Les Limiñanas : après les États-Unis, ils séduisent enfin la France

Par @Culturebox
Publié le 15/04/2016 à 20H20
Les Limiñanas à Paris le 30 mars 2016

Les Limiñanas à Paris le 30 mars 2016

© François Guillot / AFP

Par la magie du web, c'est outre-Atlantique que le groupe français les Limiñanas a d'abord diffusé son rock nourri d'influences psychédéliques, gainsbouriennes et cinématographiques. La France n'est désormais plus insensible au duo perpignanais en concert vendredi soir au Printemps de Bourges.

Ils comptent parmi leurs fans quelques pointures de la planète rock comme le leader de Primal Scream Bobby Gillespie ou le bassiste des légendaires Joy Division, Peter Hook. Preuve de l'aura que Lionel et Marie Liminana, mari et femme à la ville et The Liminanas à la scène, ont peu à peu acquis avec leurs morceaux décalés, bricolés dans le garage-studio de leur maison du sud de la France.

Le groupe, en concert au Printemps de Bourges, sort vendredi son quatrième album, "Malamore", le premier à être distribué par une maison de disques française. Les trois précédents étaient sortis sur des labels américains, les premiers à s'être entichés de cette musique référencée, lettrée et vintage.

Les Limiñanas : teaser de l'album "Malamore" (2016)

Tout a démarré en 2009 avec deux morceaux artisanaux postés sur un site internet musical, "I'm Dead" et "Migas 2000", dont le texte n'est autre qu'une... recette de cuisine. "On a été contactés par deux labels dans la même semaine. Ils nous ont demandé si on avait d'autres morceaux. On a dit oui... ce qui était faux ! Et on a enregistré d'autres titres", raconte à l'AFP "Lio", souriant dans sa barbe fournie. "Ils ont aimé le fait qu'on essayait pas de sonner comme eux."

Distorsions de guitares et bricolages maison

Distorsion des guitares, bricolages sonores, ambiances rappelant parfois le Gainsbourg des années 1960 ou les films de la Nouvelle vague et du cinéma italien, les Limiñanas commencent ainsi à se faire connaître outre-Atlantique tout en demeurant un secret bien gardé en France... jusqu'à ce que la maison de disques Because s'intéresse au duo sur les conseils du pianiste Pascal Comelade, un proche du groupe avec qui il a enregistré un album.

"On n'avait pas fait jusqu'ici de démarche pour signer en France, ça fonctionnait très bien comme ça. Mais on s'est quand même rendu compte que c'était compliqué de tourner quand tu n'as pas de distribution française (des disques, ndlr)", dit Lionel.

Ce quatrième album, "bricolé" en grande partie à la maison comme les autres, offre donc une belle séance de rattrapage pour découvrir cet univers assez unique fait de "talk over" (texte parlé sur la musique) et de guitares "fuzz" (un effet de saturation). "Ce qui participe de notre son, c'est tous les défauts qu'on peut y mettre", estime le duo.

Peter Hook de Joy Division en guest star

Ce nouveau disque est conçu comme "un film à sketches à l'italienne", où il est question de farniente sur une plage grecque ou de drague fugace dans un supermarché. Petit bonus qui ne laissera pas insensible les fans de Joy Division: la basse de Peter Hook apparaît en "guest star" sur l'un des titres, "Garden of Love". "C'est un de mes vieux héros. On l'a contacté par mail, il a dit ok, ça s'est fait comme ça!", dit "Lio".

Les Limiñanas feat. Peter Hook : "Garden of Love" (2016)

Après le Printemps de Bourges, le groupe se produira notamment au festival We Love Green, à Paris, le 5 juin. Mais pas question que la sortie française du disque s'accompagne d'une multiplication des concerts : "En gros, on fait 25 ou 30 concerts par an maximum, parce qu'on n'a pas envie de cramer le groupe. On veut que ça reste excitant, pas que ça devienne aussi rasoir que n'importe quel travail."