Printemps de Bourges : une 40e édition réussie pour la nouvelle direction

Par @Culturebox
Mis à jour le 17/04/2016 à 16H08, publié le 17/04/2016 à 11H35
Le public du Printemps de Bourges (16 avril 2016)

Le public du Printemps de Bourges (16 avril 2016)

© Guillaume Souvant / AFP

"Mission accomplie", sourit son nouveau directeur Boris Vedel : le Printemps de Bourges a réussi sa 40e édition, marquée par une fréquentation exceptionnelle et de jolis musicaux avec des têtes d’affiche appelées à animer nombre des festivals de l’été.

Le passage de relais s’est effectué en douceur à la direction, où Boris Vedel a succédé l’été dernier au cofondateur Daniel Colling. L’édition anniversaire du Printemps de Bourges s’achève dimanche avec Maître Gims.
 
De bon augure pour la saison des festivals qui s'ouvre : le Printemps de  Bourges a enregistré une fréquentation exceptionnelle, la meilleure depuis plus de quinze ans. 64.580 entrées payantes, soit près de 10.000 de plus que l'an  dernier (54.900), ont été recensées pour les concerts qui se sont déroulés dans une atmosphère très détendue, malgré un important dispositif de sécurité, cinq mois après les attentats de Paris.

Une fréquentation exceptionnelle

"Depuis 1999, date à laquelle le Printemps a pris ce format (de six jours), c'est le plus beau score", a précisé samedi soir Boris Vedel. Plus de la moitié  des spectacles ont affiché complet, avec beaucoup d'artistes qu'on retrouvera  dans les prochains festivals.
 
"Ce qui est vraiment encourageant, c'est que même dans les plus petits lieux, avec une programmation très pointue, on a attiré du monde", relève Jean-Michel Dupas, l'un des programmateurs. Ce qui conforte l'ambition du festival de favoriser toujours plus l'émergence de jeunes talents et de styles moins présents à Bourges comme l'électro et le hip hop.

Un public nombreux pour les artistes émergents

Les petites salles réservées aux groupes émergents et "découvertes" ont en effet attiré une foule de curieux et de programmateurs de salles venus faire leur marché. Ils ont pu y découvrir la relève pop française (Flavien Berger,  Bagarre, Grand Blanc, Las Aves, Petit Biscuit), du rock solide (Last Train,  Yak, The Liminanas) ou encore l'élégant chanteur Nord.
 
Les lauréats des Inouïs, le "tremplin" du Printemps réservé aux moins  connus, ont été Fishbach, chanteuse à la présence impressionnante sur scène et  à la voix très expressive, et le groupe francilien de hip hop Nuski et Vaati.
 
Les têtes d'affiche ont également tenu leur rang. Le trio de chanteuses LEJ, avec ses relectures énergiques de tubes internationaux, comme le rappeur MHD, phénomène sur le net, ont montré qu'ils  savaient tenir une scène. Parmi les autres réussites : Louise Attaque a affiché son plaisir de retrouver la scène, Jain a séduit avec son univers électro-pop, Radio Elvis a imposé son élégance rock, Dionysos a mis le feu dans un théâtre, tout comme le plateau rock Rover-Jeanne Added-Feu! Chatterton qui a enflammé le festival.

Electro, belles voix et chansons pop : pour tous les goûts

Les amateurs d'électro n'ont pas été en reste avec la présence de The Shoes  samedi et General Elektriks vendredi, deux machines à faire danser. Les soirées du vendredi et du samedi, taillées pour les plus jeunes, ont fait "un carton plein", selon les organisateurs.
 
Les amoureux des belles voix et des moments plus calmes ont fait un triomphe à la Londonienne Ala.ni, qui propose une soul 50's derrière un micro vintage. Le groupe Lola Marsh a également séduit avec ses chansons pop.
 
Les créations furent aussi des moments plutôt réussis. La soirée  anniversaire pour la 40e édition a retracé avec rythme l'histoire du Printemps avec une pléiade d'invités (Jane Birkin, Miossec, Dominique A, Bernard Lavilliers, Jeanne Cherhal,  Izia, Youssoupha, etc.).

En 2017, un hommage à Barbara

Emily Loizeau, elle, n'a pas craint de chanter - et réciter - la poésie pleine de sexe et de drogue de Lou Reed dans... une église. Avant de présenter  samedi sur une scène plus classique les chansons baroques de son nouvel album attendu en mai.
 
Côté sécurité, un enjeu majeur après les attentats, le maire de Bourges,  Pascal Blanc, a salué samedi soir un festival "paisible". Durant les six jours, spectateurs comme professionnels ont été soumis à des contrôles systématiques à  l'entrée des sites.
 
La 41e édition du Printemps de Bourges, en avril 2017, proposera une création en hommage à Barbara, 20 ans après la disparition de "La dame en noir".  Une édition qui sera la première sans Daniel Colling qui, après avoir été encore associé cette année à l'équipe dirigeante, va désormais s'éclipser.