Phoenix : 5 choses à savoir sur l'album "Bankrupt!"

Par @Nijikid Journaliste, responsable de la rubrique Rock-Electro-Rap de Culturebox
Mis à jour le 20/09/2013 à 18H38, publié le 23/04/2013 à 19H36
Les quatre garçons de Phoenix sur fond de château de Versailles.

Les quatre garçons de Phoenix sur fond de château de Versailles.

© Homemade Performance

Sur le papier, rien de semblait distinguer le sixième album de Phoenix de son prédécesseur, l'acclamé "Wolfgang Amadeus Phoenix". Pourtant, le quatuor versaillais prend son public par surprise avec ce disque moins évident, moins immédiat, sur lequel il tente courageusement des choses. Un disque de pop dense et plein de recoins qui gagne à être réécouté avec ces quelques éclaircissements en tête.

UN ALBUM REALISE DANS LA DOULEUR
"On était en souffrance en faisant ce disque. C'est toujours difficile, mais celui-là, c'était le plus dur", avouent-ils dans le dernier numéro de "Elle". Difficile de revenir après le succès planétaire de "Wolfgang Amadeus Phoenix" sorti en 2009 ? Tétanisant ? Non, ce n'est pas le problème si l'on écoute le quatuor versaillais. D'abord, ils abordent toujours leurs nouveaux albums comme s'il s'agissait du premier, disent-ils,"avec la naïveté de se dire que ce sera le meilleur". Ensuite Thomas Mars, Deck d'Arcy, Laurent Bracowitz et Christian Mazzalai sont hyper soudés - leur producteur Philippe Zdar parle carrément de "monolithe". Et Phoenix ne connaît aucune querelle d'ego. Alors ? Le problème c'est que c'est "de plus en plus dur de nous satisfaire tous les quatre. (...) Quand nous sommes tous vraiment excités, c'est de l'ordre du miracle".
UN SYNTHETISEUR AU SON CHEAP A BEAUCOUP COMPTE
Au début de la conception de l'album, Branco et Christian se trouvaient à Versailles où ils entreprosent du matériel. "A côté, il y a un magasin genre Cash Converters où on a acheté pour 30 euros un petit synthé pour enfants", racontent-ils dans le magazine Tsugi. "On s'en est servi sur tous les morceaux, c'est l'acteur fondateur du disque". Parallèlement, le groupe s'est également offert sur E-Bay la console de mixage de "Thriller" de Michael Jackson et la boîte à rythmes qu'utilisait Stevie Wonder. Ce mélange est à l'origine selon eux du son à la fois "très cheap" et "très sophistiqué" de "Bankrupt!. Un mixe qui peut dérouter au départ.
Phoenix avec R.Kelly au festival Coachella 2013
JEU DE CHAISES MUSICALES AU SEIN DU GROUPE
Sur ce sixième album, on comprend que le groupe expérimente. Et cherche à éviter la redite et la routine à tout prix. Un bon moyen de se réinventer est de changer de place au sein du groupe. Ainsi, le guitariste Branco délaisse ici la six-cordes pour la basse. Et le bassiste Derek d'Arcy s'installe cette fois derrière les claviers. "On n'a jamais vraiment appris à jouer de nos instruments, le côté virtuose dans la musique ne nous attire pas", expliquent-ils dans les Inrockuptibles. "On n'a pas de batteur, on aime l'idée de rester des amateurs". 
LE TRAVAIL DU PRODUCTEUR PHILIPPE ZDAR
Le producteur de l'acclamé "Wolfgang Amadeus Phoenix" est de nouveau aux manettes sur "Bankrupt!". "On a repris ce disque exactement là où on avait terminé le précédent", se souvient Philippe Zdar dans Tsugi. Lui qui est désormais considéré comme "le cinquième membre du groupe", explique que Phoenix veut "faire de la pop" comme David Bowie, Neil Young, Prince ou Bob Dylan, c'est à dire en osant changer de son mais sans changer de personnalité. "Ce qui est primordial c'est l'idée de chanson", analyse-t-il par ailleurs dans les Inrockuptibles. Sauf que Thomas Mars et les siens "les fabriquent à partir de centaines de jams, dont il faut garder la pureté, en évitant de trop produire : il ne faut jamais perdre de vue la beauté du premier jet."
UN ALBUM QUI NE SE LIVRE PAS FACILEMENT
A l'heure de l'impatience généralisée, du vite écouté vite jeté, ce disque à l'ancienne tranche car il demande au moins trois écoutes pour commencer à s'apprivoiser. "Faire un morceau évident n'est pas un gage de qualité", remarque Derek dans Tsugi, "et le public est beaucoup plus persévérant qu'on ne le croit". De fait, Phoenix fait plus que jamais de la pop dense et singulière, pleine de couches d'instruments, de secrets planqués et de petites surprises qui ne se dévoilent qu'au fil du temps. "C'est un disque égoïste dans le sens où l'on essaie de plaire à personne", admet Branco dans Tsugi. "Chaque morceau contient un petit cadeau à découvrir. Un peu comme un bonbon qui aurait un coeur fondant à l'intérieur". A savourer sans se presser donc.

La tournée
Phoenix est en concert le 26 mai à la Cigale (Paris, complet),  le 5 juillet  au festival Rock Werchter (Belgique), le 6 juillet aux Eurockéennes de Belfort, le 13 juillet à Musilac (Aix-Les-Bains), le 23 juillet au Paleo Festival de Nyon (Suisse) et le 24 août à Rock en Seine (Paris). 

Album "Bankrupt!" (Warner) sort le 22 avril
La pochette de "Bankrupt !" de Phoenix.

La pochette de "Bankrupt !" de Phoenix.

© Glassnote