Violence à l’école : Indochine s’explique sur son clip

Par @Culturebox
Mis à jour le 03/05/2013 à 12H10, publié le 02/05/2013 à 11H32
Nicola Sirkis, d'Indochine

Nicola Sirkis, d'Indochine

© Miguel Medina / AFP

Le chanteur d’Indochine, Nicola Sirkis, se défend de "chercher le scandale" en dévoilant un clip choc sur le harcèlement à l’école, "College Boy"

Le dernier single du groupe français, qui évoque la difficulté d’assumer son homosexualité chez les jeunes, est illustré par une vidéo en noir et blanc tournée par le jeune cinéaste canadien Xavier Dolan ("Laurence Anyways") qui met en scène des adolescents qui font vivre un enfer à un de leurs camarades.
 
L’horreur va crescendo, du jet de boulettes de papier au passage à tabac puis à la crucifixion. L’élève est finalement exécuté par balles pendant que des adolescents filment la scène sur leur téléphone portable et que les adultes se voilent la face.
 
Un clip choc pour sensibiliser
"La violence du clip n'est pas gratuite. Pour moi, c'est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux accidents de la route. C'est plus éducatif qu'autre chose", estime Nicola Sirkis dans les colonnes du Parisien/Aujourd'hui en France jeudi, qui a mis en ligne le clip en avant-première.
 
"Certains gamins se suicident parce qu'ils sont harcelés par d'autres élèves. C'est un point de vue sur une réalité qui existe", ajoute le chanteur, assurant ne pas "chercher le scandale".
 
Sur internet, le clip sera accompagné d'un avertissement, précise-t-il, assurant qu'il "comprendrait très bien" que la vidéo "ne passe pas en journée à la télé". "Je ne crierai pas à la censure. Malheureusement, je pense que les ados voient des choses bien plus horribles que ça."

Le clip révèle une réalité mais ne propose "aucune solution", note un expert
Interrogé jeudi par l'AFP, Eric Debarbieux, chargé de la prévention de la lutte contre la violence en milieu scolaire, juge que "ce clip d'Indochine est une oeuvre artistique, qui en cela doit être respectée et qui a le mérite de rappeler l'importance et la gravité du phénomène de harcèlement à l'école. Il n'est pas question de censure."

"Il n'y a pas de fatalité au harcèlement"
"Mais je dois souligner le caractère outrancier de ces images, qui sont d'une violence insoutenable", a-t-il ajouté. "Ce qui est dommage, c'est que ce film ne montre aucune solution, alors qu'elles existent. Il n'y a pas de fatalité au harcèlement. Les pays qui ont mis en place des politiques énergiques contre ce phénomène, comme la Finlande, sont parvenus à le diviser par trois."

Le professeur Debarbieux a indiqué qu'une série d'initiatives est en cours de réalisation, dont notamment un dessin animé et un clip dénonçant l'homophobie à l'école.

Un élève sur vingt se dit harcelé
Selon une enquête du ministère de l'Education nationale, un élève sur vingt se dit harcelé de manière sévère ou très sévère, créant "un état d'insécurité permanent dont les conséquences sont lourdes sur le plan scolaire mais aussi en termes d'équilibre psychologique et émotionnel et de développement de l'enfant ou de l'adolescent".

Ainsi, 20 à 25% des absentéistes chroniques le sont par peur du harcèlement. Le risque de faire une tentative de suicide est quatre fois plus important.

Une ligne téléphonique "Stop harcèlement"
Lors des Assises nationales sur le harcèlement à école en janvier 2012, une ligne téléphonique dédiée (08 08 80 70 10) et gratuite et un guide sur le harcèlement pour les équipes éducatives, avaient été mis en place.