The Divine Comedy de retour avec l'album "Foreverland"

Par @Culturebox
Publié le 01/09/2016 à 15H05
Neil Hannon, seul à bord de The Divine Comedy, impérial sur "Foreverland".

Neil Hannon, seul à bord de The Divine Comedy, impérial sur "Foreverland".

© Saisie écran clip "How Can You Leave Me On My Own"

The Divine Comedy, formation pop qui se résume aujourd'hui à un seul homme, Neil Hannon, sort vendredi son 11e album. Avec leurs titres désuets ("Napoleon Complex", "Catherine The Great"...) les chansons de "Foreverland" lorgnent résolument vers le passé, curseur bloqué sur les années 50 et 60. L'occasion d'un entretien avec le dandy nord-irlandais réalisé par l'AFP.

Mieux vaut ignorer complètement le public

Neil Hannon, 45 ans, a depuis longtemps remisé ses rêves d'être une star dans l'air du temps. "J'ai maintenant pas mal d'expérience en musique, je pense pouvoir faire beaucoup de choses très différentes, mais ça ne veut pas dire qu'il faut absolument les faire", explique-t-il.

"Parfois, c'est vraiment compliqué de se rapprocher de ce qu'on veut vraiment faire. Et cela ne repose que pour une petite partie sur ce que veut le public. En fait, c'est souvent mieux d'ignorer complètement le public et de faire comme s'il n'existait pas", ajoute l'orfèvre pop à la voix chaude, dont la musique érudite et richement orchestrée connaît un succès certain en France depuis le début des années 90.

Avec son 11e album, "Foreverland", le groupe, qui se résume aujourd'hui au seul Hannon, propose un bouquet de chansons aux titres impériaux et désuets ("Napoleon Complex", "Catherine the Great", "The Pact"...) dont les mélodies lorgnent davantage vers les années 1950 ou 1960 que vers les années 2000. Et les paroles, qui roulent dans la farine ces grands personnages, ne manquent pas d'humour. A l'instar des deux clips en costumes très drôles ci-dessous (dans le second, Neil Hannon en empereur croquant des chips devant la télé vaut le fou rire).

Je n'ai jamais enregistré aussi lentement

L'écriture de cette nouvelle pépite de pop orchestrale a pris trois ans. "Je n'ai jamais enregistré aussi lentement. Principalement parce qu'il y a aujourd'hui des outils permettant de faire de très bons enregistrements à la maison, sans sortir de chez soi. Ce qui est génial, parce que tu peux travailler quand tu veux, mais du coup, c'est difficile de mettre le point final", explique le musicien, qui, depuis son album précédent en 2010, a aussi signé des opéras et coécrit avec le chanteur Thomas Walsh un album-concept sur... le cricket.

Le titre du nouvel album de The Divine Comedy, "Foreverland", évoque, précise-t-il, ce "but dans la vie" après lequel chacun court. "Ce point que tu vises en te disant: 'A partir de là, tout ira bien...'. Cela peut-être un lieu, une personne ou simplement un état de zénitude". "Je me vois un peu comme le capitaine d'un bateau à la recherche de ce lieu mythique, essayant de convaincre mon équipage: je sais que vous mourez de faim, mais il faut continuer!", sourit le chanteur.

La solitude n'est pourtant pas une vocation pour celui qui s'offre sur ce disque un duo très "Broadway", ("Funny Peculiar") avec sa compagne, la chanteuse irlandaise Cathy Davey. Il s'agit d'un hommage à un autre tandem qu'il adore, "Somethin' Stupid" de Frank et Nancy Sinatra.


J'ai essayé d'être commercial mais ça n'a pas marché!


"J'ai essayé de travailler avec d'autres gens, d'écrire des chansons commerciales pop, mais ça n'a pas marché!", dit-il, en citant des tentatives avec des producteurs comme Guy Chambers (Robbie Williams, Kylie Minogue...) ou Eg White (Adele, Florence and the Machine, Will Young). Comme s'il était finalement voué à rester dans son propre univers, ses propres mélodies.

"J'ai le sentiment d'avoir écouté le gros de ce que j'avais à écouter jusqu'à mes 30 ans. Cela paraît horrible, mais j'ai l'impression d'avoir déjà tout entendu, je suis rarement surpris en entendant quelque chose aujourd'hui. Cela n'arrive que quand j'écris ma propre musique..." "La question n'est pas d'avoir des idées folles ou géniales, mais de remarquer quand quelque chose se passe. Cela peut être un petit mouvement de clavier, un changement d'accords inattendu...".

The Divine Comedy est en concert le 12 septembre à Paris et puis en tournée en France à partir de la fin octobre (Nantes, La Rochelle, Toulouse, Marseille, Folies Bergère à Paris, etc.)

"Foreverland" de The Divine Comedy sort vendredi 2 septembre