons folk délicates.
Keren Ann, "Where Did You Go ?", extrait de son 7e album, "You're Gonna Get Love"


Elle revient toujours à Leonard Cohen, Dylan ou Springsteen

La naissance de son premier enfant a contraint Keren Ann à trouver "un autre rythme" pour travailler mais n'a pas pour autant nourri son inspiration : "Ce n'est pas un album de maternité. Ma fille n'a que trois ans et demi, et c'est tellement intense que je n'ai pas encore assez de recul pour le raconter. Pour qu'une chanson ait une place juste, j'ai besoin d'un peu de temps",  souligne-t-elle.
 
Toujours attachée aux grands "songwriters" des années 1960 et 1970, elle tente d'éviter de sonner trop "actuel" dans ses productions : "C'est important que cela reste intemporel. Ce qui m'intéresse aujourd'hui, davantage que la pop, c'est la musique contemporaine ou le hip-hop. Mais même quand j'écoute quelque chose de moderne, je reviens toujours à Leonard Cohen, Bob Dylan ou Bruce Springsteen et ces écritures-là."

Un album tout en anglais

Capable de chanter en anglais comme en français, celle qui a vécu à Brooklyn de longues années s'en tient cette fois à l'anglais. "C'est ma langue maternelle, c'est celle que je parle avec ma fille, je veux que mes proches comprennent ce chapitre-là de ma vie. Ces chansons-là ne pouvaient exister qu'en anglais."
 
Désormais de retour à Paris depuis plus d'un an, la Néerlandaise, arrivée en France jeune, n'écarte pas la possibilité d'écrire à nouveau en français, "une langue dont je ne parlais pas un seul mot à 11 ans et que j'ai appris à utiliser".