Printemps de Bourges : Bertrand Cantat chaleureusement accueilli avec Détroit

Par @Culturebox
Publié le 25/04/2014 à 09H06
Bertrand Cantat à Bourges, avril 2014

Bertrand Cantat à Bourges, avril 2014

© GUILLAUME SOUVANT

Pour son retour dans l'arène des festivals, Bertrand Cantat a été chaleureusement accueilli jeudi au Printemps de Bourges, où il a été rejoint sur scène par ses amis de Shaka Ponk pour le concert de son nouveau groupe Détroit. Le duo qu'il a formé avec le multi-instrumentiste Pascal Humbert a fait ses premiers pas sur scène, il y a seulement quelques jours à Clermont-Ferrand.

La tournée affiche complet depuis plusieurs mois et une série de Zénith est prévue cet automne dans la foulée d'un premier album "Horizons" qui s'est vendu à 160.000 exemplaires depuis sa sortie en novembre.

Mais la venue de Détroit au Printemps de Bourges avait valeur de symbole. Pour la première fois, Bertrand Cantat allait se retrouver devant un public qui ne lui était pas forcément acquis, dans une soirée où se produisait également Girls in Hawaii, Fauve et les Anglais de Metronomy. Dès son arrivée sur scène, l'ancien chanteur de Noir Désir a été accueilli par une ovation des festivaliers. En quelques concerts, Détroit, épaulé sur scène par trois musiciens supplémentaires, a gagné en assurance.
Detroit (Bertrand Cantat avec Pascal Humbert) : "Horizon" live au Trianon, à Paris (amateur)
Très à l'aise, juvénile malgré ses 50 ans, Bertrand Cantat est toujours charismatique, jouant avec sa voix puissante et éraillée. Après avoir joué les invités de groupes amis, il peut rendre la pareille en faisant monter sur scène Sam, la chanteuse de Shaka Ponk qui l'accompagne sur "Sa Majesté", un des titres de Détroit. Le son est rock, rappelant souvent celui de Noir Désir. Mais l'essentiel du concert est consacré au nouveau répertoire du groupe. L'atmosphère sombre de l'album, comme les chansons "Horizon" sur la prison ou "Ange de désolation", se ressent. Après deux morceaux dépouillés à la guitare et au violoncelle - dont le beau et désolé "Droit dans le soleil"-, le groupe finit par une version explosive de "Tostaky" sur laquelle le public se libère enfin.
Le groupe Fauve gonflé à bloc 
Si Noir Désir parle à ceux qui avaient 20 ans dans les années 90, Fauve parle comme personne à ceux qui ont 20 ans aujourd'hui. Le collectif, qui précédait Détroit sur scène, a rendu un bref hommage à ses aînés. En 2013, le groupe gagnait le prix des découvertes du festival, après un concert sur la petite scène du 22, "qui ressemblait à un entretien d'embauche", a rappelé Quentin, le chanteur, au public. Après un premier album qui a fait figure d'événement en février, le groupe a rempli 20 Bataclan à Paris et a déjà accédé au rang de tête d'affiches des festivals.

Sur la scène, Quentin déverse avec une rage qui prend à la gorge ses angoisses, ses doutes, ses faiblesses et ses espoirs, qui sont aussi ceux de son public. Comme l'album "Vieux Frères", le concert est construit comme la traversée d'un tunnel, plongeant dans les abysses de la dépression jusqu'à l'impressionnant "Voyou", pour mieux remonter vers la surface. Quand Quentin termine en hurlant "si tu nous entends, souviens-toi que t'es pas tout seul. Jamais", c'est toute "la famille" Fauve qui part regonflée à bloc.