Attentats de Grande-Bretagne : le gendarme Mekil fait vibrer le stade de France avec sa reprise d'Oasis

Par @Culturebox
Mis à jour le 15/06/2017 à 13H11, publié le 15/06/2017 à 12H49
Le maréchal des logis de la garde Républicaine, Jean-Michel Mekil offre aux supporters du match France-Angleterre la reprise «Don’t Look Back in Anger» d'Oasis au stade de France

Le maréchal des logis de la garde Républicaine, Jean-Michel Mekil offre aux supporters du match France-Angleterre la reprise «Don’t Look Back in Anger» d'Oasis au stade de France

© FRANCK FIFE / AFP

À l'occasion du match France-Angleterre mardi 13 juin, le chœur de la Garde républicaine a rendu un vibrant hommage aux victimes des attentats de Manchester et Londres. C'est devant tout le stade de France que le maréchal des logis-chef Jean-Michel Mekil a repris, guitare électrique en main, le célèbre titre d'Oasis, "Don’t Look Back in Anger".

Le rockeur en uniforme, qui a volé la vedette aux footballeurs mardi soir, a été invité au concert de Noel Gallagher et U2 qui se produiront les 25 et 26 juillet au Stade de France, a annoncé jeudi le promoteur Live Nation France.

À l'occasion du match amical France-Angleterre, quelque 80 000 supporteurs étaient rassemblés dans les gradins, dont environ 2.300 britanniques. Et ce qu'ils retiendront sans doute le plus, c'est la prestation très émouvante du musicien de la garde républicaine, Jean-Michel Mekil. Avec sa guitare électrique, le militaire a repris avec passion le titre d’Oasis, "Don’t Look Back in Anger" ("Ne regarde pas en arrière avec colère").

Reportage :  P. Justice / J. Banerjee / J.-P. Bosch / F. Pairaud

Unis dans la douleur par la musique

"J'ai conscience d'avoir vécu un moment unique dans ma vie. J'ai essayé d'en profiter un maximum", confie le militaire au lendemain de sa performance. Frissons garantis pour les spectateurs du Stade de France, mais encore plus pour les supporters britanniques qui ont repris en chœur le titre d'Oasis. "Les Anglais nous avaient rendu hommage au stade de Wembley après le Bataclan, c'était notre tour de montrer notre attachement et nos valeurs communes", dit encore Jean-Michel Mekil.
Les supporters anglais reprennent en choeur le titre d'Oasis joué par la garde républicaine en hommage aux attentats de Londres et Manchester

Les supporters anglais reprennent en choeur le titre d'Oasis joué par la garde républicaine en hommage aux attentats de Londres et Manchester

© France 3 / Culturebox

Le rock au pouvoir 

Si la reprise de la chanson du groupe Oasis a autant ému la foule, c'est aussi par son interprétation inattendue. Un orchestre de musique militaire qui joue du rock ! "La Fédération française de football nous a demandé, après l’attentat de Manchester, si nous pouvions jouer cette musique avec un objectif clair : ne pas réaliser une prestation à la française", explique le gendarme en précisant que normalement,  "c’est une chanson rock faite pour être jouée par quatre personnes. Des essais ont été faits et comme le chef de la musique savait que je jouais de la guitare, il m'a demandé si je pouvais assurer". 

Quand j'avais 12, 13 ans, mes favoris étaient U2, The Cure, Simple Minds. Et plus tard, j'ai adoré la vague brit-pop, qui a connu son essor dans les années 1990. Mes préférés ? Oasis, Blur, Suede"

Jean-Michel Mekil

Du trombone à la guitare

Dans la vie, Jean-Michel Mekil, 43 ans, est maréchal des logis-chef au sein de la musique de la Garde républicaine, qui appartient au 1er régiment d’infanterie. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, son instrument de musique n'est pas la guitare mais le trombone.
Jean Michel Mekil © France 3 / Culturebox

Je suis fier d’avoir participé à ce projet et d’avoir montré une facette différente de la Garde républicaine.

Avec son déhanché de rock star, ses petites lunettes et son costume de militaire, sa prestation inédite a ému des millions de téléspectateurs et d'internautes, mais aussi Emmanuel Macron et Theresa May, côte à côte en tribune. "La guitare on la prend dans ses bras, on la serre et puis vous sentez la musique naître au bout de vos doigts, c'est une autre sensation", confie-t-il encore.
 

“Se retrouver devant 80.000 personnes, devant le président de la République, devant des délégations étrangères, c’est un moment assez vertigineux 

Jean-Michel Mekil