Le festival This Is Not A Love Song monte en puissance pour sa 3e édition

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 30/05/2015 à 13H29, publié le 27/05/2015 à 15H25
Le groupe Temples sur la scène extérieure de This is Not a Love Song 2014, avec le bâtiment de la SMAC Paloma au fond.

Le groupe Temples sur la scène extérieure de This is Not a Love Song 2014, avec le bâtiment de la SMAC Paloma au fond.

© TINALS

Davantage de groupes, de scènes, d'animations et de festivaliers : pour sa 3e édition, le festival nîmois dédié à la scène indépendante voit plus grand, sans renier pour autant son esprit Do it Yourself. Du 29 au 31 mai, une cinquantaine de groupes, dont Ariel Pink, Caribou, Thurston Moore ou The Divine Comedy vont se succéder sur quatre scènes. Tour d'horizon avec son directeur artistique.

Grâce à sa programmation impeccable à faire pâlir d'envie les manifestations les plus établies, This Is Not A Love Song (TINALS) s'est imposé en un temps record comme un festival incontournable du sud-est de la France. En deux éditions seulement, il a prouvé qu'il était possible de monter un festival à la fois exigeant musicalement et populaire, voire familial, avec de surcroit une politique tarifaire douce et même gratuite durant les après-midis. Le bouche à oreilles a fait le reste et le rendez-vous rock, qui accueillait 9.000 personnes au total l'an dernier, en attend cette fois 14.000 sur trois jours.

Retour sur l'édition 2014 de TINALS


Quoi de neuf cette année ?

Adossé au Paloma, scène de musiques actuelles toute récente qui comprend deux belles salles de concerts, le festival inaugure cette année une seconde scène en plein-air de 500 places "dédiée principalement aux jeunes groupes locaux", ce qui porte à quatre le nombre de scènes – deux en intérieur et deux en extérieur.

"Nous avons installé cette nouvelle scène sur l'espace de verdure dans un esprit artisanal, quelque chose de sobre à base de palettes", détaille le directeur artistique Christian Allex. "On a par ailleurs fait grandir la grande scène intérieure, pour permettre une meilleure production lumière pour des groupes comme Caribou. Nous essayons malgré tout de rester sobres, relax. Pas question d'avoir des groupes qui jouent à celui qui aura le plus gros tour bus."

"L'autre nouveauté cette année c'est l'amélioration de l'offre des espaces et des stands à thèmes", souligne Christian Allex. Il y aura donc davantage de Food trucks pour combler les petites et plus grosses faims, des jeux pour les enfants, le toujours très couru stand de fabrication de couronnes de fleurs, ainsi que les ateliers de couture, personnalisation de T-shirts et customisation de baskets.

Les espaces de repos avec sable fin et transats gagnent aussi du terrain. Mieux : carte blanche a été donnée au collectif d'architectes et scénographes UNÆNIME qui a construit un perchoir où les festivaliers pourront grimper et observer leurs prochains comme autant d'oiseaux rares. Enfin, un karaoké géant où il est recommandé de reprendre les Beastie Boys plutôt que le Poussin Piou vous cueillera en cas de frustration des cordes vocales.


Une affiche recentrée sur le rock indé

Côté programmation, "ce qu'il y a de bien avec This Is Not A Love Song, c'est que contrairement aux Eurockéennes ou Cabaret Vert (festivals pour lesquels Christian Allex assure également la direction artistique), nous ne sommes pas obligés de s'imposer des groupes rassembleurs, des groupes dits à repères, comme Christine & The Queens. On peut se permettre un véritable exercice de style jusqu'au bout", se félicite le directeur artistique.

De fait, la couleur est résolument rock cette année. Rock au sens large puisque les styles vont du folk (Waxahatchee, Sun Kill Moon) au punk (Fucked Up, Teenanger, Bad Breeding ) en passant par le psyché (Ariel Pink, The Oh Sees), l'indie rock (Thurston Moore, Interpol, Unknown Mortal Orchestra), la pop (Divine Comedy, Foxygen, Gaz Coombes de Supergrass) et le noise (Swans, Viet Cong).

Le tout ponctué d'incursions en terrain électronique (Caribou, Dan Deacon, Juan MacLean,  DBFC), hip-hop (Badbadnotgood, Sleaford Mods, Ratking, Only real, Perfect Hand Crew) et même afro-funk (les explosifs Vaudou Game), "des formations qui flirtent facilement avec le rock et s'intègrent sans problème", selon lui.


Un public de connaisseurs

"L'an dernier, j'avais essayé de construire une programmation autour des cultures électroniques mais ça n'a pas trop collé avec le reste", analyse Christian Allex. "En fait j'ai trouvé plus logique d'associer des groupes comme Torche ou The Soft Moon avec Ariel Pink et Thurston Moore, ça fonctionne mieux. La preuve, le forfait trois jours marche bien, ce qui montre que le public vient les yeux fermés."

Selon lui, "le public de TINALS est un public de connaisseurs, assez mûr, qui vient essentiellement d'une culture rock et pop mélodique. Ils sont un peu intégristes mais en même temps ouverts à la nouveauté et à des sonorités pointues. Personne ne viendra nous critiquer pour avoir mis à l'affiche Caribou (artiste de musique électronique très en vue). En revanche, si par trouille de ne pas remplir nous avions programmé Izia ou Christine & The Queens, ça ne serait pas passé."

Le groupe qu'on ne loupera pas : Unknown Mortal Orchestra


Notre choix

En ce qui nous concerne, on guettera en priorité les Américains de Unknown Mortal Orchestra, auteurs ces jours-ci de "Multi-Love", un troisième album somptueux au groove princier,  Shamir, nouvelle bombinette disco-pop débarqué avec un premier album ce mois-ci, mais aussi les uppercuts cold-wave des intrigants jeunes parisiens de Bagarre.

On surveillera également de près Vaudou Game et son afro-beat rétro-futuriste connu pour donner toute sa mesure sur scène, et enfin le trio montréalais de jazz aux idées larges Badbadnotgood, vu aux côtés des rappeurs Ghostface Killah et Tyler The Creator. Et puis on ira, sans trop savoir à quoi s'attendre, constater de quel bois se chauffent encore les revenants inespérés de The Soft Moon et Giant Sand.

Festival This Is Not A Love Song
Du 29 au 31 mai 2015 au Paloma à Nîmes

Tarifs : gratuit l'après-midi samedi et dimanche de 13h à 18h, 20 à 27 euros la soirée, 60 euros le pass trois jours

Transats, sable fin et jus de fruits au TINALS 2014.

Transats, sable fin et jus de fruits au TINALS 2014.

© TINALS

LE PROGRAMME EN UN CLIN D'OEIL
Vendredi 29 mai : Caribou, The Oh Sees, Thurston Moore, Dan Deacon, Swans, Gaz Coombes, Fucked Up, Public Service Broadcasting, Shamir, Ought, Mikal Cronin, Kevin Morby, DBFC, Morgan Delt
Samedi 30 mai
Après-midi : Only Real, Waxahatchee, Harold Martinez Solo, Shub, Volin
Soirée : The Divine Comedy, Ariel Pink, Sun  Kill Moon, Giant Sand, The Juan macLean, Puts Marie, Grand Blanc, Bagarre, Vaudou Game,  Twerps, Aquaserge, Paranoid London, Wand
Dimanche 31 mai :
Après-midi : Bad Breeding, Zun Zun Egui, Conger! Conger!, Johnny Hawaii, Appletop
Soirée : Interpol, Allah-Las, Foxygen, Torche, The Soft Moon, Sleaford Mods, Unknown Mortal Orchestra, Badbadnotgood, Drenge, Weedeater, Viet Cong, Ratkings, Perfect Hand Crew.