Lollapalooza Paris

du 22 au 23 juillet 2017

Lana del Rey captive le festival Lollapalooza à Paris

Par @Culturebox
Publié le 24/07/2017 à 12H55
Lana Del Rey au Lollapalooza Paris, le dimanche 23 juillet 2017.

Lana Del Rey au Lollapalooza Paris, le dimanche 23 juillet 2017.

© GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP

La chanteuse de pop new yorkaise a captivé la foule du festival Lollapalooza ce dimanche 23 juillet, au festival Lollapalooza sur l’Hippodrome de Longchamp. Danses lascives, moues évocatrices, regards perdus, son expressivité et son jeu d’actrice ont conquis, malgré un chant qui s’achevait souvent dans un murmure.

La scène, ce n’est pas forcément le meilleur terrain de jeu pour Lana del Rey. La chanteuse de pop psychédélique l’a souvent admis. D’emblée, on la sent timide, nerveuse d’être sur cette grande scène, dimanche soir, au fond de l’Hippodrome de Longchamp. Elle économise ses gestes. Elle arrange sans cesse sa longue chevelure brune. Entre quelques envolées vocales, cependant, se dessine un léger sourire sur son visage, preuve que, malgré tout, elle est heureuse d’être là, elle que l'on n'avait pas vue à Paris depuis l'édition 2014 de Rock en Seine.

Enfin, elle rentre dans son personnage. Moue voluptueuse, robe courte de pin up et coiffure extravagante : elle incarne à perfection ce cliché si apprécié de la femme fatale. Sur “Cherry”, morceau extrait de son nouvel album “Lust for Life”, elle use d’une jolie métaphore fruitière “my peaches are ruines / mes pêches sont en ruines” pour évoquer ce sentiment de perte de soi quand on tombe amoureux. À la scène, ça donne une chorégraphie simple, lascive. Elle joue de son physique tout en courbes. Peut-être pour compenser ses performances vocales imparfaites, comme sur “Born to die”, où elle murmure les paroles, noyée sous les refrains chantés en chœur par le public, ou “Blue Jeans”, où ses quelques envolées se terminent dans un souffle.

Une pause est nécessaire. Elle choisit donc de prendre un petit bain de foule, afin de signer des autographes et de prendre des selfies avec quelques ultra fans qui ont patienté toute l’après-midi pour occuper le premier rang. Il faut observer son visage de plus près pour y déceler toute la force émotionnelle de ses paroles. Son air mutin sur “Summertime Sadness” séduit. Sur “Shades of cool”, sa complainte “I can’t fix him, I can’t make him better / Je ne peux pas le réparer; faire de lui quelqu’un de mieux” lui donne un air peiné, désespéré. Quand elle évoque la “Mustang blanche” ("White mustang") de son amant qui s’éloigne, son regard se perd aux confins de l’Hippodrome de Longchamp.

Road trip sur scène

C’est en milieu de concert que la new yorkaise s’essaie à quelques envolées vocales poussant dans les aigus, parfois avec quelques tremblements. Elle nous transporte en chantant son long road trip avec “Ride” (“I hear the birds on the summer breeze /I drive fast, I am alone in midnight” - “J’entends les oiseaux dans la brise de l’été / Je conduis vite, je suis seule au milieu de la nuit”).

La fin approche. Il faut marquer le coup. Pour le plus grand plaisir de ses fans, l’air innocent, elle propose une version acoustique de son dernier single, “Love”, et rejoint son pianiste pour un morceau à deux. L’atmosphère est plus intimiste. Soudain, elle sourit. Elle rit, même. Dans la foule, on chante le refrain à tue-tête. Lana semble surprise de les entendre reprendre le morceau par coeur. “Je suis encore en train de m’habituer à celle-ci”, avoue-t-elle, comme pour s’excuser de son manque d'assurance.

Une note sombre en fin de spectacle

La performance s’achève sur une note bien plus sombre et oppressante, avec “Off to the races”, extrait de son troisième album “Born to Die”. Les images violentes se succèdent en fond de scène. “Because I’m crazy, baby”; “Parce que je suis folle, bébé”, scande-t-elle. La femme fatale aux airs innocents se fait menaçante. Mais la menace n’est qu’éphémère. Aussi légère que sa robe d’été, Lana s’envole, juste avant le dernier grattement de guitare du dernier morceau. Son aura, elle, restera.